« J’ai fait un surf à plus de 30 nœuds ! Du délire ! C’est impressionnant ! C’est comme si toutes les turbines d’un avion de chasse se mettaient en route en même temps. C’est assez violent en fin de surf. Il y a des citernes d’eau sur le pont qui est submergé par les vagues. Sinon, ça reste maniable. J’aime bien ces conditions et le bateau aussi. Une ambiance grisâtre s’installe. C’est une lumière que je ne connais pas. Depuis que j’ai doublé des bateaux, je suis enfin rentré dans la course. Je prends les positions de tout le monde et fais tourner les logiciels de routage. » Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), à la vacation de 11h.
A la uneBrèves
Dejeanty à plus de 30 nœuds !
05.12.2008
Douleur au pied pour Riou
05.12.2008« Je suis toujours un peu convalescent, en stand-by pour soigner mon pied. Je souffre depuis deux jours (suite à une chute, ndlr). Un choc a entraîné une grosse inflammation du tendon d’Achille et de la voûte plantaire. Ce n’est pas facile de tenir debout, surtout dans les conditions qu’on a eues. L’inflammation est assez importante. Si je ne laisse pas mon pied se reposer, je vais traîner ça longtemps. Là, ça avance doucement dans la bulle. Ça devrait redémarrer tranquillement la nuit prochaine. J’avance à 6-7 nœuds avec autant de vent. Je vais vers le sud pour passer de l’autre côté de la petite bulle. » Vincent Riou (PRB), à la vacation de 11h.
Le Cam dans la bulle
05.12.2008« On est dans une petite bulle anticyclonique. On attend la bascule et que ça reparte. Ça ne va pas durer très longtemps. D’ici une heure, cela va repartir gentiment et monté à 35-40 nœuds la nuit prochaine, comme hier. C’était d’ailleurs assez sport. J’ai fait une pointe à 28 nœuds, ce n’est pas courant ! Mieux vaut être sous pilote. Au moins, tu ne vois pas ce qu’il se passe, sinon, t’aurais peur ! J’ai croisé Bilou (Roland Jourdain), du coup, la nuit dernière j’ai mis le radar et l’alarme. Ce serait idiot de se rentrer dedans. Ça devient monnaie courante de se croiser et de se voir… » Jean Le Cam (VM Matériaux), à la vacation de 11h.
Record perso pour Le Cléac’h
05.12.2008« Ça va bien après une nuit agitée. Ça fait du bien de retrouver un peu de calme. Le nouveau record du bateau est un surf à 29,90 nœuds. C’est très impressionnant. Faut faire attention à la sortie de route. Ça avance toujours bien, c’est gris, c’est le grand sud. Le ciel ne va plus beaucoup changer et la mer est toujours dans tous les sens. Il y a une belle bagarre sur l’eau, c’est excitant. » Armel Le Cléac’h (Brit Air), à la vacation de 11h.
« J’ai vu Jojo ! »
05.12.2008« J’étais un peu dans le fond de la vague ce matin. Ça va mieux maintenant que j’ai bien dormi. Je vais me faire des pâtes et relancer le bateau car je n’ai qu’un ris (dans la grand-voile, ndlr) et Solent alors que le vent est tombé à 15 nœuds. Il faut renvoyer de la toile. Hier soir, c’était un peu sport. On a passé un plateau avec une grosse mer. C’est là que j’ai vu Jojo (Josse, ndlr) 3 milles devant. On s’est appelé. Ensuite, les conditions se sont calmées après le front vers 4h (HF). Ç’a refusé rapidement derrière et maintenant on est au reaching (entre près et travers, ndlr) avec une dizaine de nœuds de vent. La pétole nous passe dessus pendant que Loïck (Peyron) et Armel (Le Cléac’h) reste dans un flux d’air. Mais je ne suis pas inquiet plus que ça sur la journée. Tous les routages nous font arriver en même temps à la prochaine porte. » Yann Eliès (Generali), lors de la vacation de 11h.
Carnet de bord de White
05.12.2008« Avec un vent qui dépassait les trente nœuds, j'ai enroulé le gennaker et l'ai rangé sur le pont au fond du bateau. J'étais en train de préparer le Code 5 , quand j'ai entendu un bruit sec, qui émanait de tout le bateau. "Aie! Nous avons heurté quelque chose!" me suis-je dit. Cela arrive souvent en Manche. J'ai donc continué sur ma route et j’ai hissé la voile, mais c’est alors que j'ai découvert que la barre ne fonctionnait plus. Je l'ai enroulée de nouveau et j’ai inspecté les safrans. J'avais l'impression que l'écoulement du safran tribord n'était pas comme celui de bâbord et me disant que l'impact a dû détruire un bout du safran. Des pensées morbides ont traversé mon esprit - et voilà je m'imaginais au Cap en train de changer de safran, voire même d'abandonner la course, car je n'avais pas assez à bord pour réparer tout cela... Désespéré j'ai empanné pour sortir le safran de l'eau et à ma surprise, c'était bon! Une égratignure où la peinture était partie, mais sinon, rien à signaler. Et c'est là que j'ai compris. Quel crétin! Avec la houle et le renforcement de la brise le bateau avançait trop lentement (10 nœuds) et les safrans ne marchent pas dans ces conditions. Le bruit sec m'avait tellement secoué que je tirais des conclusions trop hâtives. »
Steve White (Toe in the Water) dans son carnet de bord cette nuit.