« Le bateau se comporte bien. Mais je suis monté dans le mât pour régler mes haubans et j’ai du mal à m’en remettre : je suis couvert de bleus ! Cela a été très éprouvant, mais tout est en ordre maintenant. Tout le système énergétique fonctionne parfaitement et j’ai déjà beaucoup de retour d’information pour la suite du programme énergie. Pour nous, la descente de l’Atlantique Sud sera plus facile que pour les premiers : une dépression se forme au large du Brésil et elle va nous emmener. La traversée vers le cap de Bonne Espérance sera plus rapide… » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11h00.
A la uneBrèves
Couvert de bleus
29.11.2008
La confiture d’Archimède
29.11.2008« J’ai passé une nuit terrible avec une mer, je te dis pas ! Vraiment mauvaise, hachée. Un truc de bourrin… Il y a eu du vent sur la zone il n’y a pas longtemps et ça lève des vagues très abruptes. Mais c’est drôlement solide, ces bateaux ! Et tout cas, c’est râpé pour faire la lessive… Il est temps qu’on change de registre, mais à qui sait attendre, tout finit par arriver. J’ai fait une expérience : tu prends une biscotte beurrée avec de la confiture, si tu la penches, la confiture coule. Et bien, si tu la trempes dans ton café, la confiture ne coule pas aussi vite : c’est à cause de la poussée d’Archimède ! » Jean Le Cam (VM Matériaux) à la vacation radio de 11h00.
Faire son sac
29.11.2008« Un peu humide pour un samedi ! On navigue toujours penché et il a plu toute la journée d’hier… Avec jusqu’à 28 nœuds de vent en fin de nuit. Là, le vent tourne favorablement et j’ai une carte à jouer avec Dee (Caffari). J’ai déjà sorti mon sac pour les mers du Sud car ça commence à se refroidir. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à la vacation radio de 11h00.
Grillons
29.11.2008« Je suis tombé dans une bullette sans trop de vent. J’étais en train d’appeler Vincent (Riou) qui est à côté. Et je viens de donner des morceaux de carotte à manger à mes grillons : ils ont été secoués hier soir ! Je les prépare au Sud : un nouveau récipient avec du papier pour qu’ils ne prennent pas froid. Il faut que je les ramène aux Sables d’Olonne ! J’ai toujours un peu d’appréhension à rentrer dans les mers du Sud, peut-être parce que j’y suis déjà allé… Mais en ce moment, je suis occupé par le court terme : ménage, check-up. J’ai vu un albatros et quand tu aperçois son regard, tu sens que tu n’es pas le bienvenu ici. Ce sont ces prochaines 24 heures qui vont décider du classement. Après, on entre dans le « mode perso », chacun prend son rythme. Pour moi, l’essentiel, c’est de conserver une bonne vitesse moyenne. Mais on est un peu plus fatigué que les autres fois car nous avons été privé de notre « récréation » : les alizés n’ont pas tourné et cela fait huit jours que nous sommes au près ! » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation radio de 11h00.
Sauterelle
29.11.2008« C’est mieux qu’hier soir ! Là, ça avance bien en faisant moins la sauterelle… Au débridé et toujours groupé : j’ai Jean-Pierre (Dick) au vent et Roland (Jourdain) sous le vent. Le niveau de la compétition monte à chaque édition du Vendée Globe et les écarts de vitesse sont faibles finalement. Je n’ai pas hâte d’être dans le Sud, mais on y arrive : il me faut tout ranger, tout préparer et il y a déjà des brises froides qui nous tombent dessus. On rentre dans nos quartiers d’hiver… Ce sera du portant musclé, mais je suis moins tendu qu’il y a quatre ans : c’est bien de connaître ces coins-là. C’est pour demain dans la journée mais c’est une transition particulière, très rapide. Il faut que je fasse un grand nettoyage, du bateau et du bonhomme… » Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h00.
Caisse à outils
29.11.2008« Le classement ne signifie pas grand-chose à ce stade car on ne se rapproche pas vraiment du but… Bientôt, quand on aura passé l’anticyclone, ce sera différent. J’ai Vincent (Rou) à côté de moi et c’est sympa de voir qu’on navigue tous serrés. La météo n’est pas une science exacte localement et chacun imagine un scénario pour sortir de ces hautes pressions. Il est logique que nous nous alignons sur un axe Sud-Ouest (Josse, Peyron) Nord-Est (Eliès, Le Cam) car plus les monocoques sont au Sud, plus ils sont proches du centre de l’anticyclone. Là, je regarde le baromètre et je prépare les voiles pour la suite. Cet après-midi, j’ai prévu de monter dans le mât dès que ça mollit pour faire un dernier check-up : casque, baudrier, caisse à outils… » Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation radio de 11h00.