Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h00 : « J’ai appris le démâtage de Mike. C’est la série en ce moment ! L’océan Indien et ses mers chaotiques, c’est dur. Il faut suivre le rythme et ça ne me plaît qu’à moitié. Pour moi, ici, ce n’est pas une bonne semaine, c’est plein de mauvais souvenirs. Mine de rien, ça marque, et je ne suis pas très à l’attaque en ce moment. En fait, ça serait bien qu’il y ait un consensus entre nous. On se dirait ‘alors, on met la barre là, mais pas plus’…Mais ça, c’est de l’ordre de l’impossible. »
A la uneBrèves
Le consensus de Roland
16.12.2008
La bonne et la mauvaise nouvelle
16.12.2008Michel Desjoyeaux (Foncia) : « Il y a une bonne nouvelle pour moi et une mauvaise pour Mike. C’est dur pour lui. Jusque-là, il avait fait une belle course. Il prenait des initiatives intéressantes à suivre. Ce doit être une énorme déception pour lui. Malheureusement, la casse fait partie du jeu. Sinon, ma position en tête aujourd’hui est inespérée. C’est top, génial. Mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut être devant, c’est dans deux mois. Il faut d’abord finir. Ici, il faut faire attention. Ce matin, c’était le pire, avec la rotation du vent, la mer était croisée, il n’y avait parfois aucune échappatoire, impossible de ralentir. Mais ce soir – les marins sont en décalage horaire et notre vacation de 11h00 correspond pour eux à la fin de l’après-midi- c’est beaucoup mieux. Il y a toujours 30 nœuds de vent, mais c’est grand soleil et les crêtes des vagues sont turquoises »
La malchance poursuit Mike
16.12.2008Mike Golding (Ecover) à la vacation de 11h00 : « J’ai mis 30 minutes à couper tout le gréement. Dans cette situation, avec une mer formée, il faut faire vite pour éviter que le mât ne tape dans la coque, au risque de l’endommager. Il me reste la bôme, mais j’ai perdu toutes mes voiles, sauf mon tourmentin et un spinnaker. Je vais confectionner un gréement de fortune avec tout ça. Ensuite, je ne sais pas encore où je vais aller, si je vais me diriger vers l’Australie ou vers Hobart en Tasmanie, qui sont à peu près équidistants, à 1000 milles de moi. Tout dépendra de l’orientation du vent. Je suis vraiment dégoûté. Tout allait bien pour moi. Cette nuit, j’ai fait attention, en navigant prudemment. S’il fallait tout refaire, je n’aurai rien changé. Vraiment, je ne sais pas pourquoi la malchance s’abat tout le temps sur moi.»
Combat au corps à corps
16.12.2008Message sensible de Yann Eliès envoyé ce matin à son équipe : “L'aventure vient, depuis quelques jours, de se transformer en combat au corps à corps. L'Indien, l' Apache, le Mohican est un valeureux guerrier. Et les pauvres cow-boys que nous sommes, avons sous-estimé l'instinct sauvage de cet océan. Nous, les régatiers aux montures flambant neuves et aux pares-choc chromés, ne faisons plus route en rang serré mais en ordre dispersé. Le champ de bataille laisse à la lumière de l'aube, apparaître des monocoques mutilés et des marins groggy. Cette description de la situation peut vous paraître exagérée ce matin du 16 décembre mais à travers les petits coups de fils passés à droite et à gauche, et aussi au regard de mon propre état et de celui de mon bateau, voilà ce que je ressens ce matin. Vous l'avez bien compris, l'Océan Indien est en train de donner ou non son autorisation de passage et le droit est cher pour certain. Je me suis réveillé ce matin comme après un long cauchemar. Sonné, presque choqué par la violence des coups. Mais l'Indien qui sommeillait en moi vient lui aussi de se réveiller. J'en ai marre de prendre des coups et de subir. A travers cette lettre et en même temps que je cherche mes mots je sens que la rébellion monte en moi comme un fils peut en vouloir à son père le jour de l'adolescence. Maintenant je combattrai la tête haute, animé d'un esprit de vengeance, pour toi le frère de sang, pour ta tribu des Abers, mon ami Bernard. L'Indien mérite beaucoup de respect et d'humilité pour être traversé. Mais j'en ai encore plus pour toi et ta famille. Le combat continu, plus pour très longtemps mais il faut tenir. Yann Eliès »
Algues, bricolage et grosse fatigue
16.12.2008Message de Sam Davies qui a effectué de belles moyennes ces dernières 24 heures, lui permettant de tenir son objectif : rester devant son compatriote Brian. Mission accomplie puisque la jeune britannique, pointée 11e ce matin, a encore creusé l’écart (104 milles) avec Bahrain Team Pindar, malgré une matinée éprouvante à bord de Roxy.
« Journée fantastique hier ! Le vent soufflait régulièrement à 35/40 noeuds avec des rafales à 45. Les vagues étaient grosses comme des montagnes, le bateau volait, à la limite de la sortie de route. Je voulais pousser la machine pour rester dans le système météo jusqu’à la porte australienne.Les vagues étaient si impressionnantes que j’essayais de ne pas les regarder. Mais dans ces grosses mers, mieux vaut conserver de la vitesse pour ne pas se faire rattraper par une déferlante.
A la tombée de la nuit, le vent a tourné, j’ai dû empanner dans le noir total et des vagues énormes. Grosse décharge d’adrénaline pour contrôler Roxy dans ces conditions… Après l’empannage j’ai essayé d’aller dormir. J’en avais grand besoin, mais il n’est pas facile de fermer l’œil quand le bateau bouge dans tous les sens.
Ce matin (en réalité la nuit pour nous à l’heure française), alors que le vent avait molli et que j’étais sur le point d’avaler mon porridge, j’ai entendu un “bang”. J’ai regardé dehors et constaté que mon safran tribord s’était relevé… le bateau avait heurté quelque chose. Là, j’ai réalisé qu’au lieu de marcher à 14-15 nœuds, on allait à 8 nœuds. J’ai roulé le solent, et j’ai pris l’endoscope pour regarder sous le bateau. Je n’ai pas pu voir la quille car il y avait un paquet d’algues enroulé autour. Je me suis dit, ça doit être les algues que JP Dick a vues !! Mais le safran était la priorité. Malheureusement, c’est celui que j’avais déjà réparé, donc, l’opération allait être plus compliquée. Je me suis retrouvée avec mes outils, sur la jupe de Roxy, pratiquement sous l’eau à cause des vagues. Vivifiant ! Une fois le safran remis en place, je me suis occupée d’enlever les algues. Après ce petit pit-stop, Roxy est de nouveau en route. Empannage, enlevé deux ris, voiles d’avant à poste. Je suis complètement lessivée ; le cockpit est un vrai bazar. Et pour couronner le tout, mon porridge est complètement froid !! C'est le luxe ! Sam."
466,6 milles pour Foncia !
16.12.2008Record en vue ? A bord de Foncia, Michel Desjoyeaux a parcouru 466,6 milles en 24 heures, entre lundi et mardi 06h50. Soit 19,4 nœuds de moyenne ! Mich’ n’est plus qu’à 2,1 milles du record détenu depuis 2003 par le britannique Alex Thomson, en solitaire à bord de son 60 pieds open AT Racing. Distance à battre : 468,72 milles.