C'est une figure du tour du monde qui se met sur les rangs pour ce qui serait son troisième Vendée Globe. Mais Bertrand de Broc n'est pas seulement le "Rambo" qui s'était recousu la langue lors de l'édition 1992/1993. Par deux fois il a fait la course dans le trio de tête avant d'être contraint à l'abandon. Ce serait une excellente nouvelle de le voir au départ le 10 novembre prochain. Rencontre, dans les allées du Salon Nautique.
Bertrand, votre décision est prise : vous voulez donc repartir ?
Bertrand De Broc : "Oui. J'ai toujours eu en tête de refaire le Vendée Globe. Quand je regarde une mappemonde, c'est la première envie qui me vient ! Notamment parce que j'y ai un goût d'inachevé. J'ai bien fait deux fois le tour du monde, mais je n'ai pas eu la chance de finir l'épreuve. Pourtant à chaque fois j'étais dans le match. En 1996/1997, pour ma deuxième participation, je perds la quille de mon bateau à quelques milles de l'arrivée...
Avant chacun de ces deux abandons, sportivement tout allait bien..
BdeB : "J'étais dans les trois premiers, les deux fois ! L'envie aujourd'hui c'est de boucler la boucle, courir et terminer proprement, sans s'arrêter. Je ne dis pas que je vais gagner le Vendée Globe, mais je sais qu'il y a moyen de jouer avec des bateaux encore très compétitifs sur le marché. On peut encore écrire une très belle histoire avec un partenaire et faire rêver les gens. Regardez ce qu'a fait Samantha Davies voilà quatre ans... Il y a de la place pour un beau projet, j'en suis convaincu ! "
Depuis 1997, vous avez souvent été tout près de prendre le départ...
BdeB : "Oui et à chaque fois que j'ai voulu repartir - en 2000 et en 2004 j'étais très avancé - ça ne s'est pas fait au dernier moment. Je suis passé vraiment très près d'être de nouveau au départ et encore récemment j'étais à deux doigts de racheter l'ancien Delta Dore, mais ça ne s'est pas fait pour un souci d'assurances. Et puis, voilà quelques mois, alors que j'étais en négociations avancées avec une entreprise... c'est une autre qui m'a contacté pour dire "votre projet nous intéresse". Rien n'est encore fait mais j'ai bon espoir."
C'est encore possible côté timing ?
BdeB : "Oui, car il y a de bons bateaux encore sur le marché. Je pense que jusqu'à mi-mars 2012 c'est encore jouable. C’est la date limite que je me suis fixée."
Et côté budget?
BdeB : "Aujourd'hui, il reste des bateaux compétitifs à pas cher sur le marché : on peut faire le Vendée Globe avec un peu plus de 2 millions d'euros tout compris ! C'est très modeste, à la fois comparé à d'autres sports et aux budgets de ceux qui s'y sont préparés depuis 4 ans. Voilà quatre ans, il fallait 8 millions d'euros, puis 6, puis 4 et maintenant 2... mais là on ne peut plus faire à moins cher (rires) ! Nous partons sur un budget de 2,2 millions pour deux ans - 1,3 million en 2012 et 900 000 euros en 2013 - pour faire le Vendée Globe et probablement la Transat Jacques Vabre ensuite. C'est très raisonnable. Je me souviens qu'en 1993, les retombées étaient déjà estimées à cinq fois ce chiffre…"
Sportivement, où en êtes-vous?
BdeB : "Je n'ai évidemment pas la préparation de ceux qui sont en train de faire la Transat B to B, par exemple. Mais faire marcher un bateau ne m'inquiète pas et sur un parcours aussi long – qui me convient très bien d'ailleurs - tout est possible ! J'ai fait du Maxi, du gros bateau, du Tour de France, du Figaro… je n'ai pas perdu la main. Et je m'entraîne. Et encore une fois, compte tenu de la qualité des bateaux sur le marché, on peut faire quelque chose de bien, d'autant que vous savez comme moi qu'il n'y a pas que le vainqueur qui bénéficie des retombées sur cette course mais l’ensemble des participants."
Combien de chances vous donnez-vous d'être au départ le 10 novembre?
BdeB : "Une chance sur cinq, je pense… mais zéro si on n'essaie pas ! J'ai couru mon premier Vendée Globe à 31 ans, j'en ai 50 aujourd'hui, c'est l'occasion ou jamais…"