Dépêches
Le lundi 24 novembre 2008 à 19:25Gain, perte et casse
« On ne gagne pas le Vendée Globe à l’issue de la descente de l’Atlantique, mais on peut y perdre pratiquement toutes chances de victoire. Il y a quatre ans, Mike Golding s’est fait décrocher peu après les îles Canaries, suite à un mauvais placement sur le plan d’eau. Ensuite, il n’a fait que cravacher pour revenir finalement à la troisième place. Heureusement pour lui, il avait un excellent bateau, sans doute le meilleur de l’époque… L’analyse des précédentes éditions montre que ce n’est pas dans les mers du Sud que les écarts se creusent ou se réduisent sur un coup météo. Mais c’est bien dans cette partie du parcours que les casses matérielles sont souvent irréversibles. Le jeu est donc clair. Il faut aller chercher du vent, mais pas trop non plus, en évitant de se trouver dans les secteurs où les passages de front sont extrêmement francs. Avec la rotation rapide des vents, la mer déjà grosse, peut devenir alors très dangereuse ». Marc Guillemot (Safran)
Le lundi 24 novembre 2008 à 19:16Coffre-fort
« La nuit a été plus mouvementée que d'habitude car il y a eu pas mal de grains donc il fallait régler les voiles et jouer sur les ballasts. Sinon la vie à l'intérieur, c'est un peu comme dans un coffre fort. Tout est fermé car ça mouille pas mal à l'extérieur. Et puis comme c'est fermé, il fait chaud et comme il fait chaud je transpire ! Mais ne pensez pas que ça sente mauvais, je me lave tous les jours ! L'anticyclone de Sainte Hélène m'a posé pas mal de souci ! Il se trouve actuellement juste en face de nous, mais devrait retrouver sa place initiale dans l'Est dans les jours à venir. Ce qui est parfait, on va pouvoir passer tout droit... » Sébastien Josse (BT) par mail
Le lundi 24 novembre 2008 à 18:45Gros dodo
« ça accélère ! Il y a seize nœuds de vent et je marche à quatorze nœuds… Le ciel est bleu, le bateau est au débridé, il fait beau, chaud himide dehors… Le pilote travaille bien et je suis en pleine forme après deux semaines de course. Les conditions de navigation n’étaient pas trop physiques depuis le Pot au Noir ! Je me suis bien reposé et j’ai beaucoup dormi… » Samantha Davies (Roxy) à la vacation radio de 11h00
Le lundi 24 novembre 2008 à 18:01Prévisions à six jours
« J’ai pris un ris pour la première fois depuis trois jours ! Il y avait des rafales à plus de vingt nœuds. La mer est cabossée : il faudrait une pelleteuse pour la lisser… La nuit a été agitée avec des molles et des grains, surtout que la mer n’était pas dans le sens du vent. Je n’ai pas touché la barre depuis ma sortie du Pot au Noir ! Et le pilote consomme très peu. Je regarde la météo et je m’interroge sur l’options que prennent les leaders… Ce ne sera pas pareil dans six jours ! » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation radio de 11h00.
Le lundi 24 novembre 2008 à 17:34Mouettes tridactyles
« Le vent est très irrégulier. Du coup, je passe beaucoup de temps à manœuvrer la grand voile et le (foc) solent même si j’ai le plus souvent un ris dans la grand voile. Je joue également avec le ballast d’inertie quand le bateau tape trop. J’ai l’impression qu’un petit front est passé. Hier soir, après un grain, j’ai eu une heure de pétole (moins de 6 noeuds). J’en ai profité pour affaler la grand voile et inspecter les chariots. À bord, l’ambiance est au saute-mouton. Il fait très chaud et j’ai du mal à manger et à dormir dans la journée. L’avantage avec tout ça, c’est que les panneaux solaires rechargent très bien ce qui m’évite de démarrer le moteur qui est une source de chaleur. La véranda est toujours en mode penché de gauche à droite, c’est un coup à attraper un torticolis. J’ai fait tourner la météo et le routage et voici les perspectives pour les prochains jours : je m’attends à du près – reaching jusqu’au 1er décembre, bâbord amure évidemment avec des adonnantes prévisibles à l’observation des nuages. Pour le paysage, c’est ciel bleu avec des vagues de deux mètres orientées Est – Sud Est. Je vois des mouettes tridactyles que j’ai identifiées grâce à mon bouquin. Elles chassent les poissons volants en criant. Très sympa à voir. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas) par mail.
Le lundi 24 novembre 2008 à 17:08L’ange Gabriel
« J’ai contourné l’île de Santo Antao en fin de nuit, soit en un peu plus d’une semaine ! Beau score ! Cette île culmine à presque 3 000 m d’altitude et j’en ai ressenti le dévent ce matin, alors que j’étais pourtant situé à 100 km en dessous ! L’avion Maisonneuve à Mach 3 depuis une semaine, c’est un peu usant ! Une semaine comme ça, vous comprendrez qu’on ait besoin de se soulager les oreilles ! Je suis bien content d’être au Cap Vert. C’est vraiment un coin que j’adore même si, pendant la Transat Jacques Vabre 2005, nous l’avions surnommé les “îles du calvaire” (faute de vent) et que je m’y étais arrêté pendant la Mini 6.50 pour réparer une barre de flèche… Il y a d’autres bons souvenirs quand même… Mindelo sur l’ile de Sao Vicente, où l’accueil avait été incroyable, notamment par un certain Gabriel (un ange local?), qui m’avait pris en charge pour résoudre tous mes problèmes tout en me faisant découvrir la culture locale, la nourriture, la maison de Césaria Evora, la musique capverdienne… » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve)
Le lundi 24 novembre 2008 à 16:07La toute première fois
« J'ai franchi l’équateur ce matin à environ 03h30. Je ne me souviens pas de l'heure exacte, mais j'ai ouvert une bouteille du vin, qui m'avait été offerte par Norbert Sedlacek. C'était bien, et j'ai versé un petit peu sur le bateau et j’en ai offert un peu à Neptune en réservant un peu pour moi-même. Il n'y avait pas beaucoup pour moi en fait. C’était ma première fois ! C'est un peu bizarre en fait. C'est marrant de voir le GPS avec les chiffres qui descendent et puis qui remontent. Je suppose que c'était un moment important pour moi, pas seulement parce que c'était ma première fois. C'est comme tout autre plan d'eau en fin de compte, mais du point de vue psychologique, c'est un rappel que je suis toujours en course. Mais je ne vais pas me couvrir de flocons d'avoine refroidis ou me frapper avec une manette de winch, ce qu’auraient souhaité certaines personnes. C'était assez calme et classique et je suis heureux d'avoir traversé sans avoir eut de soucis. Maintenant il faut que je continue de grappiller quelques milles sur ceux qui sont devant et de reprendre un peu du terrain perdu. » Steve White (Toe in the water)
Le lundi 24 novembre 2008 à 15:25Peyron droit vers l’anticyclone
« Ça avance pas mal depuis cette nuit. Le vent a brutalement tourné dans la bonne direction et souffle à 20 nœuds moyen. Ce n’était pas vraiment prévu par les fichiers. Là, on va droit vers l’anticyclone de Sainte-Hélène. Y aura-t-il un passage à niveau ? C’est possible. Cette descente de l’Atlantique Sud est longue. Cette partie de course, à la descente comme à la remontée, est assez routinière. » Loïck Peyron (Gitana Eighty)
Le lundi 24 novembre 2008 à 14:51Chant et bricolage
« Il y eut des grains toute la nuit. D'immenses nuages arrivaient sur le bateau toutes les trente minutes et le vent changeait beaucoup en force et en direction. Difficile donc de dormir dans ces conditions car il faut sans cesse régler le bateau. Je navigue au vent de travers, Paprec-Virbac 2 a accéléré, c'est humide sur le pont. Je me rapproche tout doucement de Sébastien Josse et je distance Vincent Riou. C'est positif tout cela ! Plus on descend dans le Sud, plus on se rapproche de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dès aujourd'hui, je vais passer du temps à la table à cartes pour définir une stratégie. Attends, je vais choquer ma grand-voile, un grain arrive. Me revoilà. Sinon tout va bien, je mange bien, je chante, je bricole. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.
Le lundi 24 novembre 2008 à 13:26Recife plutôt que Bahia
« Salut à tous. Une nuit pas facile vient de s'écouler. La barre de flèche du haut que je soupçonnais atteinte a fini par lâcher elle aussi. Il a fallu ressaisir le mât avec des drisses, entre les grains et surtout entre les cargos. C'est là que tu vois que -à terre comme en mer- il y a des gens compréhensifs et des vrais cons ! Certains cargos t'appellent et se déroutent, d'autres font semblant de ne pas te comprendre... Un peu chaud donc les slaloms, d'autant que je ne peux pas empanner. Ces nouvelles conditions font que je fais cap vers Recife. Il faut que
j'abrite le bateau au plus vite afin d'arrêter de me faire bouger dans tous les sens par les vagues. L'objectif, c'est d'arriver à l'abri avec un mât en un morceau. J'évite de me projeter plus loin que cela pour le moment, peut-être par pragmatisme, mais surtout par peur d'imaginer le pire.
Parce que c'est déjà bien assez dur de devoir supporter le fait d'avoir dû sortir de la jolie échappée que nous étions en train de mener moi et mes neuf compères. Naviguer comme ça au contact, avec peu d'écarts de vitesse, en tête de la flotte, c'est vraiment ça que j'attendais de ce Vendée Globe. C'est une énorme frustration. Entre l'instant ou j'ai découvert le problème et le moment où j'ai tiré la barre pour faire demi-tour, il s'est passé de longues minutes. Je n'arrivais pas à y croire. Je fus pris d'une espèce de rire nerveux, irrépressible. Je
me suis dis "aller c'est pas possible, ça va se remettre en place. c'est une blague!". Et bien non. Il a fallu se résoudre à abattre et à encaisser. Et puis j'ai déjà vécu le même histoire l'an dernier. Et pourtant cette fois-ci j'étais prêt. Confiant dans mon matériel. Motivé comme jamais. Oui mais voilà, il n'y a pas de justice en mer. Les éléments ne savent pas être équitables et les mauvaises passes peuvent durer longtemps, trop longtemps.
Quel sentiment m'habite aujourd'hui? Une sorte de haine. L'envie de tout recommencer, de me retrouver quelques semaines plus tôt aux Sables avec d'autres pièces de mât que celles-là, prêt à repartir. Mais la machine à remonter le temps n'existe pas. Il faudra attendre quatre ans, trouver d'autres courses, et oublier si possible celle-ci. Essayons de dédramatiser : il y a pire dans la vie ! Mais je ne suis pas le seul impliqué dans ce projet. Le coup est dur pour Delta Dore, mon équipe, mes amis, ma famille. En plus d'être triste pour moi, je suis malheureux pour eux. Je vous tiens au courant de ma progression… » Jérémie Beyou (Delta Dore) par mail.
Infos précédentes :
- Le 24 novembre 2008 à 12:42 : Très humide sur le pont
- Le 24 novembre 2008 à 12:17 : Ecole de patience
- Le 24 novembre 2008 à 11:41 : Dans son rythme
- Le 24 novembre 2008 à 11:29 : La vie dans les alizés
- Le 24 novembre 2008 à 09:59 : « Comme un lundi »
- Le 24 novembre 2008 à 09:29 : Grain de folie
- Le 24 novembre 2008 à 07:13 : « Pour vivre heureux, vivons penchés »
- Le 23 novembre 2008 à 19:57 : En route vers Bahia
- Le 23 novembre 2008 à 19:35 : Tête à l’envers
- Le 23 novembre 2008 à 18:44 : Explication météorologique
Flash infos
- 18/11/09 à 11:47 - Des nouvelles de JP Dick
- 02/11/09 à 12:31 - Dee Caffari et Brian Thompson, ...
- 08/10/09 à 18:53 - Vincent Riou blessé
- 19/09/09 à 19:08 - Entraînement au large de la ...
- 29/08/09 à 15:04 - BT en chantier à Port La Foret ...
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