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Alessandro Di Benedetto : « Je vise le Vendée Globe 2016 »

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Quelques jours après son arrivée aux Sables d’Olonne, Alessandro Di Benedetto racontait la façon dont il vivait l’engouement populaire et médiatique qu’il a suscité et sa découverte des studios de télévision et radio. Le skipper de Team Plastique en a profité pour évoquer l’avenir et le Vendée Globe 2016, auquel il souhaiterait participer… à bord d’un bateau neuf !

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TEAM PLASTIQUE 220213 2525
© JEAN MARIE LIOT / DPPI

Alessandro Di Benedetto, avez-vous eu le temps de vous reposer un petit peu depuis votre arrivée ?
Non (rires) ! Je n’ai fait que courir et attraper des microbes, on passe du froid au chaud en une minute. J’ai fait trois jours non stop sur les plateaux télé, je passais d’un plateau à l’autre. Parfois on me demandait de ne pas me démaquiller parce qu’il n’y avait qu’une demi-heure de battement entre deux plateaux. C’est une belle expérience, ça permet de partager mais aussi de progresser et - pourquoi pas ? - trouver des partenaires pour faire d’autres choses.

Ce n’est pas trop épuisant ?
C’est normal, ça fait partie du retour du Vendée Globe, ça fait partie du jeu mais ça me fait plaisir. Bien sûr, c’est fatigant parce qu’on n’est plus trop habitué à marcher. Parfois on a besoin de s’asseoir parce que nos muscles et nos articulations ne sont pas entraînés. Pour le côté positif, on voit en direct les gens qui nous ont interviewés quand on était en mer et on découvre les studios télé et radio.

SAILING - VENDEE GLOBE 2012/2013 - LES SABLES D'OLONNE (FRA) - 22/02/13 - PHOTO VINCENT CURUTCHET / DPPI - VENDEE GLOBE FINISH F© Vincent Curutchet / Dark Frame / DPPIVous attendiez-vous à cela ?
Pas autant. Je commençais à percevoir grâce à mon entourage que quelque chose de grand allait se passer. Quand on a sauté dans la foule avec Bruno Retailleau à la fin du Vendée Globe, c’était un moment extraordinaire.

Est-ce mieux d’arriver dernier plutôt qu’en milieu de flotte pour que les médias s’intéressent à vous ?
Non. Peut-être qu’il vaut mieux raconter naturellement tout ce qu’il s’est passé et c’est ce que j’ai essayé de faire. Je n’avais rien préparé avant et c’est ça qui est important. Je n’aurais pas osé faire ça à mon public.

L’engouement est-il aussi fort en Italie ?
Non, ce n’est pas pareil mais l’Italie commence à s’en mordre les doigts d’être restée un peu en retrait comme ça. Elle essaye de rattraper le temps perdu et j’ai eu La Gazzetta dello Sport, La Stampa, Yacht Capital, Il Giornale della Vela… Ils sont en train de commencer à bouger mais ça n’a rien à voir avec l’engouement qu’il y a eu en France.

Quel est le meilleur moment d’un Vendée Globe ? L’arrivée ? Le départ ?
Les deux sont des moments extraordinaires. Le départ était émouvant mais je n’avais encore rien démontré de mes capacités et du binôme bateau/Alessandro Di Benedetto. Au moment de couper la ligne d’arrivée, on est content parce qu’on a démontré des choses, à soi-même, à ses sponsors, au public et à tous les gens qui nous ont aidés ou à ceux qui pensaient que c’était de la folie de participer au Vendée Globe avec un si petit budget face aux grands de la navigation.

 

« Les autres aussi font des erreurs, même les plus grands »

 

Estimez-vous mieux vous connaître aujourd’hui ?
Oui, surtout d’un point de vue sportif. Et j’ai aussi vu les vidéos des autres navigateurs. J’ai vu que eux aussi font des erreurs, même les plus grands. Parfois des erreurs que je n’ai pas faites et inversement. C’était important de voir les vidéos des autres, voir ce qu’ils ont raconté, pour mieux me comprendre d’un point de vue physique, mental et sportif.

Votre bateau a-t-il souffert ?
Non. Il est prêt à repartir même si j’ai besoin de voiles de portant. Il y a certaines choses qui peuvent être remplacées tranquillement, quelques bouts sont un peu usés mais c’est tout.

Alessandro Di Benedetto -Team Plastique© JEAN-MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBEQuel est votre programme pour 2013 ?
On vise la Jacques Vabre avec ce bateau. On espère trouver entre 150 000 et 200 000 euros pour les voiles et le chantier qui va avec. Pour faire la Jacques Vabre il faut aussi payer l’assurance, l’inscription, etc. Le bateau s’appellera toujours Team Plastique. On va faire le tour des autres partenaires afin de voir s’ils sont toujours dans le coup mais, comme sur le Vendée Globe, les autres participations (financières) sont les bienvenues. Après, il y aura probablement la Route du Rhum et en 2016, le Vendée Globe sur un nouveau bateau. Ça, c’est un projet plus personnel mais peut-être que Team Plastique aura encore son logo à bord. Plusieurs millions d’euros sont nécessaires pour réaliser ce projet-là et une PME comme Team Plastique ne peut pas se le permettre. Mais, moi je vise le Vendée Globe 2016 et la construction d’un nouveau bateau de dernière génération.

Si cela se réalise, vous viseriez donc les premières places ?
Oui, il faut essayer (sourire).

 

« Un tour du monde en 6,50, c’est plus dur que de faire le Vendée Globe »

 

Team Plastique sera alors revendu ?
Oui. Il faut préciser que le bateau est en parfait état. Certaines personnes ont déjà manifesté un intérêt et cela semble être le destin du bateau. C’est un bateau superbe, en très bon état au point de vue structurel.

Comment avez-vous vécu la remontée du chenal des Sables d’Olonne avec votre mini 6,50 aux côtés de Team Plastique ?
C’était émouvant. Je savais qu’il allait être là mais pas comme ça à l’entrée du chenal donc c’était une bonne surprise. On voit la différence entre les deux ! Il y a une différence au niveau des efforts aussi. Un tour du monde en 6,50, c’est plus dur que de faire le Vendée Globe. Au point de vue sécurité, stress, c’est plus éprouvant. Quand on sait que ça fait 40 ans que personne n’a réussi à faire un tour du monde avec un bateau de moins de 9,60 mètres, on se pose quand même des questions (rires). Il y en a qui l’ont fait avant moi et qui ne sont pas revenus…

Quel bilan tirez-vous de ce Vendée Globe pour la classe IMOCA ?
Il faut faire très attention à la sécurité, aux contrôles. De notre côté, on n’a pas hésité, on a basé notre projet sur les contrôles en faisant beaucoup plus que ce que la classe demandait. C’était un choix et je pense que l’on a bien fait de le faire.

Grégoire Duhourcau

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