Vendée Globe

A la uneBrèves

Loïck Peyron / Gitana Eighty

Ascension dans la mâture

09.12.2008

« Notre environnement est une immense nuance de gris ! Je n’ai pas vu le soleil depuis des jours et c’est vrai que cela manque un peu. Mais il faut prendre son mal en patience car c’est loin d’être fini… C’est notre tour (de ralentir) ! Nous sommes face à des phénomènes d’alternance et après être parti par l’avant, cela revient par l’arrière. Il y en a pour tout le monde. Mais il ne faut pas trop gamberger là-dessus car ces yo-yo météos vont se reproduire… J’ai gîté légèrement Gitana Eighty pour être plus stable et je me suis hissé à la force des bras, grâce à un système de bloqueurs sur des drisses. Ce sont des techniques empruntées aux montagnards. J’ai essayé d’être le moins vêtu possible, non seulement pour être léger mais également pour ne pas avoir trop chaud. Car c’est assez physique et fatiguant comme opération. Mais je suis vraiment ravi d’avoir pu profiter de cette petite accalmie pour le faire. C’est essentiel pour la suite ! » Loïck Peyron (Gitana Eighty). 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 VEOLIA

Ambiance grisâtre

09.12.2008

« La nuit a été moyennement agréable, dans le sens où le vent a baissé. Après le passage de la dorsale, on a eu du mou. Il fallait être dessus. On pourrait laisser la barre et aller se coucher, mais bon…. Là c'est gris, on est toujours dans les nuances de gris. J'ai du gris clair dans mon Ouest, du gris foncé dans mon Nord, derrière un sillage blanc avec plutôt du gris clair, des pétrels, l'albatros est là. Les grillons sont incroyables, ils sont sortis de leur cachette, et me regardent faire la vacation. C'est quand même ambiance radar, parce qu'il y a des icebergs dans la région. La température de l'eau est de 3 degrés et 5 degrés pour l'air. Ça va, il y a quand même de la fatigue, je ne sais pas si c'est l'âge ou le rythme de la course, j'ai besoin d'un peu plus de sommeil. » Roland Jourdain (Véolia Environnement) à la vacation de 11h. 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

Longues journées ensoleillées

09.12.2008

« C'est parti dans les 40èmes Sud ! L'objectif est de descendre un peu pour avoir des vents plus forts et passer en vitesse pour éviter les molles. Ces dernières 48h, je n'ai pas beaucoup avancé, mais ça va bientôt arriver. Maintenant c'est faire le tour du glaçon avec des voiles arisées : même quand il n’y a pas beaucoup de mer, y a toujours les grandes houles du Sud, donc faut que je mange mon pain noir et que j'essaye de faire des milles. La priorité, c'est la sécurité, donc ça ne sert à rien que je prenne des risques incommensurables. Pour l'instant ça tient, on a cette grand voile haute, mais c'est un peu comme si j'avais une voiture avec des vitesses en moins, faut faire le tour tranquille, bien manoeuvrer et essayer d'arriver où il faut. Je charge avec le solaire : les journées sont très longues, et sous tous les angles, je peux bénéficier d'un maximum d'ensoleillement. L'éolienne, je ne la mets que dans certaines conditions, pour pas que ça s'annule avec l'avancée du bateau. L'objectif énergie est rempli ! »Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation radio de 11h00.  

TOE IN THE WATER - SKIPPER : STEVE WHITE (GBR)

Mettre de l’huile

09.12.2008

« Je n’ai pas bien fait en traversant la dorsale : là, j’ai 17 à 27 noeuds de vent. J’ai fini mes dernières tranches de pain avec du fromage et du beurre de cacahuète. Je suis content d'avoir les compliments de Mike Golding ! Je suis prudent depuis quelques jours, car en manque d'infos météos fiables. Je ne vois plus d'albatros pour le moment. Je rajoute de l'huile à mon régime pour retrouver de l'énergie. J’ai mal au coude mais je ne veux pas prendre trop d'analgésiques. A priori mes chances d'avancer au classement ne sont pas trop élevées, car les autres bateaux sont en principe plus rapides, ayant été remis à jour ou mieux optimisés que le mien. La nuit dernière, il a fait très froid : je voyais mon haleine en me réveillant. J’ai été en contact avec plusieurs des Britanniques en course : Dee envoie des plaisanteries, Jonny me raconte ses soucis… » Steve White (Toe in the Water) à la vacation radio de midi.  

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/WAVRE TEMENOS II

Décalage avec la terre

09.12.2008

« J'ai enfin touché du vent, et ce sont les grandes vitesses depuis une heure et demie : surfs à 25 noeuds, et entre les surfs le bateau est à 17 ! J'espère que cette veine de vent va tenir… Je sais que devant ils sont en train de négocier une petite dorsale : je ne vais pas les rattraper, mais je vais quand même réduire l'écart. Je suis à 80 milles au Sud de Saint Edward et je suis environné de pétrels, sous un ciel gris clair, une mer bleu passé et un peu désordonnée : pas très grosse, genre trois mètres de creux, mais un peu hargneuse… Je suis au reaching un peu serré, donc le cockpit est sous l'eau la moitié du temps. Je préfère laisser le pilote s'en charger à ma place. A la vitesse à laquelle on va, quand les embruns nous tombent dessus, ça fait un petit peu mal, donc je mets la visière de mon casque. La première fonction, c'est de régler le pilote pour faire avancer le bateau, la seconde c'est de se faire plaisir. Le bonhomme va bien, la vie est rythmée par le réglage du bateau, puis vérifier les cartes et le radar, et bricoler. Comme le bateau est secoué dans tous les sens, c'est beaucoup d'efforts. Petit à petit, on n’a plus le sommeil en phase, on se décale avec la terre, avec les proches, le corps suit le rythme naturel des éléments, et puis la tête elle, reste partiellement en France. » Dominique Wavre (Temenos II) à la vacation radio de 11h00.  

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/RIOU PRB

Lever le pied

09.12.2008

« Les conditions sont plutôt clémentes, une belle journée s'annonce, on fait aller. Je ne suis toujours pas en grande forme, donc ce n'est pas très réjouissant la navigation. Aujourd'hui on est dans un petit flux Nord-Ouest 15 à 20 noeuds, donc on n’est pas obligé de passer en force, c'est assez agréable, ça glisse tout seul. On va prendre un flux qui va nous permettre de partir vers le Sud. Cela dépend des risées, mais on avance entre 14 et 16 nœuds... Mon pied est long à guérir, car on n’arrive pas trop à s'arrêter sur le bateau. La nuit dernière, j'ai essayé de me motiver pour mettre la grosse toile devant, j'ai arrêté en cours de route : c'est assez dangereux d'aller faire le fou sur la plage avant avec des voiles qui pèsent entre 60 et 80 kg, quand on se sent diminué comme ça. Ce n'est pas vraiment évident, en tant quand que compétiteur, on est déçu… On est quelques uns à avoir levé le pied, mais c'est rageant de ne pas pouvoir tirer le meilleur parti de son bateau. Après, c'est à chacun de faire un choix personnel, pour préserver plus ou moins le matériel. »Vincent Riou (PRB) à la vacation radio de 11h00.  

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