Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), à la vacation de 11h : « Le vent s’est bien calmé. Cela permet de remettre le bateau et le bonhomme en ordre. Je me suis lavé et changé. J’ai mis mes cirés à sécher. Cela fait du bien aux oreilles aussi, car le bruit est usant. Mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps, car les autres partent devant. J’ai fait une croix sur mon antenne Inmarsat. C’est le petit côté noir de l’affaire. Cela m’a mis un petit coup de blues. Je me sens plus seul. Je ne peux plus envoyer de vidéos, plus recevoir de fichier météo précis, j’ai moins de contacts avec la terre. J’en ai fait mon deuil. Sinon, j’ai empanné pour la première fois depuis le cap Finisterre. Cela fait bizarre d’être sur l’autre bord, de devoir tout matosser de l’autre côté. C’est incroyable de descendre tout l’Atlantique sur un même bord ! »
A la uneBrèves
Tout l’Atlantique en un bord
07.12.2008
Petit moral pour Dinelli
07.12.2008Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), à la vacation de 11h : « Depuis cinq à six jours lorsque je me suis dérouté vers le Brésil, les conditions ne sont pas terribles. J’espérais mouiller (pour monter dans le mât, ndlr) à Tristan da Cunha, mais ce n’était pas possible non plus. Mon objectif est maintenant de récupérer, d’avoir un bon moral. La drisse (endommagée, ndlr) résiste lorsque la grand-voile est arisée. Je ne prendrais aucun risque pour monter dans le mât. Mon problème de drisse n’est pas un risque pour la sécurité du bateau, uniquement pénalisant sur le plan sportif. »
Le Cléac’h découvre le grand sud
07.12.2008Armel Le Cléac’h (Brit Air), à la vacation de 11h : « La mer est dans tous les sens, c’est compliqué de trouver la bonne configuration de voiles. Le ciel se dégage, le vent devrait mollir dans la journée. La température de l’eau est de 3,6°C. C’est inquiétant pour les icebergs, mais j’ai la chance d’être dans le sillage d’un groupe de six bateaux qui m’ouvrent la voie. S’il y a quelque chose sur la route, ils le signaleront. J’ai mis le radar en route depuis quelques jours. Ce n’est pas forcément les coins où je voulais venir, mais l’orientation du vent nous empêche d’aller dans le nord. C’est nouveau pour moi tout ça. Je suis content que le vent mollisse un peu pour manger et ranger, mais le stress est différent à cause des éventuelles glaces. »
Le Cam admiratif de son bateau
07.12.2008Jean Le Cam (VM Matériaux), à la vacation de 11h : « Je me suis fixé une limite au-delà de laquelle je préfère virer de bord que d’empanner pour ne pas risquer de casser des lattes. Si tu fais un fagot de lattes, t’as gagné ta journée ! Hier, ça me démangeait d’empanner, mais je me disais : “fais pas le con !“. Je communique avec mon bateau aussi. On est deux, et on n’arrivera pas l’un sans l’autre. De temps en temps, je lui dis “mon pauv’ chéri !“ quand ça tape. Je suis admiratif de mon bateau. C’est ce que j’ai de plus précieux. S’il me laisse tomber, je ne vaux pas grand-chose ! »
Riou pas surpris par le retour de Desjoyeaux
07.12.2008Vincent Riou (PRB), à la vacation de 11h : « Il fait gris, froid, mais tout va bien ! Il y a 30-33 nœuds de vent et je surfe à 20 nœuds. C’est l’ambiance du grand sud. La mer n’est pas très bien rangé, assez courte. Du coup, c’est chaud dans les vagues. Mon pied va comme il va… J’espère que ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir dans 2 ou 3 jours. On essaye d’avancer vers les Kerguelen sans aller trop au sud pour ne pas croiser les glaces. Je ne suis pas surpris par le retour de Mich’ (Desjoyeaux, ndlr). Il a su saisir sa chance. Reste à savoir à quelle vitesse il faut pousser nos bateaux pour finir. C’est une des grosses problématiques du Vendée Globe, savoir doser l’accélérateur pour préserver le matériel. »
Grasse matinée pour Bilou
07.12.2008Roland Jourdain (Veolia Environnement), à la vacation de 11h : « Ce sont les 40es comme dans les prospectus ! 35 nœuds de vent bien tapés et la mer qui va avec… J’ai fait des surfs assez costauds à plus de 27 nœuds. Et cette nuit, deux petits départs au tas à cause des fusibles des safrans qui ont lâché. On est à bloc. Le Vendée Globe n’est pas une promenade bucolique ! Ce matin, j’ai fait la grasse matinée. J’ai dormi trois fois 1 heure dans la couchette avec la couette. Le pied ! »