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Dépêches

 

Le mercredi 26 novembre 2008 à 13:25Chaud devant… et dehors

Chaud devant… et dehors

« Ça fonce et c’est mouillé ! 18-19 nœuds de vitesse : ce sont de bonnes conditions pour aller au Sud. Ils vont ralentir devant et je vais bien me rapprocher. La mer est croisée et je vais passer dans l’Ouest des îles de Trindade. Et il fait encore très chaud : 27°C à l’ombre… » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation radio de 11h00.  

Le mercredi 26 novembre 2008 à 12:21Gueule de bois…

Gueule de bois…

« On s’est tellement fait brasser la nuit dernière que j’ai la gueule de bois ! Les bateaux sont violents mais tellement extraordinaires… Tu as mal pour lui et le skipper est tout cabossé. J’ai les mains, les pieds et les yeux gonflés ! Je viens de me réveiller et il n’y a plus que 14 nœuds de vent : je vais renvoyer de la toile. Avec l’anticyclone devant, Foncia, Pindar, Temonos, Safran… vont revenir sur nous à pas cher ! Il faut trouver une fenêtre pour sortir de ces hautes pressions. » Yann Eliès (Generali) à la vacation radio de 11h00. 

Le mercredi 26 novembre 2008 à 11:51Petit déjeuner

Petit déjeuner

« Je suis en train de me faire des œufs au bacon… Ca a secoué pas mal ces dernières 48 heures mais ça avance ! Je mets un peu en sourdine car ça tape et ce n’est pas très productif. C’est frustrant et long cette descente, pas rapide et pas confortable… Je lis beaucoup : j’ai quarante bouquins en stock ! Là, j’en suis au tome 3 de « Millenium »… C’est dangereux ces livres-là : on arrive pas à les lâcher mais ça aère les méninges. L’anticyclone est une embrouille : on vise au milieu car c’est le meilleur moyen de rater la cible… Ce n’est pas gênant d’être en tête car il n’y a pas de choix stratégique depuis l’équateur. Le vent est toujours irrégulier et je progresse entre 14 et 17 nœuds. » Loïck Peyron (Gitana Eighty) à la vacation radio de 11h00.  

Le mercredi 26 novembre 2008 à 11:24Boules Quiès

Boules Quiès

« Je suis obligé de mettre des boules Quiès ! Je reviens dans le match et ça fait plaisir. Surtout avec la situation anticyclonique qui se présente devant… Et qui se décale vers l’Est : c’est favorable pour moi mais est-ce que je vais repartir avec eux ? Ca vaut le coup de cravacher : je marche à 16,5 nœuds en ce moment. Mais ça fait mal pour le bateau. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation radio de 11h00. 

Le mercredi 26 novembre 2008 à 07:37Au large de Trindad

Au large de Trindad

« Passage de Brit Air cette nuit au large de l'île de Trindad. Je lisais hier un peu de mon 2è livre "la longue route" de Bernard Moitessier et en voici un extrait : 

"Terre en vue le lendemain 29 septembre 1968. Le vent tient de nord-est, force 3, régulier sous un ciel absolument bleu... Trindad grossit, grossit, révélant peu à peu ses couleurs, puis ses détails. L'île est haute, très découpée, avec de grandes falaises et des à pics dont les teintes virent du bleu foncé au mauve selon leur orientation par rapport au soleil. Il y a aussi des touches de rose, mais très peu de vert. Cette île est belle, très belle. J'aimerais en faire le tour, à toute petite distance des falaises, perché sur la première barre de flèche pour surveiller les fonds. Je parie qu'elle est franche à toucher."

Malheureusement pour moi, cette île restera qu'un point sur la carte et je ne pourrai pas admirer ses belles couleurs. Peut-être une autre fois qui sait ? Bonne journée. » Armel Le Cléac’h (Brit Air)

 

Le mercredi 26 novembre 2008 à 07:13« Le système s-c-olaire pour les nuls »

« Le système s-c-olaire pour les nuls »

… ou comment Mich Desj explique pourquoi au sud le soleil passe au Nord !

« Fichtre, diantre, dans quelques heures, un grand principe de base, qu'on apprend à nos chères têtes blondes, dont j'ai fait partie un jour, va s'écrouler. Je m'explique : "Racontes-nous, grand père, l'histoire du soleil dans le dos ! Eh bien voilà, quelques vingt ans plus tôt, en descendant l'atlantique sud, pour aller contourner ce fichu anticyclone de Ste-Hélène, encore et toujours lui, je prenais mon quart de barre en début d'après midi, cap au Sud avait dit le barreur précédent. Je regarde le compas : 180°, tout va bien, je regarde le soleil, rien ne va plus ! Il est dans mon dos ! Stupéfaction. Je vérifie le compas ; 180°. On m'aurait menti ? On (je dis on, mais c'est ma mère qui me l'a appris, alors moi je croyais que c'était vrai, tout le temps, à tout jamais !) on m'appris, disais-je : le soleil se lève à l'est, est au zénith au sud, et se couche à l'ouest. Est et ouest, OK. Pour le sud, faut voir ! Des fois oui, des fois non. Ça tombe bien, travaux pratiques ! A partir de quand allons-nous avoir le soleil dans notre nord ? Encore 3 jours à faire du sud, on aura le temps de s'habituer, avant de tourner à gauche. Ah oui, voile, eh ben nuit sans lune, étoiles, vagues dans tous les sens, impossible d'aller vite, ça saute, ça tape, ça secoue, pas cool, vent variable, vitesse aussi, par voie de conséquence. » Michel Desjoyeaux (Foncia)

 

Le mercredi 26 novembre 2008 à 06:44Arrosage automatique

Arrosage automatique

" Bonsoir, je suis bien heureux d'être à l'abri de ma véranda, bien étanche ! Le voisin a oublié d’éteindre l'arrosage automatique et il vaut mieux avoir un bon kway pour admirer les étoiles et ces petits nuages bien actifs depuis l'extérieur. Ma veranda glisse à merveille, en tout cas du mieux possible, penchée comme la tour de Pise. Il est 1h00 TU et je viens de me faire un ptit déj sauvage, pain d'épice et thé. Le bonheur…
Ps : si vous voyez le voisin,vous lui dites qu'il exagère !
" Arnaud Boissières (Akena Vérandas)

 

Le mardi 25 novembre 2008 à 19:35Ne jamais capituler

« Je connais les pièces cassées, mais il faut que j'inspecte l'état du gréement dormant et du mât. Il pourrait être délaminé puisque la barre de flèche a tapé contre le mât. Avant de réparer ou de repartir, je veux être sûr que ça tienne. Toute l'équipe Delta Dore est mobilisée, tous les fournisseurs également. C'est un coup de massue pour tous. Mais il faut se ressaisir, être rationnel et se mettre à l'abri à Récife avec un mât entier. J'ai affalé la grand voile et j'ai récupéré sa drisse pour bastaquer le mât sur l'arrière. J'ai pu monter une nouvelle fois dans le mât pour démêler les bastaques. Mais que le temps est long ... Et plus je me rapproche de Recife et plus je sens se rapprocher le moment crucial de la décision ... » Jérémie Beyou (Delta Dore)  

Le mardi 25 novembre 2008 à 18:36Le péage de Sainte-Hélène

Le péage de Sainte-Hélène

« Nous naviguons désormais à 90° du vent, perpendiculaire aux alizés. J'avance entre 14 et 17 noeuds selon les variations du vent, selon les grains. La force du vent évolue rapidement et il faut être réactif, régler les voiles, jouer avec les ballasts. Même s'il n'y a pas de changements de voiles à faire, je suis grand voile haute et solent, il faut souvent sortir pour veiller aux réglages et travailler en permanence à l'équilibre du bateau. Indéniablement, je me suis fait un peu violence pour sortir de ma ligne de conduite un peu conservatrice pour donner un grand coup d'accélérateur aujourd'hui. Je tire un peu plus sur le bateau sans trop me stresser, en confiance. La physionomie de la course, avec des coureurs très rapides comme Peyron, Josse ou Golding qui impriment un rythme très soutenu et qui attaquent en permanence, me force à sortir un peu de ma réserve et à surenchérir avec eux en vitesse et en précision. Personne ne lâche rien. Tout le monde a envie de tester son bateau avant d'entrer dans le grand Sud. C'est aussi le moment de pousser le matériel, afin que ce qui doit casser le fasse dès maintenant.
Il existe une petite fenêtre pour passer cet espèce de « péage » matérialisé par l'anticyclone de Sainte-Hélène d'ici trois ou quatre jours. Il faut se caler sur les premiers afin que personne ne s'échappe, si d'aventure cette fenêtre très étroite se refermait sur les poursuivants. Une fois dans le Sud, on va aligner des grosses moyennes, de l'ordre d'une quinzaine de noeuds et il sera difficile de se refaire... C'est Peyron qui imprime le tempo, donne le "La" et est en tête de course. Il impressionne parce qu'il ne relâche jamais la pression, dans le petit ou le gros temps. Dans son rythme et dans sa rigueur au niveau des réglages, il est très impressionnant.
C’est vraiment agréable de pouvoir pousser sur l'accélérateur quant on le souhaite, attaquer à volonté pour combler un retard le cas échéant. L'intérêt est de pouvoir préserver le matériel et attaquer à bon escient, pour terminer cette course à la meilleure place.
» Yann Eliès (Generali) par mail.

 

Le mardi 25 novembre 2008 à 17:56Avec des pincettes

Avec des pincettes

« J’ai eu des passages de grains ce matin, le vent varie en moyenne de 10 à 20 nœuds, avec au plus fort des pointes à 25 nœuds, et quelques passages très calmes entre les grains avec tout juste 8 nœuds. Et même si pendant le grain tu accélères pendant une vingtaine de minutes, à sa sortie tu te retrouves ralenti dans un vent beaucoup moins fort : au final quand tu fais les comptes, tu ne gagnes pas grand-chose. On a une mer assez forte de face, le bateau est bien ballotté en particulier quand le vent mollit. Il tangue énormément et cela casse sa vitesse. Il lui faut 15 nœuds de vent minimum pour qu’il puisse trouver une allure régulière. J’ai eu plusieurs grands refus et je me suis retrouvé au près : il faut être sans arrêt derrière les bouts (cordages) si l’on veut avancer correctement, c’est une navigation très appliquée en ce moment ! On a encore au moins deux jours à passer dans ce type de conditions puis l’anticyclone a l’air de vouloir bouger un peu vers l’Est : il nous laisserait la voie libre. Les premiers pourraient être davantage ralentis, ça parait un scénario plausible. Si j’en crois les routages, on pourrait réduire l’écart d’une centaine de milles avant la porte Sud-Africaine mais ces prévisions sont à prendre avec des pincettes, et je dirais même avec des pinces brucelles ! (ndlr, pinces très fines destinées aux travaux de précisions). Les modèles météo ne sont pas toujours très pertinents quand il s’agit du déplacement des hautes pressions. C’est donc très difficile de faire des prévisions fiables, j’essaye d’envoyer du fluide à l’anticyclone pour qu’il bouge au bon moment ! Si l’anticyclone bouge doucement, j’arriverais à me glisser sur sa bordure Ouest, en gagnant un peu de terrain, s’il se déplace vite alors j’aurais perdu du terrain, c’est un peu un pari compte tenu de la fiabilité des modèles météo, mais je suis un peu obligé d’en faire si je veux reprendre des milles sur les premiers. » Dominique Wavre (Temenos II) par mail