« Safran répond pleinement à nos attentes. C’est le bateau qu’on voulait, tous les choix que l’on a faits, notamment celui de privilégier la légèreté à la puissance, portent leurs fruits. Mais il faut être constamment aux réglages. Un tel différentiel de vitesse, avec un bateau comme Pindar par exemple (doublé il y a deux jours, aujourd’hui 40 milles derrière NDLR) ne peut pas s’expliquer que par les seules options architecturales. On l’a vu lors de nos confrontations d’avant saison, les écarts de vitesse entre les bateaux pouvaient être d’un quart de nœuds, pas de un, voire de deux comme c’est parfois le cas actuellement. Ce serait facile de lever le pied, de dire stop tellement l’inconfort est total. Tu prends un ris de plus dans la grand-voile et tu vas tout de suite un à deux nœuds moins vite, donc avec moins de stress. Ce n’est pas mon choix, mais je n’ai pas pour autant l’impression de prendre des risques. Je suis juste à fond, c’est tout. » Marc Guillemot (Safran) par mail
A la uneBrèves
Options architecturales
26.11.2008
Pas d’évitement
26.11.2008« Si j’avais pu éviter de passer entre les îles, je l’aurais fait mais c’est un peu le vent qui m’y a poussé. C’est toujours un peu délicat ces remontées brutales des fonds, ils passent de 4000 m à 100 m, on peut toujours avoir des effets de courant, et une mer mauvaise. » Dominique Wavre (Temenos II)
Michel à la chasse à Sam
26.11.2008« Il y a Foncia, qui est à la chasse derrière moi : j'essaie de progresser rapidement. Mich Desj' m'a dit ‘T'inquiètes, Sam. Il n'y aura pas de dévent sous mon vent. Quand je te dépasserai, je ne serai pas trop près !’ J'essaie de garder mon avance aussi longtemps que possible. Hier soir, je me suis dit que j'avais bien fait, quand j'ai regardé le classement. J'étais assez fière de ma moyenne de presque 14 nœuds. Et puis j'ai vu celle de Mich - une moyenne de 17,6 nœuds. Je n'ai pas les moyens de faire face à ce genre d'attaque. C'est tout simplement incroyable ! » Sam Davies (Roxy) lors de la vacation en anglais ce midi.
Pas d’erreur
26.11.2008« Je suis content d’être là où je suis, dans le bon paquet et surtout bien dans le rythme ! Après 17 jours de course, j’ai bien pris mes marques à bord. Physiquement je suis en pleine forme et mentalement je suis serein. Passé le petit blues logique du départ, la course prend vite le dessus : entre météo, réglages, bricolage et communication, le temps passe finalement très vite. Le fait d’être bien dans la course, d’être performant, joue aussi positivement sur l’état d’esprit. Maintenant, nous allons attaquer le grand Sud dans une semaine environ et là ce sera une autre histoire… En ce qui concerne la concurrence, je ne suis pas vraiment surpris par les très faibles écarts qui séparent les premiers : on savait que les potentiels de vitesse des bateaux étaient proches et cela se confirme. A l’exception de Michel Desjoyeaux, du fait de son avarie au départ, tous ceux qu’on attendait sont devant. Mais on sait aussi qu’il ne faut rien lâcher et que la moindre petite erreur se paye cash. Surtout que depuis le début, il n’y a pas encore eu de grandes options stratégiques sur l’eau. Depuis deux semaines, c’est une vraie course de vitesse… Mais attention, la négociation de l’anticyclone de Ste Hélène dans les prochains jours pourrait bien marquer le premier passage à niveau de ce Vendée Globe… » Armel Le Cléac’h (Brit Air) en vacation radio ce matin.
Petit délaminage sur Ecover
26.11.2008« Le radeau est plombé par un plombage officiel, et je vais devoir demander la permission aux organisateurs de le couper et le remettre ailleurs car c'est risqué de le laisser tel quel. S'il passe à l'intérieur, je vais avoir de gros ennuis. Il faut que je le bouge de là pour limiter le délaminage. J'ai contacté un ingénieur spécialisé, mais il m'a répondu que je devais m'arrêter pour réparer. Je lui ai dit 'merci du conseil, mais ce n'est pas ce que je vais faire. Quelle est votre idée suivante?' » Mike Golding (Ecover 3)
Poulie explosée
26.11.2008« Il y en a eu pour tous les goûts aujourd’hui. On a très bien commencé la journée avec un ciel dégagé et un vent mollissant, et j’ai pu renvoyer la grand-voile haute. Peu de temps après, j’ai repris le fameux ris pour un meilleur cap. Nous étions en train de joyeusement faire du Sud et naviguions vite et bien pour une petite descente rapide et humide. J’avais quelques interviews media à faire et après les avoir terminées, je me suis installée sur mon sac à billes à l’abri de la descente quand il y a eu un gros bang. Immédiatement, j’ai regardé en l’air, sans doute un réflexe automatique. J’ai ensuite regardé derrière et ai vu l’une de mes poulies d’écoute de grand-voile avait explosé et avait disparu. J’ai vite affalé la grand-voile et trouvé la bonne boîte de pièces de rechange, j’ai mis en place une nouvelle poulie après confirmation avec Joff et j’ai renvoyé la grand-voile. Ça n’a pas été une partie de plaisir d’autant que nous ne sommes que quelques heures plus tard et que je suis déjà de retour avec un ris ! » Dee Caffari (Aviva) hier soir par mail.