« J'ai franchi l’équateur ce matin à environ 03h30. Je ne me souviens pas de l'heure exacte, mais j'ai ouvert une bouteille du vin, qui m'avait été offerte par Norbert Sedlacek. C'était bien, et j'ai versé un petit peu sur le bateau et j’en ai offert un peu à Neptune en réservant un peu pour moi-même. Il n'y avait pas beaucoup pour moi en fait. C’était ma première fois ! C'est un peu bizarre en fait. C'est marrant de voir le GPS avec les chiffres qui descendent et puis qui remontent. Je suppose que c'était un moment important pour moi, pas seulement parce que c'était ma première fois. C'est comme tout autre plan d'eau en fin de compte, mais du point de vue psychologique, c'est un rappel que je suis toujours en course. Mais je ne vais pas me couvrir de flocons d'avoine refroidis ou me frapper avec une manette de winch, ce qu’auraient souhaité certaines personnes. C'était assez calme et classique et je suis heureux d'avoir traversé sans avoir eut de soucis. Maintenant il faut que je continue de grappiller quelques milles sur ceux qui sont devant et de reprendre un peu du terrain perdu. » Steve White (Toe in the water)
A la uneBrèves
La toute première fois
24.11.2008Peyron droit vers l’anticyclone
24.11.2008« Ça avance pas mal depuis cette nuit. Le vent a brutalement tourné dans la bonne direction et souffle à 20 nœuds moyen. Ce n’était pas vraiment prévu par les fichiers. Là, on va droit vers l’anticyclone de Sainte-Hélène. Y aura-t-il un passage à niveau ? C’est possible. Cette descente de l’Atlantique Sud est longue. Cette partie de course, à la descente comme à la remontée, est assez routinière. » Loïck Peyron (Gitana Eighty)
Chant et bricolage
24.11.2008« Il y eut des grains toute la nuit. D'immenses nuages arrivaient sur le bateau toutes les trente minutes et le vent changeait beaucoup en force et en direction. Difficile donc de dormir dans ces conditions car il faut sans cesse régler le bateau. Je navigue au vent de travers, Paprec-Virbac 2 a accéléré, c'est humide sur le pont. Je me rapproche tout doucement de Sébastien Josse et je distance Vincent Riou. C'est positif tout cela ! Plus on descend dans le Sud, plus on se rapproche de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dès aujourd'hui, je vais passer du temps à la table à cartes pour définir une stratégie. Attends, je vais choquer ma grand-voile, un grain arrive. Me revoilà. Sinon tout va bien, je mange bien, je chante, je bricole. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.
Très humide sur le pont
24.11.2008« C’est sympa cette accélération du matin… Mais c’est plus humide ! Il y a 20-25 nœuds de vent réel et BT marche à 18-20 nœuds. La mer est plus ordonnée et je suis vent de travers. Le près est derrière nous… mais aussi devant ! L’anticyclone se décale lentement vers l’Est : il revient à sa position habituelle. En ce moment, ça commence à être du sport ! J’ai réglé les voiles, j’en ai reculé une sur le pont : ça mouille ! Je navigue avec grand voile haute et un ris… » Sébastien Josse (BT) à la vacation radio de 11h00
Ecole de patience
24.11.2008« ça glisse, mais ça secoue ! Je pousse au maximum en ce moment : il y a quinze nœuds de vent réel bien orienté près du travers et Temenos marche à quatorze nœuds. La mer reste chaotique… Après deux semaines de course, je suis en bonne forme. J’ai parlé hier avec Jérémie (Beyou) trois fois et je l’ai même croisé quand il faisait route vers le Brésil. En ce moment, la météo est une école de patience : pas facile de démêler ce qui va se passer devant. Cela dépend de l’anticyclone… Je suis donc en position d’attente : il n’est pas possible d’établir une stratégie ! » Dominique Wavre (Temenos II) à la vacation radio de 11h00
Dans son rythme
24.11.2008« Il y a dix-sept nœuds de vent en ce moment. Un front est passé la nuit dernière avec une rotation du vent après et plus de brise. Il faut jouer entre accélérateur et frein pour préserver le bateau. J’essaye de rester en accord avec mon rythme : je pense l’avoir trouvé et si je suis un peu en deça par rapport à la tête de la flotte, je sais que le Vendée Globe, c’est long ! En ce moment, il y a des instants privilégiés : à poil dans les embruns pour prendre une douche à l’avant… Il faut tout de même se méfier des énervés qui attaquent : ce fut d’abord Loïck (Peyron), puis Jean (Le Cam), Seb (Josse) et maintenant Mike (Golding). Mais il y a eu un rappel à l’ordre avec l’avarie de gréement de Jérémie (Beyou)… » Yann Eliès (Generali)