Au pointage de 5h00, Roland Jourdain (Veolia Environnement) est remonté de deux places dans la nuit, de la 10e à la 8e position (au classement de 5h00, Vincent Riou, devant lui, n’était pas positionné). L’option ouest de Bilou a commencé a porté ses fruits. Hier, au premier pointage du jour, il accusait un retard de 164 milles sur Peyron. Ce matin, il n’était plus que de 121 milles. Et au passage, Bilou est repassé au classement devant son grand copain Jean Le Cam désormais 9e. En se décalant dans l’ouest, Bilou espère minimiser les risques de ralentissement dans le pot-au-noir. Mais attention à la « bête », comme dirait Yann Eliès. Elle n’a peut-être pas encore terminé son travail de sape…
A la uneBrèves
Bilou revient parmi les siens
20.11.2008
Derek Hatfield dans les grains
19.11.2008Le skipper d’Algimouss Spirit of Canada, au large de Madère, envoyait ce message à la direction de course : “Tout va bien à bord. J’essaie de gagner du terrain sur les bateaux de tête. Il y a des grains aux alentours qui perturbent pas mal mon rythme de navigation et je dois rester vigilant pour ne pas casser de matériel. Bien à vous, Derek »
Dominique Wavre au ralenti
19.11.2008« J’ai moins de 6 nœuds de vent en ce moment, les fichiers m’en prévoyaient un peu plus aujourd’hui, j’ai l’impression d’être déjà dans le pot au noir alors que j’en suis encore à 200 milles, je progresse à 6 nœuds, on se fait secouer par une petite houle, le bateau a de la peine à trouver son allure. Cette bulle me ralentit depuis la mi-journée, Je l’ai sentie arriver progressivement au petit matin, et depuis la situation ne s’est pas vraiment arrangée.»
Le pot au noir selon Golding
19.11.2008« C'est une zone assez imprévisible. On dit que c'est un chaudron, car c'est le lieu de naissance de beaucoup de systèmes météorologiques. Un véritable chaudron d'air bouillonnant. Le problème est que l'on ne sait jamais quand ils vont se présenter. Les modèles météo n'arrivent pas à les prédire, les experts météorologiques et les scientifiques non plus. Tout ce qu'il vous reste, ce sont vos propres observations sur place ».
Steve White dans l’étuve
19.11.2008« C'est une atmosphère d'étuve. Une chaleur écrasante. Le ciel est dégagé, la mer est bleue et je ne vois guère de nuages. On garde la même voilure depuis un certain temps - GV, spinnaker et parfois la trinquette selon l'angle et on arrive parfois à des pointes de 17 à 18 nœuds, tout en descendant à 11-12 nœuds, car le vent reste très variable. Cela fait peur par moments, car j'ai eu des soucis de pilote et c'est un peu inquiétant à une vitesse de 17-18 nœuds. Je suis content chaque jour de voir que tout fonctionne encore. J'ai discuté hier avec Mark, l'électricien et il m'a dit que je suis sans doute la seule personne de la flotte avec un système informatique qui date d'il y a neuf ans. Mais si un jour j'ai des soucis avec, tout risque de basculer rapidement. C'est pour ça que pour le moment je suis soulagé ».
Beyou et la métamorphose de l’homme en sanglier
19.11.2008« Je suis devenu depuis le départ plus un "sanglier" qu'un homme civilisé ! Le "sanglier", c'est le marin barbu, soucieux de sa machine et de sa météo, obnubilé par la notion de performance. L'unique préoccupation du sanglier est d'être devant la meute et d'être sûr d'avoir à manger le soir. Voilà, profitez de ces dernières phrases encore intelligibles, avant que je ne me renferme encore un peu plus sur moi-même, sur mon globe. Cette course est dure, prenante, et c'est vrai que la faire partager au plus grand nombre est un plaisir, mais j'ai l'impression aussi que, plus je m'éloigne, moins nous parlons le même langage. 20 noeuds grand spi, c'est un peu chaud... Je vous laisse ! Jérémie."