« Le vent a bien molli cette nuit. Le jour se lève et il fait beau. Je vais en fin pouvoir faire sécher les cirés et les bottes après une semaine très active. C'est une journée de transition avec peu de vent. Il faut donc revoir les réglages pour optimiser la vitesse du bateau. Depuis 24 heures, je me suis vraiment bien reposé. J'ai dormi environ 5 / 6 heures, passé 3 heures à la table à cartes et le reste du temps à régler le bateau. J'ai pris le temps d'écouter un peu de musique. Il faut rester vigilant car le Vende Globe est une guerre des nerfs. La clé, c'est la lucidité ! Si tu ne fais pas attention à ton sommeil et à ton alimentation, tu peux vite craquer nerveusement ou halluciner comme la nuit dernière. Tu es seul, il y a plein de décisions à prendre, parfois je n'ai pas la vitesse que je veux. C'est dur. D'autant que la stratégie n'est pas facile. Je doute, mais le doute est bon avant la décision. Il faut rester philosophe ! » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2)
A la uneBrèves
La philosophie de Dick
15.11.2008Petit poisson volant
15.11.2008« Quelques photos sous le soleil ! Aujourd'hui c'est grand ménage et vaisselle… Les panneaux solaires tournent à plein régime, vive le développement durable ! Le soleil se lève et tout va bien à bord de Brit Air. Perdu du terrain sur Vincent cette nuit. J'ai fait une sieste au mauvais moment..mais bon ! Là, c'est repartit et nous voilà déjà dans l'Ouest de la Mauritanie. Bientôt les îles du Cap Vert ! C'est le week-end alors ce midi y a couscous avec gâteau au chocolat ! Par contre, pas trouvé de boulangerie ce matin pour les croissants. Si quelqu'un connaît une adresse dans le coin, qu’il fasse signe… » Armel Le Cléac’h (Brit Air)
Le plombier polonais
15.11.2008« Je fais partie du premier wagon, j'espère que ça va durer parce que ce matin j'ai fait une énorme "cagade" (?) avec les voiles. Le vent est passé au Nord faible quand je changeais de voile. À cause de ce vent en travers de la route, j'ai fait deux empannages et j’ai hissé en peu de temps le solent, le gennaker, le grand spi. C'est beaucoup de manoeuvres et une grande dose d'énergie pour rien au final. J'attends le prochain classement avec impatience, j'espère ne pas m'être fait rattraper par les molles qui sont derrière et que les premiers n'ont pas filé ... Maintenant il faut attaquer l'approche des îles du Cap Vert. C'est un petit bazar qui se profile peut-être dans l'Ouest immédiat de l'archipel. C'est le premier passage difficile à gérer, le deuxième ce sera le Pot au Noir. J'ai du soleil, mais c'est récent. Je suis toujours en petite polaire et je porte le ciré juste pour manoeuvrer parce que c'est un peu humide. Dans le bateau c'est toujours le bazar. Il faut aérer, ranger, sortir les vêtements mouillés et les faire sécher... » Jérémie Beyou (Delta Dore)
Ariba Aviva !
15.11.2008« Depuis deux jours, j’ai vraiment du mal à trouver le bon rythme pour Aviva. Avec trop de toile, je me retrouve couchée ou je dois rester à la barre, avec moins de voilure, je me vautre dans les énormes vagues qui nous ont fait surfer. C’est très bizarre, l’état de la mer est énorme et te pousse à 20 nœuds ou bien te fait couler dans les profondeurs des cratères que les vagues créent. Essayer différentes configurations de voile a aussi été compliqué parce que le vent reste instable avec des bourrasques de 27 nœuds ou s’établit à seulement 15 nœuds. Je ne me plains pas, mais je contemple avec admiration la vitesse que les autres tirent de leurs bateaux. J’ai promis à Aviva qu’on y arriverait et qu’il pourra aller jouer avec les autres de nouveau, mais en attendant, nous allons nous concentrer sur le passage des Canaries et nous allons tout faire pour rester au contact du groupe de tête. Je suis toujours contente d’être dans la même partie du classement qu’eux sans avoir à trop pousser pour l’instant. Mais agacée par ma frustration, je m’attache à réparer ma trinquette qui a été abîmée lors de la deuxième nuit de course. Cela m’a amenée à utiliser toutes sortes d’outils et d’équipements. J’ai dû récupérer l’extrémité de la latte cassée pour la remplacer par ma réparation coupée à la bonne taille. Mais ça n’a pas voulu bouger et j’ai eu besoin de la couper et d’utiliser la perceuse. Maintenant, il fait nuit et je n’ai pas encore terminé, mais je suis recouverte de poussière de carbone, et je pense que quand je devrai renvoyer la trinquette, je serai contente de moi. » Dee Caffari (Aviva)
Message de Michel Desjoyeaux (Foncia)
15.11.2008"Salut la compagnie,
Nuit calme sous grand spi toujours, vent très variable, barré beaucoup, bien dormi aussi. C’est paisible mais pas très rapide, le vent est bien calme ici, en ce moment.
Bon week-end
Mich"
Temenos en figures libres
15.11.2008Message de Dominique Wavre :
« Belle nuit, agitée en première partie, dans un bel alizé soutenu avec la lune pour témoin; au grand largue, sous pilote et grand gennaker, mer formée, ça bombardait. Je commence de petits sommeils avec un œil sur les cadrans : surfs à 20-22 nœuds fréquents, coups de gîte… Brutalement, l'alarme pilote hurle, je me rue dehors, on part au lof, couché sur l'eau. J’arrive à la barre, sous des trombes d'eau, sans la veste de ciré !, Je constate : on est au près sous gennaker 300 m2, trinquette et GV, couché a 50°! En vitesse, j'acquitte l'alarme pilote, abats a la barre… et surprise, Temenos accepte de revenir : on allait encore vite et le safran sous le vent était encore dans l'eau. Bateau remis au cap (un peu plus abattu quand même !), je réenclenche le pilote, cela a l'air de marcher.... Je me rue à intérieur, mets le moteur en route pour charger les batteries, des fois que le problème soit électrique (je suis devenu suspicieux depuis l'avarie du départ...)
Je ne saurai pas ce qui a déclenché ce tohu-bohu, mais je suis resté éveillé deux heures à surveiller après cela, mais tout se passe bien désormais.
Vivement les positions, voir si forcer sur la machine a ramené des milles.
Nuitamment, »
Dominique à bord de Temenos