« J’ai pris un ris pour la première fois depuis trois jours ! Il y avait des rafales à plus de vingt nœuds. La mer est cabossée : il faudrait une pelleteuse pour la lisser… La nuit a été agitée avec des molles et des grains, surtout que la mer n’était pas dans le sens du vent. Je n’ai pas touché la barre depuis ma sortie du Pot au Noir ! Et le pilote consomme très peu. Je regarde la météo et je m’interroge sur l’options que prennent les leaders… Ce ne sera pas pareil dans six jours ! » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation radio de 11h00.
A la uneBrèves
Prévisions à six jours
24.11.2008
Mouettes tridactyles
24.11.2008« Le vent est très irrégulier. Du coup, je passe beaucoup de temps à manœuvrer la grand voile et le (foc) solent même si j’ai le plus souvent un ris dans la grand voile. Je joue également avec le ballast d’inertie quand le bateau tape trop. J’ai l’impression qu’un petit front est passé. Hier soir, après un grain, j’ai eu une heure de pétole (moins de 6 noeuds). J’en ai profité pour affaler la grand voile et inspecter les chariots. À bord, l’ambiance est au saute-mouton. Il fait très chaud et j’ai du mal à manger et à dormir dans la journée. L’avantage avec tout ça, c’est que les panneaux solaires rechargent très bien ce qui m’évite de démarrer le moteur qui est une source de chaleur.?La véranda est toujours en mode penché de gauche à droite, c’est un coup à attraper un torticolis.?J’ai fait tourner la météo et le routage et voici les perspectives pour les prochains jours :?je m’attends à du près – reaching jusqu’au 1er décembre, bâbord amure évidemment avec des adonnantes prévisibles à l’observation des nuages. Pour le paysage, c’est ciel bleu avec des vagues de deux mètres orientées Est – Sud Est. Je vois des mouettes tridactyles que j’ai identifiées grâce à mon bouquin. Elles chassent les poissons volants en criant. Très sympa à voir. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas) par mail.
L’ange Gabriel
24.11.2008« J’ai contourné l’île de Santo Antao en fin de nuit, soit en un peu plus d’une semaine ! Beau score ! Cette île culmine à presque 3 000 m d’altitude et j’en ai ressenti le dévent ce matin, alors que j’étais pourtant situé à 100 km en dessous ! L’avion Maisonneuve à Mach 3 depuis une semaine, c’est un peu usant ! Une semaine comme ça, vous comprendrez qu’on ait besoin de se soulager les oreilles ! Je suis bien content d’être au Cap Vert. C’est vraiment un coin que j’adore même si, pendant la Transat Jacques Vabre 2005, nous l’avions surnommé les “îles du calvaire” (faute de vent) et que je m’y étais arrêté pendant la Mini 6.50 pour réparer une barre de flèche… Il y a d’autres bons souvenirs quand même… Mindelo sur l’ile de Sao Vicente, où l’accueil avait été incroyable, notamment par un certain Gabriel (un ange local?), qui m’avait pris en charge pour résoudre tous mes problèmes tout en me faisant découvrir la culture locale, la nourriture, la maison de Césaria Evora, la musique capverdienne… » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve)
La toute première fois
24.11.2008« J'ai franchi l’équateur ce matin à environ 03h30. Je ne me souviens pas de l'heure exacte, mais j'ai ouvert une bouteille du vin, qui m'avait été offerte par Norbert Sedlacek. C'était bien, et j'ai versé un petit peu sur le bateau et j’en ai offert un peu à Neptune en réservant un peu pour moi-même. Il n'y avait pas beaucoup pour moi en fait. C’était ma première fois ! C'est un peu bizarre en fait. C'est marrant de voir le GPS avec les chiffres qui descendent et puis qui remontent. Je suppose que c'était un moment important pour moi, pas seulement parce que c'était ma première fois. C'est comme tout autre plan d'eau en fin de compte, mais du point de vue psychologique, c'est un rappel que je suis toujours en course. Mais je ne vais pas me couvrir de flocons d'avoine refroidis ou me frapper avec une manette de winch, ce qu’auraient souhaité certaines personnes. C'était assez calme et classique et je suis heureux d'avoir traversé sans avoir eut de soucis. Maintenant il faut que je continue de grappiller quelques milles sur ceux qui sont devant et de reprendre un peu du terrain perdu. » Steve White (Toe in the water)
Peyron droit vers l’anticyclone
24.11.2008« Ça avance pas mal depuis cette nuit. Le vent a brutalement tourné dans la bonne direction et souffle à 20 nœuds moyen. Ce n’était pas vraiment prévu par les fichiers. Là, on va droit vers l’anticyclone de Sainte-Hélène. Y aura-t-il un passage à niveau ? C’est possible. Cette descente de l’Atlantique Sud est longue. Cette partie de course, à la descente comme à la remontée, est assez routinière. » Loïck Peyron (Gitana Eighty)
Chant et bricolage
24.11.2008« Il y eut des grains toute la nuit. D'immenses nuages arrivaient sur le bateau toutes les trente minutes et le vent changeait beaucoup en force et en direction. Difficile donc de dormir dans ces conditions car il faut sans cesse régler le bateau. Je navigue au vent de travers, Paprec-Virbac 2 a accéléré, c'est humide sur le pont. Je me rapproche tout doucement de Sébastien Josse et je distance Vincent Riou. C'est positif tout cela ! Plus on descend dans le Sud, plus on se rapproche de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dès aujourd'hui, je vais passer du temps à la table à cartes pour définir une stratégie. Attends, je vais choquer ma grand-voile, un grain arrive. Me revoilà. Sinon tout va bien, je mange bien, je chante, je bricole. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.