Armel Le Cléac'h, Brit Air, à la vacation de 11h30 : « On est toujours dans des conditions un peu rudes au large du cap Finisterre, avec encore pas mal de vent et pas mal de mer. Ça continue à taper, ce n'est pas très agréable, mais on avance et c'est le principal. Je ne peux pas aller très vite, je préfère ne pas prendre de risque, car dès qu'on arrive autour de 14 nœuds, ça tape de partout. Les voiles sont un peu ouvertes, j'ai choqué le foc et la grand voile, mais on ne peut pas mettre trop de toile car la mer est dans tous les sens avec une grosse houle trois-quarts arrière et de la mer qui arrive aussi trois quarts avant. Je vais vous avouer que je n'ai plus de girouette depuis quasiment un mois, mais comme ça, au "feeling", il y a trente ou trente-cinq nœuds. Je suis toilé trois ris et trinquette. On est déjà bien gîté et il n'y a pas besoin de plus! Il va y avoir du vent jusqu'au bout, même si ça devrait se calmer demain dans l'après-midi. C'est stressant parce que là, on est à moins de 500 milles du but et les conditions ne sont agréables ni pour le bateau, ni pour le skipper. On est concentrés sur le moindre bruit suspect et puis on va rentrer dans le trafic, il va y avoir beaucoup de cargos. Ça va encore être une nuit où on ne va pas beaucoup dormir! »
A la uneBrèves
Prudence au cap Finisterre
05.02.2009
Rendez-vous avec la lune
05.02.2009Message de Samantha Davies (Roxy) envoyé cette nuit :
« La lune devient plus grosse chaque jour. Ce soir, j’ai eu la chance de pouvoir observer le coucher du soleil à travers le hublot bâbord pendant que la lune brillait à tribord ! La lune est l’amie des marins. La nuit, cela fait vraiment la différence, même si elle est cachée derrière les nuages. Mais ce soir, le ciel est dégagé, la lune éclaire la mer qui brille comme du bronze.
Je suis pleine de gratitude pour cette lune, à double titre, car j’ai égaré ma dernière lampe frontale et oublié de la chercher hier quand il faisait encore jour…Et manœuvrer dans le noir est bien plus facile grâce à la lune…. »
Champagne pour Sedlacek
04.02.2009Norbert Sedlacek à la vacation du jour, juste avant de passer le cap Horn :
« Je suis un peu fatigué, mais c’est quand même un grand moment. Après le Horn, on mettra le cap vers le nord et vers la maison. J’espère qu’il fera beau dans les jours à venir pour la remontée de l’Hémisphère Sud et qu’il fera chaud avant l’Equateur. Le temps est un peu plus agité que lors de mon dernier passage (en croisière, ndr). Je vais essayer de passer à 5 milles du rocher afin de faire un petit film et prendre des photos pour en garder des souvenirs. Je vais m’offrir un bon repas aujourd’hui et j’ouvrirai la bouteille de champagne et les cadeaux qui m’étaient réservés pour le Horn ».
Encore de la bricole pour Brian
04.02.2009Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) lors des vacations ce midi : « J’ai eu une matinée d’angoisse. Vers cinq heures, je me suis réveillé et le bateau avait l’air bizarre. Je croyais que le bulbe était parti ou quelque chose de ce genre, car il se comportait d’une façon très inhabituelle. Il m’a fallu quelques minutes pour comprendre, car je somnolais encore. J’ai appuyé sur le bouton afin de voir l’angle de la quille et elle était en fait mal orientée d’environ 20 degrés. C’est pour cela que le bateau gîtait et qu’il progressait lentement. Je suis allé voir le vérin bâbord et j’ai vu que l’ensemble baignait dans l’huile. Cela m’a pris quelques heures pour tout nettoyer afin de mieux voir ce qui s’était passé. Après avoir parlé avec le boat captain et le fabricant, j’ai réussi à la réparer. J’ai récupéré autant d’huile que possible et j’ai basculé la quille vers le centre afin de l’essayer. Depuis deux ou trois heures je n’ai plus de fuite ».
Opération contrariée pour Raphaël Dinelli
04.02.2009A 17h10, la direction de course du Vendée Globe était prévenue que Raphaël Dinelli était au mouillage dans la baie de port Stanley aux Malouines. Malheureusement, une quinzaine de minutes plus tard, la situation n’était plus aussi rose. L’ancre de Fondation Ocean Vital avait chassé – probablement posée sur un lit d’algues, elle n’aurait pas accroché – et le bateau dérivait vers la côte. Raphaël n’a pas réussi à remonter les 50 mètres de câblot et de chaîne et a dû couper son mouillage. Il s’est aussitôt mis à la cape. Les affaires maritimes de la région sont alors arrivées sur une petite vedette et ont réussi à balancer un sac de médicaments sur le bateau. Cependant, Raphaël Dinelli était contraint de quitter son abri et de reprendre sa route, sans pouvoir entreprendre les réparations de sa drisse de grand-voile. A 18h05, il rappelait la direction de course signifiant qu’il était lessivé et très déçu. La bonne nouvelle, c’est qu’il a désormais à bord les médicaments qui pourront lui servir pour soigner sa tendinite.
Ambiance humide pour Dee Caffari
04.02.2009Dee Caffari, lors d’un entretien avec son équipe : « Les cirés sont de sortie chaque fois que je veux aller dehors pour vérifier un réglage ou prendre un ris ou renvoyer de la toile. Le chaos continue et Aviva s’écrase derrière les grosses vagues à grand fracas, un bruit tellement horrible qu’il me donne la chaire de poule. Je commence mes matinées en faisant une vérification complète du pont et le job dégoûtant de jeter la pêche de la nuit, les poissons volants attrapés par Aviva alors qu’il enfourne dans l’eau.
« J’ai étudié la météo et pour l’instant, j’espère que les prévisions vont changer parce qu’on dirait que le groupe de devant va passer et après l’anticyclone des Açores va s’allonger d’Est en Ouest pour me barrer la route et m’empêcher d’atteindre les vents favorables qui se trouvent derrière. Encore deux jours comme ceux du Pot au Noir seraient très difficiles à vivre si près de l’arrivée et pourtant encore si loin ! »