« J’ai moins de 6 nœuds de vent en ce moment, les fichiers m’en prévoyaient un peu plus aujourd’hui, j’ai l’impression d’être déjà dans le pot au noir alors que j’en suis encore à 200 milles, je progresse à 6 nœuds, on se fait secouer par une petite houle, le bateau a de la peine à trouver son allure. Cette bulle me ralentit depuis la mi-journée, Je l’ai sentie arriver progressivement au petit matin, et depuis la situation ne s’est pas vraiment arrangée.»
A la uneBrèves
Dominique Wavre au ralenti
19.11.2008
Le pot au noir selon Golding
19.11.2008« C'est une zone assez imprévisible. On dit que c'est un chaudron, car c'est le lieu de naissance de beaucoup de systèmes météorologiques. Un véritable chaudron d'air bouillonnant. Le problème est que l'on ne sait jamais quand ils vont se présenter. Les modèles météo n'arrivent pas à les prédire, les experts météorologiques et les scientifiques non plus. Tout ce qu'il vous reste, ce sont vos propres observations sur place ».
Steve White dans l’étuve
19.11.2008« C'est une atmosphère d'étuve. Une chaleur écrasante. Le ciel est dégagé, la mer est bleue et je ne vois guère de nuages. On garde la même voilure depuis un certain temps - GV, spinnaker et parfois la trinquette selon l'angle et on arrive parfois à des pointes de 17 à 18 nœuds, tout en descendant à 11-12 nœuds, car le vent reste très variable. Cela fait peur par moments, car j'ai eu des soucis de pilote et c'est un peu inquiétant à une vitesse de 17-18 nœuds. Je suis content chaque jour de voir que tout fonctionne encore. J'ai discuté hier avec Mark, l'électricien et il m'a dit que je suis sans doute la seule personne de la flotte avec un système informatique qui date d'il y a neuf ans. Mais si un jour j'ai des soucis avec, tout risque de basculer rapidement. C'est pour ça que pour le moment je suis soulagé ».
Beyou et la métamorphose de l’homme en sanglier
19.11.2008« Je suis devenu depuis le départ plus un "sanglier" qu'un homme civilisé ! Le "sanglier", c'est le marin barbu, soucieux de sa machine et de sa météo, obnubilé par la notion de performance. L'unique préoccupation du sanglier est d'être devant la meute et d'être sûr d'avoir à manger le soir. Voilà, profitez de ces dernières phrases encore intelligibles, avant que je ne me renferme encore un peu plus sur moi-même, sur mon globe. Cette course est dure, prenante, et c'est vrai que la faire partager au plus grand nombre est un plaisir, mais j'ai l'impression aussi que, plus je m'éloigne, moins nous parlons le même langage. 20 noeuds grand spi, c'est un peu chaud... Je vous laisse ! Jérémie."
Sam Davies à vue avec Brian Thompson
19.11.2008Message envoyé cet après-midi par la navigatrice de Roxy : « J’ai eu une matinée chargée! J’ai empanné à tribord pour me placer plus à l’ouest. J’ai saisi l’opportunité de grimper sur le mât pour vérifier que tout était ok. C’est plus facile pour moi de monter quand je suis tribord amures et je pense que c’est la dernière fois que je navigue sur ce bord avant un moment. On a une superbe vue de là-haut ! Tout était ok, donc je suis redescendue rapidement. Quand j’ai été prête à empanner à nouveau, j’ai vu une petite voile à l’horizon… Pindar ! Maintenant nous naviguons côte à côte avec Brian (enfin presque, je suis juste devant pour le moment). Nous avons discuté rapidement, mais je ne voulais pas l’interrompre trop longtemps dans la réparation de sa voile. C’est super de naviguer avec de la compagnie et marrant de penser que dans cet immense océan, on se soit tombés dessus comme ça. »
Meilleure progression pour Bernard Stamm
19.11.2008Le skipper de Cheminées Poujoulat qui glisse actuellement au portant au large des Canaries, a parcouru 277,9 milles ces dernières 24 heures. Poussé par un alizé constant, le navigateur suisse se réjouissait de ces belles conditions de navigation dont il profite depuis le cap Finisterre. Pointé 24e à 1133 milles de la tête de course, il signe ce mercredi la meilleure progression.