Vendée Globe

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SAILING/VENDEE GLOBE 2008/STAMM CHEMINEES POUJOULAT

Stamm au large des Canaries

19.11.2008

Message reçu cette nuit de Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), 24e à 1173 milles du premier.


« Bonsoir,
Des nouvelles de Cheminées Poujoulat. Ça se passe plutôt bien, je peux profiter du flux de nord-est assez fort pour faire de la route. Je commence à croiser la route de quelques grains. L'air est beaucoup moins stable, du coup il y a pas mal de changements de voiles ou de réglages. A chaque fois que je peux, en fonction des oscillations de l'alizé, j'empanne et j'essaie de mettre un peu d'ouest dans mon sud. La mer est un peu agitée avec des vagues courtes. Mais là, je pense que la force du vent va décroître. Finie la glisse sauvage, ça va être plus en finesse. Je n'ai pas encore vu de poissons volants et la lune est en train de nous quitter. Je pense que nous avons de la chance, nous la retrouverons quand nous en aurons vraiment
besoin, aux portes de l'Indien. Autrement, je me bats avec le système vidéo du bord, qui ne fonctionne plus. Nous avons dû créer un problème lors du démâtage et remâtage, quand je suis revenu aux Sables. J'ai bon espoir de trouver ce qui cloche. Même sur l'appareil photo, le chargeur de batterie a eu un bug. Réglé toute à l'heure. Dés demain photo et vidéo
aussitôt que possible.
Bonne fin de nuit »

 

FONCIA - SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

Desjoyeaux au milieu du Cap-Vert

19.11.2008

Message reçu de Michel Desjoyeaux (Foncia, 18e) à 1h00 du matin :

« Passage dans les îles dans 1 heure approximativement. Beaucoup de ressac au
vent des îles, jusqu'à plus de 15 milles.

C'est bizarre, je n'y avais pas porté attention, mais, on est au chaud, on se dit qu'il doit faire grand soleil toute la journée, ça doit être top pour bronzer. En fait, il n'en est rien, y a des nuages toute la journée, et par contre, et ça fait au moins 2 nuits comme ça par ici, le ciel est complètement dégagé, ce qui me permet ce soir d'apprécier mon mentor du moment, Orion le chasseur, qui me surveille de sa hauteur. Ouais bon d'accord, il est chasseur, mais il n'a pas de fusil, il n'a qu'un glaive, et le glaive c'est pour le corps à corps, et ça, c'est pour plus tard j'espère...


Petit empannage dans les îles, j'avais visé un passage il y a plusieurs heures, et c'est un autre qui va être emprunté, le vent a tourné...


Mich by night dans le NE de Santa Luiza »

 

Pas de record en vue

19.11.2008

Le premier temps intermédiaire, entre Les Sables d’Olonne et l’équateur, détenu par Jean Le Cam en 10j 11h28’ depuis 2004 ne sera pas battu. Pour faire mieux, les premiers ont jusqu’à la nuit prochaine (0h30 précisément) pour franchir l’équateur distant ce matin de plus de 500 milles ! Une distance qui semble d’autant plus compliquée à parcourir en moins de 24h qu’un obstacle baptisé pot-au-noir barre la route des concurrents. Les difficiles conditions météo dans le golfe de Gascogne expliquent ce retard sur l’édition 2004. 

Les hauts et les bas de Jonny Malbon

18.11.2008

19e à 456 milles de Peyron au pointage de 16h, Jonny Malbon (Artemis) découvre la course au large en solitaire. Un apprentissage rude sur un des nouveaux 60 pieds les plus puissants après celui de son compatriote Brian Thompson. Extraits de sa vacation du jour :

« La nuit dernière, j'ai essayé d'avancer rapidement vers le sud, mais après, j'ai dû empanner et partir vers l'ouest. Il va falloir souffrir un peu, car je sais qu'il n'y a pas de route par l'est. Je suis en train de regarder le Pot au Noir à plus long terme. Mais franchement, j'ai hâte de retrouver des conditions plus régulières, car je sens que ce bateau sera rapide. Je serai plus à l'aise en le poussant dans des conditions plus musclées.
Quant au sommeil et à l'alimentation, je gère. J'ai changé ma façon de voir cela et pour moi désormais, il s'agit d'une façon de me donner des forces. Ainsi, après des efforts, je m'allonge par terre. Hier soir, je me suis couché sur mon sac de couchage, car nous avancions bien. Je suis assez content de ce point de vue, mais coté mental, il y a des hauts et des bas en ce moment. A un moment donné, je me sens très bien, car je gère bien et puis plouf, le vent ou l'état de la mer change et c'est cela qui m'épuise. Il faut que je fasse gaffe ou sinon je serai en train d'épuiser toutes mes forces. La nuit dernière, ça allait. Mais la nuit précédente, je n'ai pas bien dormi, car il fallait être debout, et en fait, parce que je n'ai pas bien mangé et que je n'ai pas bien bu, je n'avais pas trop le moral. »

 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 PORTRAITS PRESTART

Hatfield : « bien gérer son sommeil »

18.11.2008

25e à 1601 milles du premier suite à son retour aux Sables pour réparer son éolienne et le rail de mât arraché, Derek Hatfield (Algimouss Spirit of Canada) se bagarre pour revenir dans la course. Extrait de sa vacation du jour :

« Nous avançons rapidement aujourd'hui et c'est bien comme cela. L'anticyclone nous a laissé partir et nous avons actuellement un vent de nord-est de 25 nœuds, ce qui me permet de bien avancer.
Un vent faible est toujours plus frustrant qu'un vent fort, car on veut toujours aller plus rapidement et il faut se concentrer de plus en plus, mais pour le moment on est loin de cela et je me contente de faire avancer le bateau. Je n'ai pas eu de problème, mais je surveille ma consommation de gazole. L'éolienne me pose des soucis et je travaille là-dessus pour voir si je pourrais améliorer les choses. La quantité de gazole à bord me préoccupe, car je veux être sûr que nous pourrons faire le tour du monde en toute sécurité. Il s'agit plutôt d'un problème de fatigue. Quand on est fatigué, les émotions sont d'autant plus fortes. Il est important pour moi de bien gérer mon sommeil. Si je dors bien, je me sens bien. En ce moment, je sens que je n'ai pas assez dormi. Et par conséquent, je n'ai pas le moral que je devrais avoir. »

 

ON BOARD AVIVA / DEE CAFFARI

Caffari, lucide

18.11.2008

Redescendue en 16e position à 345 milles de Peyron après un joli début de course, la Britannique Dee Caffari a suffisamment de lucidité pour analyser froidement sa performance depuis le départ. Extraits :

« J’avais tellement bien commencé et en une semaine, j’ai tout perdu si rapidement que c’est très frustrant.
J’ai commencé au top alors j’imagine que je ne pouvais que descendre. J’ai vraiment cru au début que j’y arriverai mais dès que ces îles se sont mises sur mon chemin, et qu’elles ont nécessité une stratégie sur le long terme, mon manque d’expérience en la matière m’a pénalisée.
Les vents ont vraiment été faibles alors il a fallu beaucoup bosser pour que le bateau continue à avancer. Le vent a été instable et j’ai eu du mal à prendre des décisions quant à la configuration des voiles et le bon moment pour empanner. Je sais que je vais devoir faire route à l’Ouest dans les prochaines 24 heures et je vais encore être pénalisée mais il va bien falloir en passer par là.
J’ai fait quelques erreurs bêtes en pariant sur le gain à court terme au lieu de planifier une stratégie sur le long terme. Quand Sam et moi avons croisé nos routes sur un empannage, les choses semblaient jouer en ma faveur alors qu’elle perdait du terrain mais depuis, c’est à elle que le classement sourit. J’aurais dû marcher dans ses pas et aller à l’Ouest pendant que je pouvais.
Maintenant, il va me falloir du temps pour rattraper les autres mais j’ai tout l’Atlantique Sud pour le faire. Si tu perds le contact avec tout le monde dans le Sud, c’est très dur. Je devrais reprendre des milles quand les autres entreront dans le Pot au Noir, mais qui sait, c’est un peu la loterie. J’essaie de ne pas regarder les classements de trop près. »

 

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