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Transat en double : le point à mi-parcours

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Transat en double : le point à mi-parcours
© Mark Lloyd / DPPI / Vendée Globe
Le 10 novembre 2011

Une première semaine éprouvante pour les concurrents de la transat en double entre Le Havre et Puerto Limon (Costa Rica) ! Après le passage de trois dépressions successives, les monocoques IMOCA en lice ont dû négocier le contournement d’un anticyclone et les calmes qui en résultent. Ce jeudi, les tenants d’une route nord – Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss – ont les faveurs du classement et semblent en bonne position pour jouer la gagne au Costa Rica. Mais la route est encore longue et semée d’embûches.

Le Havre, mercredi 2 novembre. Cette fois, c’est parti ! Après le report du départ de la Transat Jacques Vabre pour cause mauvais temps en Atlantique nord, les 13 monocoques IMOCA s’élancent au portant à 15h précises dans un bon vent de sud-est de 20-25 nœuds. Devant leurs étraves, 4 370 milles et un programme corsé. Groupe Bel signe le meilleur départ devant Akena Vérandas,  PRB et Safran. D’emblée dans le vif du sujet, les duos avalent la Manche en une vingtaine d’heures. « Je n’ai jamais « dé-Manché » aussi vite !, s’étonne alors Kito de Pavant. Cette nuit, on allait entre 18 et 20 nœuds, souvent  plus vite que les cargos, on les a tous doublés les uns après les autres ! ».

Trois dépressions en quatre jours
Les concurrents abordent une première dépression avec un double objectif : ne rien casser, d’une part ; et chercher au plus vite la bascule du vent au nord-ouest en arrière du front, de l’autre. Vents forts, mer grosse et désordonnée : les conditions sont exigeantes pour les hommes et le matériel. Arnaud Boissières et Gérald Véniard, contraints à l’abandon suite au démâtage de leur Akena Vérandas, sont les premiers à en faire les frais. De leur côté, François Gabart et Sébastien Col (Macif) emmènent la flotte qui fait cap au sud-ouest en direction de l’archipel des Açores. A l’aise aux allures de travers, le Cheminées Poujoulat de Bernard Stamm et Jean-François Cuzon suit non loin. Les duos Thomson/Altadill (Hugo Boss), Dick/Beyou (Virbac-Paprec 3), Riou/Destremau (PRB) et Guillemot/Eliès (Safran) sont en embuscade. Tous doivent traverser une zone de vent faible avant l’arrivée d’un deuxième front froid particulièrement virulent. Secouée, la flotte résiste toutefois aux affres de la météo. Mais ce n’est pas fini, car une nouvelle dépression très creuse – la troisième en quatre jours ! – l’attend au nord des Açores. « Nous sommes contents d'être deux car en solitaire, cela aurait été inhumain », admet alors Yann Eliès.

Choisir son camp
Les coups de tabac successifs ont raison de trois équipages. Marc Thiercelin et Luc Alphand (DCNS) jettent l’éponge à cause d’une panne d’énergie. Peu après, Cheminées Poujoulat déplore une importante voie d’eau. Bernard Stamm et Jean-François Cuzon déclenchent leur balise et sont hélitreuillés. Quant au duo de PRB, il rallie les Açores suite à l’explosion d’une cloison étanche. Au cinquième jour de course, Virbac-Paprec 3 prend les commandes des neuf duos encore opérationnels : c’est le dixième changement de leader depuis le départ du Havre. Les concurrents, qui n’ont guère le temps de souffler, doivent gérer la délicate négociation d’un anticyclone et de ses calmes. Deux options sont possibles : plonger vers le sud en espérant accrocher rapidement le train des alizés, quitte à perdre du terrain dans un premier temps ; ou bien passer par le nord en acceptant de naviguer au près dans des conditions plus difficiles, mais sur une route plus proche de l’orthodromie. Il faut choisir son camp. Banque Populaire, Macif, Groupe Bel et Safran optent pour la première option ; Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss privilégient la seconde.

Pertes et profits
Les tenants de la route nord tirent profit de leur choix et creusent rapidement l’écart sur les sudistes, englués dans la bulle anticyclonique. Des sudistes qui n’ont d’autre choix que de prendre leur mal en patience, en voyant Virbac-Paprec et Hugo Boss s’échapper et l’arrière de la flotte revenir en trombe. Jusqu’ici distancés, les tandems Mike Golding/Bruno Dubois (Gamesa), Dominique Wavre/Michèle Paret (Mirabaud) et Louis Burton/Nelson Burton (Bureau Vallée) mettent en effet du nord dans leur route et reviennent dans le match – à tel point que les frères Burton occupaient la troisième place au pointage de 11h ce jeudi, déjouant ainsi tous les pronostics. Les quatre équipages du sud sont finalement parvenus à s’extirper de la zone de vent faible. Mais le retard accumulé sur les deux premiers est conséquent. Pourront-ils le combler ? Ce sera difficile, mais ils ne baisseront pas les bras, à l’instar de François Gabart qui déclarait ce jeudi : « En théorie le décalage est fait, et clairement Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss sont devant et il y a peu de raison qu’ils ne le restent pas. Cela reste de la météo et une course, donc il peut encore se passer plein de choses. C’est aussi un sport mécanique et la casse est toujours possible. Nous continuons donc à faire notre course au taquet et nous verrons bien ce que la suite nous réservera ».

Classement à mi-course (10 novembre à 11h)
1. Jean-Pierre Dick/Jérémie Beyou (Virbac-Paprec 3), à 2 513 milles de l’arrivée
2. Alex Thomson/Guillermo Altadill (Hugo Boss), à 21,7 milles du leader
3. Louis Burton/Nelson Burton (Bureau Vallée), à 239 milles du leader
4. Mike Golding/Bruno Dubois (Gamesa), à 258,9 milles du leader
5. Armel Le Cléac’h/Christopher Pratt (Banque Populaire), à 280,80 milles du leader
6. Dominique Wavre/Michèle Paret (Mirabaud), à 309,20 milles du leader
7. François Gabart/Sébastien Col (Macif), à 309,80 milles du leader
8. Kito de Pavant/Yann Régniau (Groupe Bel), à 400.30 milles du leader
9. Marc Guillemot/Yann Eliès (Safran), à 403.90 milles du leader

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