Vendée Globe

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SAILING/VENDEE GLOBE 2008/LE CAM VM MATERIAUX

Fermer les yeux

09.12.2008

« Il fait froid ! Et on va avoir un petit passage animé, ça va donner… On va prendre du vent de Sud après, donc un peu plus fort. La nuit dernière, j’ai mis un peu de mou dans le écoutes : y avait de la mer et ce n’était pas facile, avec une mer assez mauvaise. Chacun son rythme, c'est vrai qu'on a un peu molli, mais chacun voit midi à sa porte. Michel va très vite depuis un moment, c'est la course, on verra la suite des évènements. On se demande si on doit suivre ou mollir, dans certaines mers : le problème n'est pas tellement d'aller vite, c'est plutôt d'être capable de fermer les yeux et les oreilles et ne pas écouter son bateau… C'est dur à vivre, des situations comme celle-là où on se demande si c'est à la prochaine vague que tout va péter : la quille, le mât… Quand le bateau atteint une vague, rebondit dessus et retombe, on se dit pourvu qu'il la prenne pas. Alors soit tu mollis en sachant que y en a qui molliront pas, soit tu continues : ce sont des décisions difficiles. Heureusement, j'ai bien réussi à dormir cette nuit, car ce n'était pas le cas avant. Donc pouvoir bien manger et bien dormir, c'est essentiel : ça a une influence sur le moral, sur les décisions et les stratégies… » Jean Le Cam (VM Matériaux) à la vacation radio de 11h00.  

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 PINDAR BRIAN THOMPSON AERIAL

Coup de chien en vue…

09.12.2008

« Il y a 25-30 nœuds de vent et de bonnes vitesses. J’ai retrouvé le froid des Mers du Sud, mais je pense avoir trouvé des vêtements bien adaptés, car je suis au sec et c’est très confortable. Je porte aussi une cagoule : la température de l'eau est de 6° C. La seule chose que je n'aime pas par ici, c’est la présence éventuelle d'icebergs, mais les organisateurs surveillent cela de près et j’ai un système de détection radar. La mer reste un peu confuse, ce qui n'a pas été le cas lors de mes voyages précédents. Après les Kerguelen, je vois se profiler une profonde dépression avec un fort coup de vent à surveiller de près. La visibilité atteint 3 à 4 milles, ce qui est exceptionnel dans ce coin… » Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à la vacation de midi.  

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/GOLDING ECOVER 3

Moulin à café

09.12.2008

« Les conditions sont plutôt stables. J’ai fait un empannage pendant la nuit et je prévois un nouvel empannage d'ici une heure, dans 17 à 20 nœuds de vent et de bons surfs. J’ai perdu quelques milles, mais c'est l'effet de l'élastique. Ici il s'agit de trouver la bonne voilure avec les transitions. Le froid joue peut-être, mais le plan de voilure n'est pas le même que plus au Nord. Température de l’eau de mer 3,7°C ! Je n'ai pas beaucoup dormi et j'avais faim ce matin (oeufs brouillés sur du pain grillé). Dee s'en sort pas mal. Steve va très bien, car son bateau n’est pas le plus rapide. Il se débrouille bien et en tire le maximum. J’entame une descente jusqu'à 53°S avant de remonter vers l'Île Heard. Le routage montre une bonne progression sur la route orthodromique. Petit souci matin avec le moulin à café (des winches) ce matin, lorsqu'une pièce est sortie, mais je suis vite devenu un expert en le démontant. » Mike Golding (Ecover 3) à la vacation radio de midi.  

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/ELIES GENERALI

Sur les lauriers…

09.12.2008

« J’ai un petit peu la gueule de bois, car je n'ai pas eu une nuit très productive, sous l'île du Prince Edward… Et puis après, j'ai la dorsale qui m'est passée dessus. Je vais dormir une demi-heure. Le classement me préoccupe : ça fait déjà quelques jours que je perds du terrain et je ne vois pas trop comment je vais revenir. Je traîne une position Nord depuis quelques jours et je ne sais pas trop comment croiser. On va être patient et on va voir. En ce moment, ce n'est pas facile à vivre, mais je sais que dans le futur, je vais avoir des occasions de revenir : on va s'accrocher ! Le fait d'être dans le Grand Sud, c'est sympa, et si je mets de côté le classement, je suis content d'être là : je ne me lasse pas de voir ces albatros tourner autour et tous ces petits oiseaux qui viennent me rendre visite… J'ai sans doute levé un peu trop le pied avec un mauvais choix tactique. Je vais essayer de retrouver quelque chose d'un peu plus cohérent avec la course et avec moi-même aussi. J'ai un peu l'impression de m'être endormi sur mes lauriers. J'avais été habitué à être plutôt dans les cinq premiers. La course est quand même plus passionnante à vivre quand on est devant, donc je vais essayer de revenir. Je vais continuer d'attaquer comme ça, et puis la route est longue, il reste du chemin, j'ai un bateau en bon état, je n'ai pas à me plaindre. Même avec 300 milles de retard au cap Horn, rien n'est joué ! » Yann Eliès (Generali) à la vacation radio de 11h00.  

Question de rythme

09.12.2008

« Le couloir de vent que nous avions la semaine passée est officiellement fermé. Et maintenant, nous payons le péage ! La maigre consolation réside dans le fait que le milieu de la flotte est ralenti lui aussi : je ne devrais donc pas perdre de milles. C'est une navigation lente, frustrante, et donc plus stressante qu'un rythme rapide. Il me reste de mon côté une vingtaine d'heures de léger vent arrière, ce qui devrait me pousser vers l'Est, pour passer la deuxième porte. » Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) par mail ce mardi midi. 

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/STAMM CHEMINEES POUJOULAT

Un zest de réussite

09.12.2008

« Il fait un peu frais et humide, mais sinon tout va bien. On a touché un flux de Sud-0uest, donc ça va pas mal, ça va même assez vite, mai il y a eu beaucoup de manoeuvres à faire cette nuit. Ca ne se fait pas tout seul ! Il faut souvent changer les voiles et remettre la même parfois une heure après seulement... Je ne regarde pas trop les classements, mais c'est vrai que ça tamponne devant. Je crois fermement à un retour aux avant-postes, sinon je ne mettrais pas du « charbon » comme ça, mais il faut aussi de la réussite avec la météo. Michel est un bon exemple : il a réussi à recoller, et s’il y a une part de chance, il faut savoir s’en servir. Un tour du monde, c'est loin d'être fini ! Il y a un peu d'écart : 600 milles, ça parait gros, mais si on zoome sur la carte, ça ne fait pas très très loin… Je choisis plutôt la plus haute plage d'utilisation des voiles, mais je ne force pas sur l'engin. Je vais essayer d'être le plus présent possible pour me servir des changements de vent et d'essayer de régler au mieux le bateau. » Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à la vacation radio de 11h00.  

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