Michel Desjoyeaux (Foncia) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) ne vont pas être favorisés ces prochains jours par une météo qui leur est nettement plus défavorable. Pour le vainqueur du Vendée Globe 2001 ce jeudi matin au large de Porto, la brise de Nord n’est que de dix nœuds et il lui faudra attendre vendredi matin pour qu’elle tourne au Nord-Est en forcissant vingt nœuds : le monocoque blanc a déjà perdu près de trente milles la nuit dernière et le déficit devrait monter à près de cent milles (par rapport au 450 milles d’écart lors de son deuxième départ des Sables d’Olonne) ce jeudi soir ! Quant à Bernard Stamm, les conditions météo sont encore moins favorables… Du petit temps dans le golfe de Gascogne avec à peine cinq nœuds de vent parfois, rarement plus de dix nœuds jusqu’au cap Finisterre ! De 940 milles de retard lors de son nouveau départ des Sables d’Olonne ce jeudi matin, le différentiel pourrait dépasser les 1 500 milles ce week-end… Dur, très dur. Mais comme tout le monde va ralentir au passage du Pot au Noir en début de semaine prochaine, il y aura heureusement compression.
A la uneBrèves
Pas le même régime
13.11.2008
Du côté de chez Mich
13.11.20087h01 : « Nuit calme, ça y est : la voile ballon est en l'air depuis hier après-midi, et ça glisse tranquillement, rien de surfs fantastiques encore, l'anticyclone des Açores s'étant assoupi. Fait beaucoup d'empannages cette nuit pour rester dans petite bande de vent le long du 10° Ouest, péniblement accroché les 10 noeuds. La lune n'est pas couchée et le soleil arrive, presque sans nuage, c'est rare de voir ça, alors je vais en profiter, nah ! Bonne journée de terriens. » Mail de Michel Desjoyeaux (Foncia)
Triste retour
13.11.2008« Il va y avoir pour moi un grand vide les trois prochains mois. C’est beaucoup de frustration de ne pas être ce soir sous les étoiles et la pleine Lune. Le beau temps est revenu et moi, je n’ai pas passé la première tempête. Le bateau a tapé dans une vague plus forte que les autres et le mât est tombé. L’aventure s’est arrêtée là. Je pense surtout à ceux qui ont continué et glissent aujourd’hui dans l’alizé. Qu’ils en profitent ! Ils ont une chance extraordinaire : j’espère qu’ils seront tous là à l’arrivée parce que l’accueil que j’ai eu ce soir est exceptionnel et c’est terrible, j’aurais tellement voulu arriver plus tard aux Sables d’Olonne… Merci à tous d’être là. Je tiens à dire à mon équipe technique que j’assume totalement ce qui est arrivé. Et je remercie Antoine (Fiévet, Président du Directoire du Groupe Bel) qui est là et il l’est à chaque fois, dans les bons moments, mais aussi quand ça va mal, comme ce soir. » Kito de Pavant (Groupe Bel)
Messages de la nuit
13.11.20083h11 : « Ce n'est pas une course pour gros dormeur ! Nuit agitée à contourner l'anticyclone qui s'ingénie à me tomber dessus. Il fait chaud à manoeuvrer, j'essaie de placer Temenos idéalement sur la bonne trajectoire pour les alizés. Tout va bien a bord, les derniers spaghettis frais ont été avalés. La dose quotidienne de café est dépassée pour le moment... À bientôt. » Dominique Wavre (Temenos II)
5h00 : « Bonjour, j'ai du vent assez établi qui me fait bien glisser et être assez rapide. J'ai attaqué mon premier plat déshydraté hier soir car dans l’après-midi, j'ai fait une grosse session « Bob le bricoleur » : tiens la clé sur le pont pendant que visse l'écrou dessous, ça ne marche pas à tous les coups mais je me suis demerdu. Je me régale avec les figues sèches d'Olivier Clerc : avec un thé, y a pas mieux ! En surf en plus, c'est le top… La véranda va bien et apprécie les rayons de soleil (son serviteur aussi). » Arnaud Boissières (Akena Vérandas)
Hugo Boss : évaluer les réparations
12.11.2008Hugo Boss, le bateau d’Alex Thomson a été gruté dès son arrivée aux sables d’Olonne. Les premières estimations laissent apparaître une fissure sur environ 5 mètres de long. Les premières estimations de Paolo Manganelli sur les raisons des dommages infligés à la coque du bateau : « c’est un peu tôt pour avoir des conclusions définitives, mais nous ne pouvons pas exclure une collision avec un objet flottant entre deux eaux… » Une expertise complète du bateau sera faite avant de prendre une décision définitive.
L’analyse de Mike Golding
12.11.2008« Je prends mes marques et je récupère après le passage du golfe de Gascogne. La nuit dernière, j'ai pu dormir quelques heures, réparties en plusieurs siestes successives d'une heure. J'ai mangé correctement et changé mes vêtements, j'étais particulièrement trempé après la tempête. Je suis ma route et navigue au mieux avec la combinaison de voilure que je porte. Je ne tiens pas compte des différentes routes suivies par les autres concurrents. Les bateaux de tête ne sont répartis que sur 50 milles. Je ne pense pas être mal placé, bien que je préfèrerais être plus haut dans le classement. Je ne m'en sors pas mal par rapport à mes concurrents directs. On va certainement assister à un regroupement en tête de la course, mais dès que les leaders auront empanné, de nouveaux écarts se creuseront. C'est ce à quoi l'on peut s'attendre : certains vont y gagner, d'autres y perdre. Stratégiquement parlant, il ne s'agit pas de notre position sur le parcours, mais plutôt du moment où on fera cap à l'Ouest. On vise des points sur la trajectoire en vue du passage de Madère et on se prépare pour les Canaries. » précisait Mike Golding (Ecover) à son équipe à terre.