Vendée Globe

A la uneBrèves

JEAN BAPTISTE DEJEANTY / GROUPE MAISONNEUVE - START - 09/11/08

Soleil du Sud

09.12.2008

« Entrée dans le Sud. Alors là, c'est le plus étonnant qui me soit arrivé de la course ! Après 23 jours de mer (mon maximum jusqu'à présent)… Une entrée dans un Sud souriant et ensoleillé, un ciel bleu et la mer belle mais dont la couleur sombre laisse quand même deviner un tempérament affirmé ! Quelques mammifères marins autour du bateau, des dizaines d'oiseaux, bref de la vie ! Le soleil tape à un tel point que je suis en autonomie totale avec les panneaux solaires et que je n'ai pas démarré le moteur depuis deux jours. Hier j'ai fait une journée ménage et réparation, du coup le bateau ressemblait plus à une caravane de « manouche » qu'à une maison neuve ! Voilà je suis par 43° S et c'est la première fois que je vois un pays avec un ciel aussi pur, avec autant de nuances de couleurs, et avec en guise d'habitant un nombre impressionnant d'espèces animales et en Président, un somptueux albatros… » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) par mail ce mardi matin.  

CHEMINEES POUJOULAT - SKIPPER: BERNARD STAMM (SUI) - ONBOARD

En deux temps

09.12.2008

"Bonsoir. Heure de passage de la porte Kerguelen: 23h 01' 15''(TU) au Nord direct de la marque Ouest de la porte. C'était le début du message... Maintenant, bonjour. Entretemps le vent s'est levé copieusement, d'abord par bouffes de trente noeuds puis entre les bouffes, 18-20 noeuds. Pas facile de toiler juste le bateau, surtout au portant. Puis dés le lever du jour, c'est à dire vers 3 H TU, le vent s'est installé à cette force et a refusé. Maintenant je fais du largue serré, je viens de rechanger de voile, mais je pense que ça ne va pas durer. J'ai quand même pu dormir un tout petit peu cette nuit, entre les manoeuvres. D'ailleurs je vais y retourner, bonne journée." Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) message de la nuit en deux temps.

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Peau de banane pour véranda

09.12.2008

"Cette nuit ma véranda a glissé sur une peau de banane : gros départ à l'abattée dans un grain assez puissant, bateau couché ,ballast à contre. Le bateau est resté bout au vent pendant un moment ; dans une molle ,j'ai réussi à ré-empanner. Résultat des courses : éolienne game over, il ne lui reste trois pales ; le reste à l'air d'aller. J'avais peurt d'avoir cassé des lattes ,mais tout  est ok ! Ouf..."

Arnaud Boissières, message de la nuit à bord d'Akéna Vérandas
 

Samantha Davies - Roxy

Chasseuse d’aube

08.12.2008

« Eh bien, la 5ème semaine commence doucement avec Roxy qui navigue dans un petit temps. Encore une fois, un moment frustrant car je ne peux rien y faire : nous ralentissons tandis que les autres prennent de la vitesse (c’est la météo qui décide). Peu importe, bientôt nous toucherons du vent. J’ai pu voir que les bateaux derrière moi ont déjà commencé à accélérer. Dans le même temps, je me faufile du mieux que je peux avec Roxy vers la porte des glaces, quelques empannages et changements de voiles en perspective… C’est intéressant car maintenant nous fonçons vers l’Est et on peut désormais dire que nous commençons réellement à faire le Tour du Monde. Ça me rappelle une de mes expressions favorites « Chasing the dawn» (Chasser l’aube) qui illustre tout à fait ce que l’on est en train de faire. C’est Nick Moloney qui me l’a appris. Je l’ai suivi de près lors du dernier Vendée Globe (j’ai également beaucoup tiré profit de son expérience et ça m’aide vraiment actuellement). C’est tellement ça, chaque jour on se rapproche du point où le soleil se lève… Et si vous avez la chance d’avoir une matinée peu nuageuse, vous pourrez apercevoir le soleil se lever dans l’axe de l’étrave du bateau, moment rarissime qui donne du baume au cœur à l’heureux skipper témoin de ce moment. Le seul côté négatif, c’est que tous les jours, l’heure locale change d’environ une heure (un changement de longitude de 15° représente 1 heure de différence) et notre horloge biologique aime évoluer avec le soleil (l’heure locale). Pourtant l’heure de Roxy reste basée sur l’heure universelle qui est celle que j’utilise pour mes infos météo, ma navigation et pour les contacts avec l’organisation de la course (vacations). Du coup, chaque matin, l’heure des repas change, l’heure de ma sieste aussi… Et j’ai réalisé qu’au cours de notre voyage autour du monde, nous gagnerons une journée supplémentaire, puisque à la fin nous arriverons d’où nous sommes partis. Alors dans le temps qu’il nous reste pour rejoindre l’Atlantique Sud, disons six semaines, j’aurai englouti la quantité de nourriture de 6 semaines et 1 jour!! C’est la réflexion du jour ! Si vous suivez ce raisonnement, vous méritez une médaille !!!! » Samantha Davies (Roxy) par mail. 

A BORD ECOVER / SKIPPER : MIKE GOLDING (UK)

Bout de dépression

08.12.2008

« Pour être honnête, je viens de passer 24 heures assez difficiles. Hier après-midi et puis pendant la nuit, c'était un peu fou. Une fois la porte franchie, nous avons empanné et au début on progressait bien. Mais l'état de la mer s'est détérioré et le vent est monté brutalement à 35 nœuds avec des rafales de 40, voire même 45. Impossible de garder le cap et je ne contrôlais plus le bateau. J'avais l'impression que je poussais un peu trop, car il ne répondait plus. Peut-être que tout le monde subissait le même sort. J’ai relancé les pilotes et j’ai changé la configuration. Ce n'était pas très sympa. À la fin, j'étais assez épuisé, car je travaillais dessus pendant la plus grande partie de la nuit sans succès. Je sais que Loick m'a dépassé hier, parce qu'il travaillait à fond à ce moment-là. Mais on ne peut pas faire cela tout le temps, et lors du prochain classement, j'avais repris du terrain sur lui. Il faut trouver l'équilibre. On reste tous groupés ici et pour le moment personne n'a pu prendre la poudre d'escampette. Je crois que si cela reste comme cela jusqu'au cap Horn, nous serons assez contents. Et oui, je pousse aussi. Car ce n'est guère facile de faire autrement. Je suis un peu fatigué, car c'est stressant et un peu décevant, car mes anciens bateaux marchaient bien sous ces conditions, mais là, j'ai perdu un peu le contrôle. Ce n'était pas très agréable. Il faut que je cherche la solution... Cette fois, on n'arrive pas à profiter d'une dépression pendant longtemps. Lors de mes derniers Vendée, on a fait le Grand Sud avec entre 2 et 4 systèmes. Mais là, on n'a que le bout de la dépression chaque fois. » Mike Golding (Ecover 3) par mail.  

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/BT

Pas de glaçon pour Jojo

08.12.2008

« La nuit m’a bien secoué les puces. La mer a été impressionnante avec 30-35 nœuds de moyenne. C’est la fin de la dépression, ça va favoriser ceux qui sont devant, mais il y en a une autre qui arrive et personne ne va prendre 300 milles en une journée. L’eau est à 5,4 degrés, mais je ne vais pas au Sud. J’ai vu un glaçon une fois et je ne souhaite pas en revoir. Au niveau matériel, il y a des skippers qui jouent avec les limites de leur bateau. J’essaye de pas les atteindre, étant donné qu’on n’a pas fait la moitié du chemin. Je ne suivrai pas ceux qui font 19 nœuds de moyenne. C’est faisable mais pas raisonnable… » Sébastien Josse (BT) à la vacation radio de 11h00.
 

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