Ce n'est désormais qu'une question d'heures avant que ne prenne fin la lutte pour la troisième place de ce Vendée Globe. Un survol de Safran, effectué alors qu'il se trouvait encore à 50 milles des Sables, a permis d'avoir une première impression de l'état du bateau (images disponibles dans la section photos). Heureux d'arriver, heureux d'avoir fait partager cette incroyable épopée, ont été les mots du skipper du Morbihan, joint cet après-midi. Désormais à un peu moins de 30 milles de la ligne d'arrivée, Marc Guillemot est plus que jamais attendu par le public, sa famille, son équipe... et Samantha Davies.
A la uneBrèves
Safran à 30 milles
15.02.2009
Encore des ennuis pour Norbert
15.02.2009Norbert Sedlacek a encore des problèmes avec son rail de grand-voile. Les vis sur le mât sont fatiguées et cassent les unes après les autres. L’Autrichien est en train de démonter toute la grand-voile, afin de pouvoir replacer les chariots dans le rail. Il va fixer ce dernier, cassé au niveau du deuxième ris, avec des sangles autour du mât et il faudrait, selon lui, qu'il y monte le plus tôt possible. Il espère que le vent et le temps lui seront un peu favorables, après les coups durs météorologiques qu'il a récemment essuyé.
Six jours de vivres
15.02.2009Arnaud Boissières (Akena Verandas) à la vacation : "Je suis au milieu des Açores et il fait un temps... comme aux Açores : ciel gris et pas trop de vent. Il faut que je me dépêche, car il paraît que le bar du Vendée Globe ferme lundi prochain et mon équipe me met la pression ! J'ai eu un petit retour de vent malgré tout et je vais faire une route plus nord que la route directe, pour contourner une petite molle. Je fais des pointes de vitesse, régulièrement, mais je devrais être de nouveau ralenti dans plusieurs jours. Je suis en train de faire tourner le moteur, car il n'y a pas de soleil et mon éolienne m'a lâché. Il ne me reste que 20 litres de gasoil, mais si ça ne dure encore qu'une semaine ou dix jours, ça devrait le faire. Niveau vivres, je me suis gardé un saucisson pour aujourd'hui et après, il ne m'en reste que pour six jours, il ne faut pas que je traine. Enfin, je peux toujours pêcher, mais je n'y crois pas trop, je suis assez rapide maintenant... J'ai hâte d'arriver, car le bateau et le bonhomme commencent à être un peu fatigués et le fait que ceux de devant arrivent est une motivation supplémentaire, on a envie de les retrouver. C'est long cette remontée de l'Atlantique. Une fois le cap Horn passé, c'est la délivrance, c'est vrai, mais le matériel souffre quand même après... Surtout que pour moi, le Pot au noir s'est étendu depuis l'Uruguay, jusqu'aux Canaries... "
Panne de radar
15.02.2009Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à la vacation : "Je suis au près, dans de la houle. Je suis assez content car j'ai passé la latitude de Rio de Janeiro, sous un ciel assez pourri de gros cumulus et je viens d'attraper les Alizés, qui vont me permettre de remonter plus rapidement. Je suis un peu fatigué, j'ai passé ces derniers jours à me bagarrer avec la dépression : 50 nœuds au portant, 50 nœuds au près, puis pas de vent... Là ça va mieux. Je vais me reposer et l'idée, c'est de m'écarter du Brésil, pour me dégager de ces gros cumulus qui font comme de petits Pots au noir, le long de la côte. Je sais que Rich (Wilson) a eu des journées très difficiles devant, j'espère que je vais éviter ça. Je regarde, sur ma carte, là où j'étais lors des éditions précédentes, pour savoir où j'en suis à peu près au niveau du temps. Mon équipe à terre fait des paris sur la semaine de mon arrivée, ça sent la fin et ça fait du bien ! Même si je sais que j'en ai encore pour un moment, je pense être là avant le 15 mars. Niveau ravitaillement, j'ai fait le point il y a quelques jours et je suis au point. Quelques avaries ces derniers jours : la potence du gaz qui s'est arrachée, mais j'ai pu réparer, et plus grave, la potence du radar qui à lâché, donc je n'ai plus de radar. Je ne peux plus localiser les cargos, je fais des veilles la nuit, mais j'ai bien failli m'en prendre un, j'étais en route directe dessus. C'est très embêtant, j'espère au moins pouvoir réparer le minimum... Plus ça dure, plus le bateau souffre et tout ce qui est limite est en train de s'abimer : les moyens de communication, les cordages... Il va falloir bien bricoler."
Retour du vent pour Rich
15.02.2009Rich Wilson (Great American III), dans un message reçu cette nuit : "Nous sommes sur le point de dépasser l'île Fernando, avant de prendre vers le nord, avec peut-être un peu d'ouest, vers l'endroit du Pot au noir qui me semble le plus étroit. Hier, nous n'avons pas longé la côte jusqu'à Recife, nous avons viré vers le large pour 25 milles, puis viré à nouveau. A mon profond découragement, nous n'avions pas encore passé la pointe du Brésil. Finalement, nous avons tourné, un degré à la fois, jusqu'à la direction de Récife (droit dessus). Puis quelques degrés encore, et encore quelques uns... Ce matin, le flux de sud-est est finalement arrivé et nous pouvons avancer vers le nord-est pour dépasser Fernando. Les voiles se sont gonflées et on a finalement démarré. En toute bonne foi - et bonne mémoire - je suis incapable de me rappeler la dernière fois où nous avons pu vraiment avancer ainsi. Il fait chaud, très chaud. Impossible de rester en-dessous, un vrai sauna. Je me retrouve assis par terre dans le cockpit, essayant d'échapper au soleil."
A la poursuite de Pindar
15.02.2009Dee Caffari (Aviva) dans un message envoyé hier soir : "Je me rapproche du plateau continental et il y a de plus en plus de trafic. Des cargos, des bateaux de pêche, le temps est venu d'être très vigilante durant ces quelques derniers milles.
Le ciel a été couvert toute la journée, mais une mer plate nous a permis de garder une vitesse rapide. Le seul point noir, c'est que le vent vient précisément de là où nous voulons aller et il va falloir virer de bord sans arrêt jusqu'à la fin. Comme toujours, avec peu d'air et une haute pression, les fichiers météo n'ont pas souvent raison, donc j'ai dû naviguer selon ce que je voyais et virer au moindre changement, pour m'assurer d'être sur le bord qui avance. Ça complique un peu la vie, car on imagine toujours que ça serait mieux sur l'autre, mais on ne peut pas changer perpétuellement, étant donné que chaque virement ralentit le bateau. Dans ces circonstances, il faut donner le temps à chaque bord de montrer ce qu'il vaut.
Il va sans doute falloir que je travaille dur jusqu'à la fin et je suis déterminée à poursuivre Pindar. Je n'ai pas l'intention de laisser Brian (Thompson) finir sans lui mettre un peu de pression."