« De manière générale, je suis content de ma trajectoire à l’Ouest, j’ai accepté de perdre un petit peu de terrain pour bien me décaler mais je ne regrette pas cette stratégie, ça m’a permis de bien me dégager du dévent des îles. Quand on revient sur ceux de devant c’est que les choses se passent bien. Temenos II a bien marché et ça fait du bien au moral de reprendre des milles aux copains. La première partie de la nuit a été assez sympa, il y avait un bon 20 nœuds avec des risées à 25, et quelques grains. Dans la nuit le bateau est brutalement parti au lof alors que j’étais en train de me reposer, l’alarme du pilote s’est mise à hurler à l’intérieur du bateau, je me suis rué dehors, le bateau était en train de se mettre sur la tranche, il y avait des gerbes d’eau sur le pont je me suis fait copieusement rincer. J’ai eu droit à une bonne dose d’adrénaline, c’est encore plus efficace qu’un café pour se réveiller. J’avais beaucoup de toile et il y avait une mer assez forte par le travers, dans ces conditions une grosse vague peut suffire à déséquilibrer le bateau, et le mettre en travers, les efforts sur les pilotes deviennent alors énormes et peuvent les faire décrocher. Le vent a molli dans la nuit à partir de 3 heures du matin, et là je n’ai plus qu’une dizaine de nœuds de vent, l’alizé est en panne et on est partis pour deux jours au moins de petit temps. Le bateau ne va pas tout seul, il y a un peu de mer, les vagues l’entraînent un petit peu de gauche et de droite, et le vent est irrégulier. Il vaut mieux rester à la barre et aux réglages pour bien le faire avancer. Ca demande de la concentration, et pas mal de tasses de café, mais ce n’est pas déplaisant. Il fait vraiment bon : les conditions sont très agréables, j’ai ouvert l’avant du bateau pour faire un petit courant d’air, et assécher un peu l’intérieur, ça fait du bien. » Dominique Wavre (Temenos II)