Les portes de glaces ont avant tout une fonction de sécurité : elles servent à empêcher que la flotte ne descende trop sud pour aller flirter de trop près avec les glaces. Elles jouent en quelque sorte un rôle de pare-feu. Pour valider le passage d’une porte, il suffit :
- De traverser au moins une fois la porte du sud vers le nord
- De traverser au moins une fois la porte du nord vers le sud
- De rester sur une route au nord de la porte
En bref, pour valider le passage d’une porte, il suffit qu’à un moment quelconque, un concurrent soit positionné au nord d’une des points du segment qui matérialise cette porte.
A la uneBrèves
Porte des glaces, mode d’emploi
03.12.2008
Neige sur Temenos
03.12.2008Dominique Wavre révélait aujourd’hui à son équipe : « Cette nuit j’ai eu un grain de neige juste derrière le front, pas de quoi faire un bonhomme de neige mais en pleine manœuvre je voyais les flocons tomber dans la lumière de ma frontale. Le vent a tourné de 90°, j’en ai profité pour refaire un peu de Sud, les conditions étaient assez instables je suis resté régler le bateau une bonne partie de la nuit. Le vent a rebasculé ce matin et j’ai empanné à nouveau cap à l’Est. Le vent avait bien molli c‘est tombé à 14,15 nœuds, il y avait un peu plus de mer que de vent, j’ai passé un petit moment à la barre pour bien équilibrer le bateau dans les vagues. Et depuis quelques heures le vent s’est un peu renforcé, ça va tout droit sous pilote(…).On sent que le temps va changer, il y avait des cirrus très loin dans le ciel hier, et aujourd’hui on est entourés de nuages bas. Quand les dépressions arrivent dans le coin, c’est toujours ce type de ciel qui les précède. Pour l’instant on est encore sous l’influence de la haute pression sur notre gauche mais elle va céder la place à une belle dépression. On devrait avoir une bonne trentaine de nœuds dès demain, et ce n’est qu’un début, il devrait y en avoir plusieurs à suivre après. »
Thompson : une pénalité coûteuse
03.12.2008Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) lors de la vacation ce midi : « La pénalité de quatre heures a engendré un retard de 240 milles sur Temenos, qui était juste à côté de moi auparavant. Le front froid est passé hier matin et à partir de ce moment-là, j'ai dû empanner dans un vent assez faible, pendant que les autres avançaient avec un vent de nord-ouest, donc, l'écart s'est creusé. Mais maintenant, le vent revient et les conditions devraient être idéales pour que je progresse rapidement vers la porte. J'espère reprendre des milles – peut-être pas autant que j’en ai perdu – mais la route est encore longue. En tout cas, la pénalité est derrière moi maintenant "
Histoire de quille
03.12.2008Rich Wilson (Great American III) dans son carnet de bord cet après-midi : "D'habitude au-dessus de 12 nœuds, il y a un bourdonnement dans la quille. A environ minuit, un nouveau bruit a fait son apparition, une vibration très aiguë, très forte, qui émanait également de la quille. J'ai rapidement contrôlé les cloisons et les deux morceaux en acier qui tiennent la quille en place. J'ai regardé et j'ai palpé aussi le puits pour voir s'il n'y avait pas de fissure, mais n'ai rien trouvé. La quille basculait normalement. Ce n'était pas un bruit électrique du moteur. Il y a deux demi cônes sur la coque, qui servent comme profilage pour l'axe de la quille. Par le passé nous avons perdu un bout d'un de ces machins, et je suis convaincu que c'est bien cela, qui est à l'origine du bruit. Ce ne sont pas des pièces structurelles. Un nouveau contrôle ce matin n'a rien révélé "
Discussion insolite
03.12.2008Marc Guillemot (Safran), relatait aujourd’hui à son équipe une conversation insolite, à 3 000 kilomètres de Cape Town : « je suis passé à moins de 3 milles de l’île Gough, une masse sombre couverte de nuages, envahie d’oiseaux marins, avec des dizaines de phoques partout… Et je vois une maison dans la falaise ! Il ne doit pas y en avoir beaucoup dans le coin… J’ai appelé en VHF à tout hasard et 5 minutes plus tard, une femme me répondait, en anglais ! Ils font des recherches scientifiques… On a discuté pendant un quart d’heure tous les deux, c’était magique ! On a parlé de tout et de rien, de la course, de ce qu’ils font là… »
Dick : « j’ai attaqué car j’étais en forme »
03.12.2008Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) joint au téléphone par son équipe ce mercredi matin : "Ça va mais un peu fatigué. Les conditions ne sont pas simples pour dormir. Il y a des claques de vent subites qui demandent beaucoup de vigilance. Hier, c'était la grosse bourre ! J'ai décidé d'attaquer car je me sentais en forme. J'ai donc gardé mon petit spi. Il y avait une grosse houle, le bateau était sain, accélérait bien, filait tout droit et n'enfournait pas. Les trim tabs sont en position basse et j'ai tout matossé à l'arrière. J'ai beaucoup barré et suis bien revenu dans le match ! Même si ça pompe de l'énergie, ça valait le coup. Le moment chaud était cette nuit quand il a fallu empanner. J'ai mangé et fait une petite sieste avant le manoeuvre et ça c'est très bien passé. Je vise la porte de glaces que je vais atteindre demain. Ce matin, je vais me reposer par petites périodes car le vent s'est établi à 25 noeuds."