Vendée Globe

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Jean-Baptiste Dejeanty sur Maisonneuve

Trop de soucis pour Dejeanty

16.12.2008

Jean Baptiste Dejeanty, Groupe Maisonneuve : « Il est clair que c’est compliqué pour moi de continuer. J’ai 2 problèmes principaux qui en ont engendré d’autres. La drisse de la grand- voile me pose beaucoup de soucis. Je risque de me prendre la grand-voile sur la figure d’un instant à l’autre. Il faudrait que je monte dans le mât, mais avec la houle qu’il y a, ce ne sera pas possible avant plusieurs jours. D’autre part j’ai un problème de pilote, le bateau a fait pas mal de vracs ces derniers jours, il est parfois incontrôlable et ça peut être dangereux pour le matériel et pour moi. Je vais essayer de me diriger vers port Elisabeth en Afrique du Sud, à 1000 milles de distance. Pour l’instant, le vent n’a pas baissé, j’ai 35 nœuds, au près, mais je me dirige vers un anticyclone.»
 

YANN ELIES / GENERALI - START - 09/11/08

Trois jours pas faciles

16.12.2008

Yann Eliès (Generali) à la vacation de 11h00 : « Je viens de passer trois jours pas faciles, en me demandant s’il fallait accélérer et comment. Alors t’essaye, mais avec la mer qu’on a, c’est impossible, il faut lever le pied. Du coup, tu n’avances pas, alors t’as l’impression d’être nul. La mer est croisée dans tous les sens. Tu pars dans des surfs à 20 nœuds, le bateau s’envole avant de s’écraser dans la vague de devant, d’enfourner et de s’arrêter. J’espère que le Pacifique sera plus cool.»

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

Le consensus de Roland

16.12.2008

Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h00 : « J’ai appris le démâtage de Mike. C’est la série en ce moment ! L’océan Indien et ses mers chaotiques, c’est dur. Il faut suivre le rythme et ça ne me plaît qu’à moitié. Pour moi, ici, ce n’est pas une bonne semaine, c’est plein de mauvais souvenirs. Mine de rien, ça marque, et je ne suis pas très à l’attaque en ce moment. En fait, ça serait bien qu’il y ait un consensus entre nous. On se dirait ‘alors, on met la barre là, mais pas plus’…Mais ça, c’est de l’ordre de l’impossible. »
 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 PORTRAITS PRESTART

La bonne et la mauvaise nouvelle

16.12.2008

Michel Desjoyeaux (Foncia) : « Il y a une bonne nouvelle pour moi et une mauvaise pour Mike. C’est dur pour lui. Jusque-là, il avait fait une belle course. Il prenait des initiatives intéressantes à suivre. Ce doit être une énorme déception pour lui. Malheureusement, la casse fait partie du jeu. Sinon, ma position en tête aujourd’hui est inespérée. C’est top, génial. Mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut être devant, c’est dans deux mois. Il faut d’abord finir. Ici, il faut faire attention. Ce matin, c’était le pire, avec la rotation du vent, la mer était croisée, il n’y avait parfois aucune échappatoire, impossible de ralentir. Mais ce soir – les marins sont en décalage horaire et notre vacation de 11h00 correspond pour eux à la fin de l’après-midi- c’est beaucoup mieux. Il y a toujours 30 nœuds de vent, mais c’est grand soleil et les crêtes des vagues sont turquoises »
 

A BORD DE ECOVER / SKIPPER MIKE GOLDING

La malchance poursuit Mike

16.12.2008

Mike Golding (Ecover) à la vacation de 11h00 : « J’ai mis 30 minutes à couper tout le gréement. Dans cette situation, avec une mer formée, il faut faire vite pour éviter que le mât ne tape dans la coque, au risque de l’endommager. Il me reste la bôme, mais j’ai perdu toutes mes voiles, sauf mon tourmentin et un spinnaker. Je vais confectionner un gréement de fortune avec tout ça. Ensuite, je ne sais pas encore où je vais aller, si je vais me diriger vers l’Australie ou vers Hobart en Tasmanie, qui sont à peu près équidistants, à 1000 milles de moi. Tout dépendra de l’orientation du vent. Je suis vraiment dégoûté. Tout allait bien pour moi. Cette nuit, j’ai fait attention, en navigant prudemment. S’il fallait tout refaire, je n’aurai rien changé. Vraiment, je ne sais pas pourquoi la malchance s’abat tout le temps sur moi.»

 

A BORD GENERALI / SKIPPER : YANN ELIES (FRA)

Combat au corps à corps

16.12.2008

Message sensible de Yann Eliès envoyé ce matin à son équipe : “L'aventure vient, depuis quelques jours, de se transformer en combat au corps à corps. L'Indien, l' Apache, le Mohican est un valeureux guerrier. Et les pauvres cow-boys que nous sommes, avons sous-estimé l'instinct sauvage de cet océan. Nous, les régatiers aux montures flambant neuves et aux pares-choc chromés, ne faisons plus route en rang serré mais en ordre dispersé. Le champ de bataille laisse à la lumière de l'aube, apparaître des monocoques mutilés et des marins groggy. Cette description de la situation peut vous paraître exagérée ce matin du 16 décembre mais à travers les petits coups de fils passés à droite et à gauche, et aussi au regard de mon propre état et de celui de mon bateau, voilà ce que je ressens ce matin. Vous l'avez bien compris, l'Océan Indien est en train de donner ou non son autorisation de passage et le droit est cher pour certain. Je me suis réveillé ce matin comme après un long cauchemar. Sonné, presque choqué par la violence des coups. Mais l'Indien qui sommeillait en moi vient lui aussi de se réveiller. J'en ai marre de prendre des coups et de subir. A travers cette lettre et en même temps que je cherche mes mots je sens que la rébellion monte en moi comme un fils peut en vouloir à son père le jour de l'adolescence. Maintenant je combattrai la tête haute, animé d'un esprit de vengeance, pour toi le frère de sang, pour ta tribu des Abers, mon ami Bernard. L'Indien mérite beaucoup de respect et d'humilité pour être traversé. Mais j'en ai encore plus pour toi et ta famille. Le combat continu, plus pour très longtemps mais il faut tenir. Yann Eliès »
 

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