Message sensible de Yann Eliès envoyé ce matin à son équipe : “L'aventure vient, depuis quelques jours, de se transformer en combat au corps à corps. L'Indien, l' Apache, le Mohican est un valeureux guerrier. Et les pauvres cow-boys que nous sommes, avons sous-estimé l'instinct sauvage de cet océan. Nous, les régatiers aux montures flambant neuves et aux pares-choc chromés, ne faisons plus route en rang serré mais en ordre dispersé. Le champ de bataille laisse à la lumière de l'aube, apparaître des monocoques mutilés et des marins groggy. Cette description de la situation peut vous paraître exagérée ce matin du 16 décembre mais à travers les petits coups de fils passés à droite et à gauche, et aussi au regard de mon propre état et de celui de mon bateau, voilà ce que je ressens ce matin. Vous l'avez bien compris, l'Océan Indien est en train de donner ou non son autorisation de passage et le droit est cher pour certain. Je me suis réveillé ce matin comme après un long cauchemar. Sonné, presque choqué par la violence des coups. Mais l'Indien qui sommeillait en moi vient lui aussi de se réveiller. J'en ai marre de prendre des coups et de subir. A travers cette lettre et en même temps que je cherche mes mots je sens que la rébellion monte en moi comme un fils peut en vouloir à son père le jour de l'adolescence. Maintenant je combattrai la tête haute, animé d'un esprit de vengeance, pour toi le frère de sang, pour ta tribu des Abers, mon ami Bernard. L'Indien mérite beaucoup de respect et d'humilité pour être traversé. Mais j'en ai encore plus pour toi et ta famille. Le combat continu, plus pour très longtemps mais il faut tenir. Yann Eliès »
A la uneBrèves
Combat au corps à corps
16.12.2008
Algues, bricolage et grosse fatigue
16.12.2008Message de Sam Davies qui a effectué de belles moyennes ces dernières 24 heures, lui permettant de tenir son objectif : rester devant son compatriote Brian. Mission accomplie puisque la jeune britannique, pointée 11e ce matin, a encore creusé l’écart (104 milles) avec Bahrain Team Pindar, malgré une matinée éprouvante à bord de Roxy.
« Journée fantastique hier ! Le vent soufflait régulièrement à 35/40 noeuds avec des rafales à 45. Les vagues étaient grosses comme des montagnes, le bateau volait, à la limite de la sortie de route. Je voulais pousser la machine pour rester dans le système météo jusqu’à la porte australienne.Les vagues étaient si impressionnantes que j’essayais de ne pas les regarder. Mais dans ces grosses mers, mieux vaut conserver de la vitesse pour ne pas se faire rattraper par une déferlante.
A la tombée de la nuit, le vent a tourné, j’ai dû empanner dans le noir total et des vagues énormes. Grosse décharge d’adrénaline pour contrôler Roxy dans ces conditions… Après l’empannage j’ai essayé d’aller dormir. J’en avais grand besoin, mais il n’est pas facile de fermer l’œil quand le bateau bouge dans tous les sens.
Ce matin (en réalité la nuit pour nous à l’heure française), alors que le vent avait molli et que j’étais sur le point d’avaler mon porridge, j’ai entendu un “bang”. J’ai regardé dehors et constaté que mon safran tribord s’était relevé… le bateau avait heurté quelque chose. Là, j’ai réalisé qu’au lieu de marcher à 14-15 nœuds, on allait à 8 nœuds. J’ai roulé le solent, et j’ai pris l’endoscope pour regarder sous le bateau. Je n’ai pas pu voir la quille car il y avait un paquet d’algues enroulé autour. Je me suis dit, ça doit être les algues que JP Dick a vues !! Mais le safran était la priorité. Malheureusement, c’est celui que j’avais déjà réparé, donc, l’opération allait être plus compliquée. Je me suis retrouvée avec mes outils, sur la jupe de Roxy, pratiquement sous l’eau à cause des vagues. Vivifiant ! Une fois le safran remis en place, je me suis occupée d’enlever les algues. Après ce petit pit-stop, Roxy est de nouveau en route. Empannage, enlevé deux ris, voiles d’avant à poste. Je suis complètement lessivée ; le cockpit est un vrai bazar. Et pour couronner le tout, mon porridge est complètement froid !! C'est le luxe ! Sam."
466,6 milles pour Foncia !
16.12.2008Record en vue ? A bord de Foncia, Michel Desjoyeaux a parcouru 466,6 milles en 24 heures, entre lundi et mardi 06h50. Soit 19,4 nœuds de moyenne ! Mich’ n’est plus qu’à 2,1 milles du record détenu depuis 2003 par le britannique Alex Thomson, en solitaire à bord de son 60 pieds open AT Racing. Distance à battre : 468,72 milles.
Des algues sous la véranda ?
16.12.2008Message de la nuit d’Arnaud Boissières : « Bonjour. Cette nuit j'ai pris quelque chose dans la quille. Je pensais au début que c'était un bout ou un orin. J'ai arrêté le bateau et fait une marche arrière, hop et ça repart! Une heure après, rebelote. J'ai fait des zigzags avec le bateau et s'est reparti. J'ai plutôt le sentiment que ce sont des algues. Sinon la véranda glisse au gré de la nouvelle perturbation qui nous amène à vive allure vers Australian gate. Arnaud, Akena. »
Magie lunaire
16.12.2008Message de la ‘nuit’ envoyé par Foncia :
« Salut. Ce mot de la nuit pourrait être un mot du jour, puisque, depuis 20H30 TU environ, il fait jour à bord de Foncia. Mais c'est de la nuit d'avant qu'il est question. On a la lune en ce moment, pas partageuse avec les nuages, mais là, magie, le ciel était couvert d'étoiles, à part quelques nuages à l'horizon, et la lune est apparue, pleine, orange puis jaune, illuminant les vagues naissantes, il y avait déjà 30 noeuds de vent et les crêtes se manifestaient. Ça a duré 10 minutes, mais c'était magique. Petit bonheur égoïste, imprimé sur la rétine. Ensuite, j'ai essayé la bannette, mais ça bougeait trop, alors j'ai visé le pouf et je me suis assoupi. En fait, c'est pas mal de se dire qu'on dort quand d'autres travaillent. Pour une fois que ça se passe dans ce sens, vous ne m'en voudrez pas ! Mich »
« Coopétition »
15.12.2008C’est le joli néologisme inventé ce matin par Andrew Pindar - Président du Groupe Pindar-, venu soutenir son ‘poulain’ Brian Thompson à la vacation, en cette journée de fête d’indépendance du royaume de Bahrain. Andrew Pindar a fabriqué cette nouvelle locution pour rappeler l’esprit de solidarité qui règne entre les solitaires….entre compétition et coopération. A la table de vacation, il était accompagné de Ian Williams, récemment auréolé du titre de champion du monde de match racing, pour la deuxième année consécutive.