« C'est le clavier de l’ordinateur qui a été la première victime de ces premiers jours en mer. Il est tombé de ma table à cartes dans une flaque d'eau et de gazole, ce qui explique l'absence de messages depuis quelques jours. Au cours de la première nuit le pot d'échappement du générateur a sauté quatre fois remplissant l'intérieur d'eau et de gaz, et puis une broche est tombée dans les batteries entre la cosse positive et le carbone du bateau, provoquant un départ de feu. Cela sentait l'époxy cramé et de plus, il y avait une petite fuite de gazole et beaucoup d'eau dans le bateau. Il y avait du matériel en vrac, qu'il fallait ranger. Bref, les 24 premières heures n'étaient pas vraiment agréables… J'y arrive doucement, et si je peux réparer le clavier, je peux commencer à écrire des blogs. Je fais gaffe à mon coude, car cela fait mal et je suis bien enrhumé, mais à part cela, tout va bien. Le soleil brille et j'ai hissé le nouveau spinnaker. Je suis content en somme. (...) Dès mon départ, lorsque j'ai vu le chaos en bas où tout a été jeté et que le vent se levait, il n'y avait plus d'adrénaline. Puis il y a eu les problèmes avec le générateur et le feu. C'est à ce moment-là qu'on se rend compte qu'on est aussi fatigué. Pendant les 48 premières heures j'étais exténué, et de temps en temps je mets la tête dehors et il n'y a personne. Je suis en train de faire le tour du monde tout seul ! Au moins la première partie... » envoyait par mail le Britannique Steve White (Toe in the water).
A la uneBrèves
L’eau et le feu de Steve White
12.11.2008
Kito et Yannick aux Sables cette nuit
12.11.2008
Kito de Pavant (Groupe Bel) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com) sont attendus cette nuit aux Sables d’Olonne. Les deux navigateurs, très déçus, auront besoin de tout le soutien du public sablais qui devrait venir en nombre pour les accueillir. Les deux navigateurs devraient arriver entre deux et trois heures du matin...
La bascule de l’Ouest
12.11.2008« Je suis bien calé dans l’Ouest, du côté de la bascule. L’anticyclone n’est pas mou du tout, du coup, j’aurais le vent pour empanner. J’ai vraiment bien dormi cette nuit. Du coup, je pensais que j’aurais peut-être pris un peu de retard, mais ça va. Je vais empanner dans deux heures (à 15h00, ndlr). Le vent va rester pour les heures à venir entre 15 et 20 nœuds. Je suis content de ma position. Je navigue à vue avec Brit Air qui est derrière moi. » transmettait Vincent Riou (PRB) à son équipe technique en début d’après-midi.
Embouteillage dans le port de commerce
12.11.2008Trois monocoques 60 pieds se croisent dans le port de commerce des Sables d’Olonne, soit pour démâter, soit pour remâter, soit pour sortir de l’eau. Mais les chassés-croisés des équipes techniques ne laissent que peu de temps au bavardage.
Arrivé à midi, Alex Thomson n’a pas traîné pour démâter son monocoque endommagé. Dans son sillage, le Canadien Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) l’a imité, pour réparer le rail de mât arraché au niveau du deuxième ris. Deux heures plus tard Hugo Boss était gruté, laissant pendre des bandelettes de carbone de cinq mètres de long qui ne présageait rien de bon pour la réparation à venir. Et dans le cockpit, les équipiers vidaient quelques seaux d’eau au fur et à mesure que le bateau s’élevait dans les airs. Pas le temps de souffler pour les techniciens du port de commerce. C’est au tour du mât de Cheminées Poujoulat de retrouver sa place à bord. Bernard Stamm et son équipe ont terminé la réparation du mât et du boomerang de la première barre de flèche. Le navigateur suisse espère repartir pour de bon la nuit prochaine.
Le dit du leader
12.11.2008« Grosse journée aujourd'hui, puisque je dois effectuer un empannage cet après midi. Très important puisque ce bord devrait m'emmener directement au Pot au Noir. Pour le moment les conditions météos sont plaisantes : 15-20 noeuds au portant avec une houle de deux mètres. Il ne fait pas vraiment soleil mais l'important est qu'il ne pleuve pas. Maintenant la vie à bord est nettement meilleure, c'est la première fois que j'ouvre mes sacs quotidiens de nourriture et j'ai pris mon premier repas chaud hier soir. Ce n'est pas complètement rangé à l'intérieur mais je vous promet que je le ferais dans les prochains jours, ainsi que faire des vidéos et un check général du bateau. Je suis heureux d'être premier, mais il va falloir attendre l'empannage pour voir exactement ce qu'il se passe. Il se peut que le groupe de poursuivants me repasse devant. Mais le plus important est que je sois dans le top 5, le reste on verra plus tard... » Sébastien Josse (BT)
Parole de Basque
12.11.2008« Au cours de ces deux dernières journées, ce n'était plus une course, mais nous étions plutôt en mode survie. J'espère que maintenant la course peut commencer. Cela a été très dur. On connaissait les difficultés de cette zone et nous savions tous ce qui nous attendait. Le vent a molli et les conditions sont maintenant plus maniables. Je vais bien et le bateau aussi. » communiquait Unai Bazurko (Pakea Bizkaia)