"Le vent a pas mal molli et je me suis mis un peu dans le rouge à changer mes voiles. Aussi bien, ce soir, après une demie-heure de sommeil, je me suis posé la question de comment mettre Cheminées Poujoulat sous pilote automatique, alors qu'il y était déjà. J'ai bien pris dix minutes à reconnecter, à me rendre compte qu' il n'y avait rien à faire. Et encore maintenant j'ai un sentiment de n'avoir pas tout fait ce que je devais. Bref, réveil commpliqué. La mer s'est bien calmée aussi. Ce dimanche après-midi, il a fait beau et maintenant il y a du crachin. Eh oui, exactement comme à la maison. En ce moment, il y a très peu de vent, ce serait bien que ça revienne rapidement. On s'habitue au vent et quand il y en a moins, on a l'impression que quelque chose ne va pas bien, alors que tout baigne... " Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) mail de la nuit
A la uneBrèves
Coup de mou, pour Bernard Stamm
08.12.2008
Les recettes de Mich Desj
08.12.2008"L'autre jour, quelqu'un me demandait : "décris-moi la mer !". Il aurait dit "dessine -moi un mouton " Même moi qui sait pas dessiner le vivant, j'aurais réussi. J'aurais fait un cube, de vagues planches, et roule ma poule, mais là, la mer ? Il veut que je fasse un dictionnaire ou quoi ? Ou bien ? comme disent les Suisses. Après, je me suis dit : "comment qu'on peut ben expliquer ça ? Ca s'amène pas si simplement dans l'assiette, tiens. Ben si justement, dans l'assiette. Vous avez souvent entendu un marin dire : "oh il y a de la mer ici..." Oui mon gars, 75% de la planète, c'est de la mer ! Et bien non, ça veut dire : il y a des vagues et les vagues sont fabriquées par le vent qui souffle. Plus il souffle fort longtemps, de la même direction, plus les vagues sont hautes, vont vite, pour faire simple. Alors, ce matin, on va tenter de trouver un plat qui ressemble à la mer, quand c'est une mer sympa, style avant une dépression, quand le vent monte doucement, prend son temps, qu'on s'en rend à peine compte. Moi, je vous propose un truc sympa, à base de boeuf, ou de poisson aussi, ça se fait, c'est léger, pas gras (les filles, elles aiment), quelques herbes, un filet d'huile d'olive, du poivre rouge, de fines, très fines tranches, disposées avec soin dans l'assiette, c'est ordonné, on attaque par celle du dessus, puis on avance. Vous avez devinez ? Moi, j'adore. Allez, deuxième essai, l'arrière de la depression, on y est ce matin justement, la mer s'est formé, le vent a tourné et continué de souffler fort même. C'est maintenant le bazar, dans tous les sens. Moi je vote un truc, toujours dans la chair fraiche, à l'origine en boucherie chevaline uniquement. Rien que le nom rape un peu, presque agressif, guerrier, dur à cuire. Un peu d'oignon, de capres, un jaune d'oeuf, Tabasco et compagnie, et on vous amène un truc, il y en a dans tous les sens. Moi, je le demande non préparé, ça me fait moins cette impression. Et léger par là-dessus, ils te servent ça avec des frites, pour bien caler l'estomac. Bon appétit, et tans pis pour ceux qui, après description n'aimeront plus le carpaccio ni le tartare. Aujourd'hui, c'est tartare, et pas pour rire." Michel Desjoyeaux (Foncia) par mail
Hello, good bye
08.12.2008"Pendant plus deux heures, j'ai eu du vent assez faible avec une pluie composée de neige fondue, bonnet, gants, etc. Pas facile d'appuyer sur les boutons du pilote avec des gants ! En, tout cas, je vis le Vendée Globe à l'international avec tous ces étrangers qui m'entourent ! Au fait, comment dit-on "véranda" en Anglais ? Bonne journée et take care!" Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) par mail
White et les mers du sud
07.12.2008« La nature vierge des mers du Sud ? J'y pense beaucoup. Quand on lit ce que les gens ont écrit au sujet de cet endroit et le fait qu'il faut se calmer et être prudent, je pense “Qu'est-ce que cela signifie être prudent, qu'est-ce qu'ils font exactement?“ Maintenant que je suis ici je vois que c'est un endroit comme aucun autre. La houle est permanente, une houle forte, qui domine tout ici. Elle modifie le comportement du bateau, si vous ralentissez. Votre vitesse monte et descend rapidement. Il faut savoir la maîtriser, car si quelque chose vous arrive ici, cela peut être très, très sérieux. Cependant la vraie raison pour laquelle, je ne me couche pas beaucoup est que je veux rester toujours prêt à sauter dehors pour réduire la voile... Ce qui est vraiment énervant est la difficulté à trouver un bon équilibre entre la vitesse et la préservation du bateau. Si vous m'aviez dit au départ que je serais en 18e position et qu'untel était derrière ou devant moi, j'aurais été heureux, mais la nature humaine est telle qu'une fois dans cette position, on veut toujours mieux faire. Je suis à la 18e place depuis que Bernard est passé. Et là, cela commence à m'énerver. Moi aussi, je veux dépasser des gens et c'est en fait à ce moment-là que cela devient dangereux... » Steve White (Toe in the Water), à la vacation de 11h :
Longs surfs pour Thompson
07.12.2008Brian Thompson (Pindar), à la vacation de 11h : « Le vent soufflait à 35 nœuds toute la journée hier. On a eu d'énormes vagues, qui nous permettaient de faire de longs surfs, même en étant sous voile réduite pour ne pas déséquilibrer le bateau et on progressait bien. Puis, pendant la nuit, le vent a molli lentement à une trentaine de nœuds au coucher du soleil, 25 nœuds à l'aube et là, j'ai 20 nœuds. Je me suis dit qu'il fallait oser mettre le spinnaker A2, mais le vent s'est renforcé à 26-27 nœuds, ce qui était trop. C'était limite. Là cela redescend à 20-22 nœuds. On va sans doute perdre des milles dans cette zone de molles que je devrais traverser, mais pour le moment sous spinnaker, cela va encore. On a 17 nœuds de vent de moins qu'hier, mais en fait je progresse aussi rapidement, voire plus rapidement. »
Golding aperçoit Peyron
07.12.2008Mike Golding (Ecover), à la vacation de 11h : « Être quatrième, c'est une bonne nouvelle (5e à 16h, ndlr). J'en suis content, mais j'ai l'impression que cela change au classement tous les jours. Je ne me fais pas d'illusions. Cela a bien fonctionné (l'option sud, ndlr). Nous avons eu le meilleur angle au vent à l'approche de la porte et cela a payé. C'était assez musclé. 25 à 30 nœuds. Juste avant l'empannage, Gitana est passé devant moi à environ 800 mètres. J'ai essayé d'appeler Loïck, mais il n'a pas répondu. Dès l'empannage, le vent a fraîchi et j'ai déjà eu jusqu'à 40 nœuds. J'ai donc réduit un peu, car je ne veux rien casser, mais le bateau avance bien sur ces grands surfs. Tout à l'heure, le bateau était complètement sous l'eau et toutes les trois ou quatre minutes, il plongeait jusqu'au mât, et les vagues déferlaient jusqu'au cockpit. Maintenant, c'est un peu plus stable. »