A 10 mois du coup de canon du prochain Vendée Globe, le 10 novembre prochain aux Sables d'Olonne, le skipper de Safran Marc Guillemot a passé les fêtes de fin d'année à travailler sur la préparation de son bateau et testé un nouveau mât pour le prochain Vendée Globe. A moins d'un an du départ, il évoque son prochain tour du monde et les 3 mois de solitude qui l'attendent.
Comment as-tu passé Noël sachant que le prochain se fera en mer ?
Je ne suis pas quelqu'un qui me projette d'un Noël à l'autre. Mon dernier Noël était même un peu atypique car on a surtout travaillé sur le bateau. On a totalement désarmé Safran entre Noël et le 1er de l'an, et testé le mât numéro trois, celui qui va servir pour le prochain Vendée Globe. Les fêtes ont plus été une période de travail qu'une période de repos, mais je ne m'en plains pas : les tests se sont bien passés, le bateau est rentré au chantier. Tout va bien.
Trois mois de solitude, c'est parfois dur à vivre ?
Oui, on a forcément des hauts et des bas. On passe tellement de temps dans les mers du Sud, dans ces endroits assez hostiles de l'Indien et du Pacifique, qu'il y a fatalement des moments où on se sent vraiment seul, très isolé. Là-bas, à part des albatros et des mammifères marins, il n'y a vraiment personne. Mais quand on franchit le cap Horn et que l'on commence à remonter vers le Nord, on croise de nouveau quelques cargos, puis quelques bateaux de pêche. C'est pour cela aussi que ce passage est symbolique. On revient vers la civilisation en quelque sorte…
Quels sont tes souhaits pour 2012, pour toi mais aussi pour la planète dont tu feras le tour l'hiver prochain ?
Pas facile, la question des vœux… Pour moi, ça ne surprendra personne, en 2012 je me souhaiterais bien une préparation du bateau idéale… Et d'être en décembre prochain dans le trio de tête du Vendée Globe ! Pour la planète, c'est peut-être un vœu pieux, mais j'aimerais qu'on la respecte vraiment davantage, que les grandes idées sur le sujet se concrétisent. Car quand on navigue autour du monde, on croise aussi malheureusement des signes de pollution, plus intolérables encore en pleine mer.