Revenu en semi-rigide alors que son équipe procédait à quelques essais en mer sur VM Matériaux, Jean le Cam s’est prêté de bonne grâce au passage obligé de la conférence de presse qui s’est tenue ce mardi en fin de matinée au village du Vendée Globe.
Le skipper du bateau rose est apparu détendu, toujours prêt à quelques bons mots, mais par-dessus tout comblé à la perspective de prendre à nouveau le départ de cette course qui l’avait vu monter sur la deuxième marche du podium en 2004, un peu moins de 7 heures derrière le vainqueur Vincent Riou. Morceaux choisis…
État d’esprit : « On essaye de rester serein, il faut relativiser les choses. C’est une course de bateau avec une ligne de départ et une ligne d’arrivée. Il faudra juste aller le vite possible au bon endroit ».
La préparation du bateau : « De sa version originelle - sous le nom de Bonduelle, le bateau a été lancé en 2004 -, il ne reste que la coque, la bôme, les dérives, les winches, les vérins hydrauliques. (…) L’espace-temps nous bloque car nous sommes toujours en train de développer quelque chose. Nous sommes toujours en ébullition. Il faut le départ d’une course pour nous stopper dans notre élan, sinon c’est sans fin ».
La flotte : « C’est un sacré plateau avec une qualité jamais vue. C’est très vivant et très motivant pour la voile en général ».
Temps de course : « On devrait tutoyer les 80 jours. En tout cas, si on considère que l’on va 8 à 9 % plus vite que lors du dernier Vendée Globe. Or, quand on sait ce qu’on sait et que l’on voit ce qu’on voit… on devrait y arriver ».
La vitesse : « Les emmerdements sont au carré de la vitesse. Un choc à 12 nœuds c’est 40% de plus d’impact qu’un choc à 10 noeuds. Aller vite, ce n’est jamais sans risque, d’autant que la mer est incompressible ».
Les abandons : « Il y a toujours eu 40% de déchet. Si on est dans une norme classique, il devrait y avoir 60% des bateaux à l’arrivée. Ça, ce sont les statistiques de ces dernières années ».
Jean Le Cam, le retour : « Le dernier Vendée Globe n’était pas un échec pour moi. Je ne reviens pas pour me venger. Il n’y a rien d’inachevé, il y a une nouvelle histoire, avec des acteurs différents, un parcours qui sera forcément différent, avec tout le mystère que cela comporte. Il n’y a aucune amertume, je reviens avant tout parce que cette course me plaît ».
Jean Le Cam a conclu sur son souhait de construire un bateau neuf pour la prochaine édition du Vendée Globe avec une mise à l’eau idéale en 2011.