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Dépêches

 

Le mardi 25 novembre 2008 à 18:36Le péage de Sainte-Hélène

Le péage de Sainte-Hélène

« Nous naviguons désormais à 90° du vent, perpendiculaire aux alizés. J'avance entre 14 et 17 noeuds selon les variations du vent, selon les grains. La force du vent évolue rapidement et il faut être réactif, régler les voiles, jouer avec les ballasts. Même s'il n'y a pas de changements de voiles à faire, je suis grand voile haute et solent, il faut souvent sortir pour veiller aux réglages et travailler en permanence à l'équilibre du bateau. Indéniablement, je me suis fait un peu violence pour sortir de ma ligne de conduite un peu conservatrice pour donner un grand coup d'accélérateur aujourd'hui. Je tire un peu plus sur le bateau sans trop me stresser, en confiance. La physionomie de la course, avec des coureurs très rapides comme Peyron, Josse ou Golding qui impriment un rythme très soutenu et qui attaquent en permanence, me force à sortir un peu de ma réserve et à surenchérir avec eux en vitesse et en précision. Personne ne lâche rien. Tout le monde a envie de tester son bateau avant d'entrer dans le grand Sud. C'est aussi le moment de pousser le matériel, afin que ce qui doit casser le fasse dès maintenant.
Il existe une petite fenêtre pour passer cet espèce de « péage » matérialisé par l'anticyclone de Sainte-Hélène d'ici trois ou quatre jours. Il faut se caler sur les premiers afin que personne ne s'échappe, si d'aventure cette fenêtre très étroite se refermait sur les poursuivants. Une fois dans le Sud, on va aligner des grosses moyennes, de l'ordre d'une quinzaine de noeuds et il sera difficile de se refaire... C'est Peyron qui imprime le tempo, donne le "La" et est en tête de course. Il impressionne parce qu'il ne relâche jamais la pression, dans le petit ou le gros temps. Dans son rythme et dans sa rigueur au niveau des réglages, il est très impressionnant.
C’est vraiment agréable de pouvoir pousser sur l'accélérateur quant on le souhaite, attaquer à volonté pour combler un retard le cas échéant. L'intérêt est de pouvoir préserver le matériel et attaquer à bon escient, pour terminer cette course à la meilleure place.
» Yann Eliès (Generali) par mail.

 

Le mardi 25 novembre 2008 à 17:56Avec des pincettes

Avec des pincettes

« J’ai eu des passages de grains ce matin, le vent varie en moyenne de 10 à 20 nœuds, avec au plus fort des pointes à 25 nœuds, et quelques passages très calmes entre les grains avec tout juste 8 nœuds. Et même si pendant le grain tu accélères pendant une vingtaine de minutes, à sa sortie tu te retrouves ralenti dans un vent beaucoup moins fort : au final quand tu fais les comptes, tu ne gagnes pas grand-chose. On a une mer assez forte de face, le bateau est bien ballotté en particulier quand le vent mollit. Il tangue énormément et cela casse sa vitesse. Il lui faut 15 nœuds de vent minimum pour qu’il puisse trouver une allure régulière. J’ai eu plusieurs grands refus et je me suis retrouvé au près : il faut être sans arrêt derrière les bouts (cordages) si l’on veut avancer correctement, c’est une navigation très appliquée en ce moment ! On a encore au moins deux jours à passer dans ce type de conditions puis l’anticyclone a l’air de vouloir bouger un peu vers l’Est : il nous laisserait la voie libre. Les premiers pourraient être davantage ralentis, ça parait un scénario plausible. Si j’en crois les routages, on pourrait réduire l’écart d’une centaine de milles avant la porte Sud-Africaine mais ces prévisions sont à prendre avec des pincettes, et je dirais même avec des pinces brucelles ! (ndlr, pinces très fines destinées aux travaux de précisions). Les modèles météo ne sont pas toujours très pertinents quand il s’agit du déplacement des hautes pressions. C’est donc très difficile de faire des prévisions fiables, j’essaye d’envoyer du fluide à l’anticyclone pour qu’il bouge au bon moment ! Si l’anticyclone bouge doucement, j’arriverais à me glisser sur sa bordure Ouest, en gagnant un peu de terrain, s’il se déplace vite alors j’aurais perdu du terrain, c’est un peu un pari compte tenu de la fiabilité des modèles météo, mais je suis un peu obligé d’en faire si je veux reprendre des milles sur les premiers. » Dominique Wavre (Temenos II) par mail 

Le mardi 25 novembre 2008 à 17:44Mauvaise brochure…

Mauvaise brochure…

 « Ce n’est pas ce que promettait la brochure ! Je me suis fait avoir ! J’ai fait ça pendant six mois et c’est nul. Et maintenant, je suis sur un bateau qui n’aime vraiment pas ces conditions. Ça m’affecte sans doute moins à cause de l’Aviva Challenge mais la différence, cette fois, c’est le bruit. Ces 60 pieds Open sont très bruyants au près. On m’a vendu une super descente au portant et voilà que je me retrouve encore au près ! On m’a bien eue ! C’est très inconfortable, très humide sur le pont mais toujours chaud et ensoleillé. C’est difficile de faire des choses et ce n’est pas la vie facile parce que c’est assez stressant. Les vagues sont courtes et dures et tout grince quand le bateau retombe. La tension se retrouve toute entière sur un côté mais il n’y a aucun moyen de changer quoique ce soit parce que l’autre bord serait atroce. Je passe mon temps à régler les voiles, remplir ou vider les ballasts, prendre des ris et les renvoyer, à regarder la météo, faire mes e-mails ou vérifier le bateau. Ca me parait dingue qu’il y ait tant à faire ! Le vent varie actuellement et va de 10 à 42 nœuds ! Ce n’est pas trop fatigant, mais ça use parce que tu veux que le bateau se remette à plat, tu veux pouvoir marcher sans avoir à t’agripper partout et aller aux toilettes comme une personne normale ! » Dee Caffari (Aviva) par mail.

Le mardi 25 novembre 2008 à 16:49Meilleures moyennes

Meilleures moyennes

« Nous faisons notre propre petite course ici avec Temenos et Safran. Hier, j'ai passé la journée avec Dominique Wavre et nous avons fait une belle régate dans des conditions similaires à celles d'aujourd'hui. Et en comparaison avec Marc Guillemot? Nous sommes fondamentalement différents… Depuis quelques jours, nos performances sont cependant similaires, avec un petit avantage peut-être pour Safran. Il était un peu plus à l'Est, ce qui l'a peut-être aidé, mais la différence est minime. Je me souviens qu'au début de la course aussi, Safran a été très rapide, et il glisse bien, notamment au près, ce qui est assez surprenant, quand on regarde les appendices, mais peut-être que son bouchain l'aide au près. Mais en tout cas, avec Ecover 3, Safran va très vite en ce moment et réalise les meilleures moyennes. » Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à la vacation radio de 11h00. 

Le mardi 25 novembre 2008 à 16:37Plein sud pour Le Cléac’h

Plein sud pour Le Cléac’h

Armel Le Cléac’h (Brit Air), à la vacation du jour :
« Depuis hier soir, le vent est bien rentré. Il souffle à 27 nœuds. Ça va vite. Le bateau fait des pointes à 21-22 nœuds. L’ambiance est assez humide dehors. Ça mouille pas mal quand on va manœuvrer. L’angle de vent est assez stable depuis 2-3 jours mais le vent oscille entre 14 et 25 nœuds. Je joue sur les ballasts et les prises de ris. La question du jour est l’anticyclone de Sainte-Hélène. La situation n’est pas classique. L’anticyclone est très sud-ouest. Cela nous oblige à descendre plein sud. »

 

Le mardi 25 novembre 2008 à 16:01Des îles étranges…

Des îles étranges…

 « Il fait très beau aujourd’hui : le vent est un peu plus fort le matin et il faiblit vers midi. Il fait moins chaud et c’est très agréable… Même si on vit toujours penché : on finit par s’habituer. Mais ce qui est pénible, ce sont les sauts de vague… Je ne suis jamais allé plus au Sud que Salvador de Bahia. Je ne connais pas ces régions : il n’y a pas beaucoup de terres à voir, mais je fais le Vendée Globe aussi pour aller découvrir cette ambiance du Sud. Il y a des îles étranges comme Tristan da Cunha. On est en cours certes, mais c’est toujours une aventure… » Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à la vacation radio de 11h00.

Le mardi 25 novembre 2008 à 15:18Seaux d’eau

Seaux d’eau

« Le temps est remuant ! On se prend des seaux d’eau sur la tête… On court après l’anticyclone, en fait non, c’est lui qui nous court devant. Si tout se passe bien, on va pouvoir le contourner par l’Ouest. Actuellement, ça propulse à 19 nœuds… » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation radio de 11h00.  

Le mardi 25 novembre 2008 à 14:26Girouette en vrac

Girouette en vrac

« Aller vite avec la mer de face, c’est chaud ! Il faut être vigilant car le bateau part parfois à plus de vingt nœuds… Il faut savoir choquer les voiles pour ralentir. Il y a entre 17 et 23 nœuds de brise et PRB marche à 17 nœuds. J’ai perdu du terrain la nuit dernière car j’ai eu un problème de girouette en tête de mât : il a fallu rétablir le bateau, changer de pilote, switcher la girouette… On va faire un grand tour ! Un joli détour aussi… En passant à l’Ouest de la cellule anticyclonique. Mais cela reste un schéma, ce n’est pas fiable à 100%. Mais c’est étonnant ces changements d’alizés : un peu stressant et très secouant. » Vincent Riou (PRB) à la vacation radio de 11h00.  

Le mardi 25 novembre 2008 à 14:05Sous le soleil

Sous le soleil

« Ça va bien : le soleil brille. J’ai fait un changement de voile en passant du foc solent à la trinquette. J’avance à onze nœuds. C’est tout de même meilleur ici que dans le golfe de Gascogne ! J’accumule une incroyable expérience. Les nouveaux monocoques sont étonnants… J’ai eu un petit problème au dos car je suis tombé dans le cockpit mais cela va de mieux en mieux maintenant. » Rich Wilson (Great American III) à la vacation radio de 11h00 (en français dans le texte !) 

Le mardi 25 novembre 2008 à 13:47Un Pot pas si noir…

Un Pot pas si noir…

« J’ai passé le Cap Vert lundi soir. Je retrouve du vent en ce moment et l’entrée dans le Pot au Noir n’a pas l’air si noire que ça ! Ce passage pourrait ne pas être trop douloureux… Je ne m’attendais pas à recoller autant et je suis content d’avoir mis le pied sur l’accélérateur . Je ne regarde pas trop les positions des leaders. Mais à ce rythme, je vais peut-être réaliser le meilleur temps entre Les Sables d’Olonne et l’équateur. Le bateau va bien, je n’ai pas de souci mais il faut être dessus. J’ai vraiment plaisir à naviguer ici ! » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) à la vacation radio de 11h00.