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Dépêches

 

Le dimanche 07 décembre 2008 à 07:00Les jolis vracs de Malbon

Les jolis vracs de Malbon

Message d’Artemis, 19e, envoyé cette nuit à la direction de course : “La nuit tombait lorsque j’ai commencé à me demander si je devais larguer un ris. Oui, non, oui, non ? Je me suis tâté comme ça pendant une heure. Finalement, je décide d’enlever le ris en me disant : tu pourras toujours le reprendre. J’enlève le ris, le bateau accélère mais le pilote automatique assure, tout va bien. Je rentre pour enfiler mon ciré. Le bateau a commencé à charger sur les vagues et évidemment, comme je venais d’enlever un ris, le vent est monté. Le bateau est monté sur un vague, le bruit de l’eau qui frappait le pont est devenu plus fort alors que la vitesse grimpait 18, 19, 20, 21… le pilote jouait à « jusqu’à quelle vitesse je peux aller ». La réponse était : très vite, mais je n’ai pas eu le temps de vérifier. Je me suis précipité à l’extérieur pour prendre la barre alors que des torrents d’eau submergeaient le pont. Déconnecter le pilote, abatte : c’était le plan, mais trop tard ! On est parti au lof. J’ai abattu en grand, l’accélération était impressionnante, il y avait de l’eau partout, surtout dans mon ciré et dans mes bottes ! J’ai tellement abattu – à la barre, à genoux dans le cockpit-, que j’ai fait un empannage chinois : barre à contre, la bôme et le solent de l’autre côté, je suis trempé, le cockpit est rempli d’eau… super ! Encore une première pour le bateau et moi. Et puis je me suis moqué de moi-même en reprenant le ris… retour à la case départ, à la configuration qu’on avait une heure auparavant. J’étais juste épuisé et totalement trempé. Brillant ! Faut que j’essaie encore une fois ! Jonny. »

Le samedi 06 décembre 2008 à 19:37Problème de desalinisateur sur Artemis

Problème de desalinisateur sur Artemis

Jonny Malbon (Artemis) à la vacation du jour : "Il y a des hauts et des bas. Je viens de passer la matinée à démonter le désalinateur, car il ne me reste que six litres d'eau et je ne peux plus en faire. Je ne peux pas me concentrer sur la vitesse du bateau en ce moment, ce qui est vraiment dommage, mais j'espère pouvoir le réparer cet après-midi. J'ai tout démonté et j'ai changé tous les joints. J'espère que cela marchera. Je l'espère vraiment; car je commence à avoir soif..."
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 18:44Dee Caffari bonne joueuse

Dee Caffari bonne joueuse

« Me faire doubler par quelqu’un qui en est à son cinquième tour du monde n’est pas très grave pour être honnête (…) Tu peux vraiment voir la différence entre ceux qui l’ont déjà fait et le reste d’entre nous. Regarde Bernard. Il est clairement plus à l’aise avec les conditions ici et ne doit pas avoir de scrupules à envoyer de la toile. Il a déjà fait quatre tours de la planète dans ce sens et sait à quoi s’attendre. Alors que moi, je me demande tout le temps si j’ai raison, si ce que je fais est bien, si je suis ok ? La différence est énorme. »
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 18:07Pour une poignée de pouillems

Pour une poignée de pouillems

Sébastien Josse, BT : « Il y a du match, il y a du niveau ! Chacun se bat pour le moindre pouillem de milles. C’est une vraie régate autour de la planète. Je suis content de l'endroit où je suis. Mais bon, on regarde toujours les routages. JP (Dick) est à fond le sud, j’ai regardé sa démarche, celle de Peyron au nord aussi. Toutes les 12 heures, les fichiers changent et les options peuvent être remises en question. On n’arrête pas ce petit jeu d’influence. Dès qu’un concurrent change son cap de 5 degrés, on sait qu’il a changé de voile ou qu’il est en train de prendre une autre option. On n’a pas beaucoup de temps pour s’échapper du bateau, la flotte est trop compacte. »
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 16:43De l’eau dans la cabine de Roxy

De l’eau dans la cabine de Roxy

Samantha Davies (Roxy) : « Un petit rayon de soleil qui brille sur Roxy. La houle s’organise un peu, c’est mieux qu’hier soir. En plein milieu de la nuit, une vague a déferlé et a pris Roxy sur le côté, l’eau n’a pas seulement submergé le cockpit, c’est aussi rentré dans la cabine. Il faut que j’assèche tout. Le vent est entre 28 et 35 noeuds. On fait de beaux surfs vers l’est. Je m’habitue à la vitesse, du coup je cherche toujours à aller plus vite. »

Le samedi 06 décembre 2008 à 16:35Mich et la baleine

Mich et la baleine

Michel Desjoyeaux (Foncia) : «  J’ai 27 à 30 noeuds. Il pleut, c’est très gris, on voit difficilement l’horizon entre la mer et le ciel. En fait, quand j’ai fait ma moyenne à 19,2 nœuds, j’étais en train de faire le ménage ! Hier, quand le vent a faibli, j’ai failli me faire couper en deux par une baleine…J’ai vu des remous 20 mètres à côté de moi et quelques secondes plus tard, j’ai vu le dos de la baleine qui était sur ma route, heureusement, elle a eu la bonne idée de sonder ! »
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 16:02Intéressante option sud

Intéressante option sud

Loïck Peyron (Gitana Eighty) : “On commence à s’habituer au vent et dès que ça descend au dessous de 25 nœuds, on trouve que c’est mou ! Et puis moins on a de toile, mieux on se porte ! Actuellement, les sudistes comme Jean Pierre tentent des choses intéressantes. Ils ont un meilleur angle et plus de pression. Mais à part cette option, on dirait que tout le monde est un peu en position d’attente. Sinon, j’ai essayé de grimper au mât pour récupérer ma drisse de gennaker. Mais à mi-mât, après deux départs au lof, je suis vite redescendu… Ça  m’a pas mal usé et je sais qu’il va falloir recommencer la grimpette, mais ce ne sera pas pour tout de suite ! »
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 15:59C’est grisouille pour Dominique

C’est grisouille pour Dominique

Dominique Wavre (Temenos), à la vacation de 11h00 : « Je me suis recalé hier. Mais j’aurais bien été plus sud car le vent va adonner et ils auront un  angle favorable. Je suis dans une position d’attente. Ceux qui sont dans le grand sud, comme Virbac ont une belle trajectoire par rapport à la prochaine porte. En revanche, Jean-Pierre est un peu près des glaces. Personnellement, je n’ai pas non plus envie d’aller à 20 milles des icebergs qui ont été repérés. Sinon, c’est grisouille, la mer est vert-gris comme en Manche. J’ai eu de la pluie cette nuit. La mer est un peu abrupte mais pas très forte,  4 à 5 mètres, ça reste maniable ».
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 14:39Ne pas penser aux glaces

Ne pas penser aux glaces

Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : « On fait de beaux surfs. La dépression va nous emmener jusqu’à la marque de parcours. J’ai entre 20 et 28 nœuds de vent, mais ça va peut-être monter cet aprem. Ma position au sud, sur la layline, de loin, ça me paraît sympa. Je suis à 47°10, à 20 milles au nord des premières glaces. Pour l’instant, je n’en ai pas croisé. Mais croisons les doigts, mieux vaut ne pas y penser ! Par contre, il fait froid. L’eau est à 5,5 degrés. Quand il faut aller manoeuvrer dehors, c’est très dur pour les doigts ».
 

Le samedi 06 décembre 2008 à 11:52En charentaises

En charentaises

Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h00 : « On est dans une dépression, l’ambiance est humide à 100%. Il y a eu de bonnes rafales et cette nuit, on a dû adapter la voilure à plusieurs reprises. En fait, en tant que marin, on se pose souvent cette question : est-ce qu’on adapte les voiles pour être en phase avec le vent moyen, ou bien est-ce qu’on les adapte pour être en phase avec les rafales, parce que parfois, on est trop chargé dans les surventes. On vit des moments angoissants, stressants et d’autres grisants. C’est très vivant. Pour me protéger de l’humidité à l’intérieur du bateau, j’ai séparé en deux mon habitacle, j’ai planté ma tente pour préserver l’espace de navigation et là, je peux vous dire que je suis en charentaises ! »