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Dépêches

 

Le lundi 08 décembre 2008 à 19:15Chasseuse d’aube

Chasseuse d’aube

« Eh bien, la 5ème semaine commence doucement avec Roxy qui navigue dans un petit temps. Encore une fois, un moment frustrant car je ne peux rien y faire : nous ralentissons tandis que les autres prennent de la vitesse (c’est la météo qui décide). Peu importe, bientôt nous toucherons du vent. J’ai pu voir que les bateaux derrière moi ont déjà commencé à accélérer. Dans le même temps, je me faufile du mieux que je peux avec Roxy vers la porte des glaces, quelques empannages et changements de voiles en perspective… C’est intéressant car maintenant nous fonçons vers l’Est et on peut désormais dire que nous commençons réellement à faire le Tour du Monde. Ça me rappelle une de mes expressions favorites « Chasing the dawn» (Chasser l’aube) qui illustre tout à fait ce que l’on est en train de faire. C’est Nick Moloney qui me l’a appris. Je l’ai suivi de près lors du dernier Vendée Globe (j’ai également beaucoup tiré profit de son expérience et ça m’aide vraiment actuellement). C’est tellement ça, chaque jour on se rapproche du point où le soleil se lève… Et si vous avez la chance d’avoir une matinée peu nuageuse, vous pourrez apercevoir le soleil se lever dans l’axe de l’étrave du bateau, moment rarissime qui donne du baume au cœur à l’heureux skipper témoin de ce moment. Le seul côté négatif, c’est que tous les jours, l’heure locale change d’environ une heure (un changement de longitude de 15° représente 1 heure de différence) et notre horloge biologique aime évoluer avec le soleil (l’heure locale). Pourtant l’heure de Roxy reste basée sur l’heure universelle qui est celle que j’utilise pour mes infos météo, ma navigation et pour les contacts avec l’organisation de la course (vacations). Du coup, chaque matin, l’heure des repas change, l’heure de ma sieste aussi… Et j’ai réalisé qu’au cours de notre voyage autour du monde, nous gagnerons une journée supplémentaire, puisque à la fin nous arriverons d’où nous sommes partis. Alors dans le temps qu’il nous reste pour rejoindre l’Atlantique Sud, disons six semaines, j’aurai englouti la quantité de nourriture de 6 semaines et 1 jour!! C’est la réflexion du jour ! Si vous suivez ce raisonnement, vous méritez une médaille !!!! » Samantha Davies (Roxy) par mail. 

Le lundi 08 décembre 2008 à 18:38Bout de dépression

Bout de dépression

« Pour être honnête, je viens de passer 24 heures assez difficiles. Hier après-midi et puis pendant la nuit, c'était un peu fou. Une fois la porte franchie, nous avons empanné et au début on progressait bien. Mais l'état de la mer s'est détérioré et le vent est monté brutalement à 35 nœuds avec des rafales de 40, voire même 45. Impossible de garder le cap et je ne contrôlais plus le bateau. J'avais l'impression que je poussais un peu trop, car il ne répondait plus. Peut-être que tout le monde subissait le même sort. J’ai relancé les pilotes et j’ai changé la configuration. Ce n'était pas très sympa. À la fin, j'étais assez épuisé, car je travaillais dessus pendant la plus grande partie de la nuit sans succès. Je sais que Loick m'a dépassé hier, parce qu'il travaillait à fond à ce moment-là. Mais on ne peut pas faire cela tout le temps, et lors du prochain classement, j'avais repris du terrain sur lui. Il faut trouver l'équilibre. On reste tous groupés ici et pour le moment personne n'a pu prendre la poudre d'escampette. Je crois que si cela reste comme cela jusqu'au cap Horn, nous serons assez contents. Et oui, je pousse aussi. Car ce n'est guère facile de faire autrement. Je suis un peu fatigué, car c'est stressant et un peu décevant, car mes anciens bateaux marchaient bien sous ces conditions, mais là, j'ai perdu un peu le contrôle. Ce n'était pas très agréable. Il faut que je cherche la solution... Cette fois, on n'arrive pas à profiter d'une dépression pendant longtemps. Lors de mes derniers Vendée, on a fait le Grand Sud avec entre 2 et 4 systèmes. Mais là, on n'a que le bout de la dépression chaque fois. » Mike Golding (Ecover 3) par mail.  

Le lundi 08 décembre 2008 à 17:50Pas de glaçon pour Jojo

Pas de glaçon pour Jojo

« La nuit m’a bien secoué les puces. La mer a été impressionnante avec 30-35 nœuds de moyenne. C’est la fin de la dépression, ça va favoriser ceux qui sont devant, mais il y en a une autre qui arrive et personne ne va prendre 300 milles en une journée. L’eau est à 5,4 degrés, mais je ne vais pas au Sud. J’ai vu un glaçon une fois et je ne souhaite pas en revoir. Au niveau matériel, il y a des skippers qui jouent avec les limites de leur bateau. J’essaye de pas les atteindre, étant donné qu’on n’a pas fait la moitié du chemin. Je ne suivrai pas ceux qui font 19 nœuds de moyenne. C’est faisable mais pas raisonnable… » Sébastien Josse (BT) à la vacation radio de 11h00.
 

Le lundi 08 décembre 2008 à 17:04Rillettes, vin rouge pour Cali

Rillettes, vin rouge pour Cali

« J’ai fêté mon passage avec des rillettes et du pain grillé. Cette nuit, il est tombé un mélange de pluie et de neige. Maintenant il y a beaucoup de vent et des surfs à 18 nœuds. Je ne suis pas encore totalement à l’aise, mais naviguer dans cette zone est une vrai découverte. Les mers du Sud sont plutôt réjouissantes. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à la vacation radio de 11h00.

Le lundi 08 décembre 2008 à 15:38Toilé sans risques

Toilé sans risques

« La nuit a été difficile, moins calme qu’envisagé. J’ai dû faire beaucoup de manœuvres pour m’extraire des calmes. Je pense en être sorti. C’est la loi de la course de se faire distancer comme ça. Ça fait beaucoup de travail pour revenir. J’essaye de fonctionner en prenant soin de mon bateau. Il doit être toilé correctement. J’ai des vitesses de vent intéressantes. Avant le départ, vu le niveau des concurrents, tout le monde s’attendait à ce rythme. Il ne faut pas lâcher le morceau. Je garde ma façon de naviguer intelligemment et j’évite de prendre des risques inutiles. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation radio de 11h00.  

Le lundi 08 décembre 2008 à 15:00Océan sauvage

Océan sauvage

« La journée d’hier a été catastrophique, super dure. Un sale dimanche. J’étais sous gennaker quand le vent a forci. J’ai voulu le rouler, mais le bout de l’enrouleur s’est cassé. J’ai dû me battre pendant près de quatre heures sur la plage avant pour le récupérer. Ensuite, le pilote a mis la barre dans le coin et le bateau s’est retrouvé couché sur l’eau. Sans compter un problème de quille et une écoute emmêlée dans le gréement. Heureusement, mon option Sud s’est révélée payante. J’ai pu faire route directe quand tout le monde a dû empanner. Il ne faut pas oublier que l’Océan Indien est sauvage. Ici, on est toléré mais pas vraiment souhaité. » Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à la vacatin radio de 11h00.

Le lundi 08 décembre 2008 à 14:37La mer a ses raisons

La mer a ses raisons

« J’ai fait une belle nuit en tenant la cadence de ceux de devant. Les écarts sont infimes et il faut coller au paquet de tête. Si je fais une encoche pour chaque adversaire que je double ? On m’a plutôt conseillé de faire une liste au crayon et d’avoir une gomme à disposition… Tant que ça ne casse pas, je continue. Le matériel, il est fait pour ça. On a des chances de casser quand on fait des pirouettes, or je n’en fais pas. Ça me paraît raisonnable pour le moment. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation radio de 11h00.  

Le lundi 08 décembre 2008 à 14:23Mal au crâne

Mal au crâne

« Je suis dans un anticyclone, mais j’ai réussi à trouver un peu de vent. Je ne suis plus désormais qu'à 26 milles de Dinelli. C’est l’anniversaire cette semaine de mon abandon de 2004, et je suis content que tout marche bien cette fois. J’ai envoyé un message à Unaï. J’avais de vraies larmes aux yeux, car j’ai connu cela. J’espère que Unaï pourra rallier la France et qu'on le retrouvera bientôt sur l’eau. Le ciel est dégagé et il y a du soleil : un bon temps de séchage. Je fais un peu de bricolage et de nettoyage avant les Mers du Sud. Mais je souffre d'un mal de tête et je vais prendre un comprimé : peut-être que j’irai me reposer aussi cet après-midi. » Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à la vacation radio de midi.  

Le lundi 08 décembre 2008 à 13:54Peur de la casse

Peur de la casse

« Je n’ai pas encore résolu mes soucis de pilote, mais j’estime que la réparation ne sera pas difficile. Ralenti dans l'anticyclone, j’espère retrouver de la vitesse ce soir ou cette nuit. Je ne suis pas trop inquiet de ce passage car au milieu de la flotte, ils ne creusent pas trop l'écart. 7 nds de vent, 21°C et une mer plate. Cap sur le Sud. Je n’ai pas hâte de retrouver les coups de vent des Mers du Sud. Chaque fois, il y a la peur de la casse. Le temps passe rapidement. » Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) à la vacation radio de midi. 

Le lundi 08 décembre 2008 à 13:48Coup d’élastique

« Cette nuit, je n’ai pas été très vite car j’ai eu la molle en premier. Mais globalement, la nuit s’est bien passée. Depuis ce matin, je progresse dans 10 – 12 nœuds de vent donc je ne vais pas très vite. Je suis dans la dorsale. Ce qui est sûr, c’est qu’il va y avoir de nouveau un coup d’élastique dans les heures à venir. Les bateaux de devant vont aller beaucoup plus vite pendant quelques heures et après, on espère que ce sera nous… » Vincent Riou (PRB) par mail