Thierry Perillo, chef de cabinet du Préfet des TAFF, joint par téléphone à la vacation de 11h00 : « Hier, pour déséchouer Cheminées Poujoulat, nous avons tiré une aussière de 800 mètres, dans les algues. Je peux vous dire que cela demande de la manutention, de la matière grise et de l’huile de coude. Sans l’équipage du Marion Dufresne, ça aurait été impossible. Bernard nous a demandé d’embarquer son bateau sur le Marion Dufresne, mais les conditions météo sont mauvaises. Il a enlevé son mât avec l’aide des plongeurs de la base et récupéré l’électronique, mais son bateau penche sur le côté. L’idée serait de le poser, côté abîmé, sur la cale avant, mais c’est loin d’être gagné, d’autant qu’il faut que le Marion puisse poursuivre sa mission principale, qui est de ravitailler les scientifiques des îles du TAAF."
A la uneBrèves
Cheminée Poujoulat en attente d’une solution
16.12.2008
Trop de soucis pour Dejeanty
16.12.2008Jean Baptiste Dejeanty, Groupe Maisonneuve : « Il est clair que c’est compliqué pour moi de continuer. J’ai 2 problèmes principaux qui en ont engendré d’autres. La drisse de la grand- voile me pose beaucoup de soucis. Je risque de me prendre la grand-voile sur la figure d’un instant à l’autre. Il faudrait que je monte dans le mât, mais avec la houle qu’il y a, ce ne sera pas possible avant plusieurs jours. D’autre part j’ai un problème de pilote, le bateau a fait pas mal de vracs ces derniers jours, il est parfois incontrôlable et ça peut être dangereux pour le matériel et pour moi. Je vais essayer de me diriger vers port Elisabeth en Afrique du Sud, à 1000 milles de distance. Pour l’instant, le vent n’a pas baissé, j’ai 35 nœuds, au près, mais je me dirige vers un anticyclone.»
Trois jours pas faciles
16.12.2008Yann Eliès (Generali) à la vacation de 11h00 : « Je viens de passer trois jours pas faciles, en me demandant s’il fallait accélérer et comment. Alors t’essaye, mais avec la mer qu’on a, c’est impossible, il faut lever le pied. Du coup, tu n’avances pas, alors t’as l’impression d’être nul. La mer est croisée dans tous les sens. Tu pars dans des surfs à 20 nœuds, le bateau s’envole avant de s’écraser dans la vague de devant, d’enfourner et de s’arrêter. J’espère que le Pacifique sera plus cool.»
Le consensus de Roland
16.12.2008Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h00 : « J’ai appris le démâtage de Mike. C’est la série en ce moment ! L’océan Indien et ses mers chaotiques, c’est dur. Il faut suivre le rythme et ça ne me plaît qu’à moitié. Pour moi, ici, ce n’est pas une bonne semaine, c’est plein de mauvais souvenirs. Mine de rien, ça marque, et je ne suis pas très à l’attaque en ce moment. En fait, ça serait bien qu’il y ait un consensus entre nous. On se dirait ‘alors, on met la barre là, mais pas plus’…Mais ça, c’est de l’ordre de l’impossible. »
La bonne et la mauvaise nouvelle
16.12.2008Michel Desjoyeaux (Foncia) : « Il y a une bonne nouvelle pour moi et une mauvaise pour Mike. C’est dur pour lui. Jusque-là, il avait fait une belle course. Il prenait des initiatives intéressantes à suivre. Ce doit être une énorme déception pour lui. Malheureusement, la casse fait partie du jeu. Sinon, ma position en tête aujourd’hui est inespérée. C’est top, génial. Mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut être devant, c’est dans deux mois. Il faut d’abord finir. Ici, il faut faire attention. Ce matin, c’était le pire, avec la rotation du vent, la mer était croisée, il n’y avait parfois aucune échappatoire, impossible de ralentir. Mais ce soir – les marins sont en décalage horaire et notre vacation de 11h00 correspond pour eux à la fin de l’après-midi- c’est beaucoup mieux. Il y a toujours 30 nœuds de vent, mais c’est grand soleil et les crêtes des vagues sont turquoises »
La malchance poursuit Mike
16.12.2008Mike Golding (Ecover) à la vacation de 11h00 : « J’ai mis 30 minutes à couper tout le gréement. Dans cette situation, avec une mer formée, il faut faire vite pour éviter que le mât ne tape dans la coque, au risque de l’endommager. Il me reste la bôme, mais j’ai perdu toutes mes voiles, sauf mon tourmentin et un spinnaker. Je vais confectionner un gréement de fortune avec tout ça. Ensuite, je ne sais pas encore où je vais aller, si je vais me diriger vers l’Australie ou vers Hobart en Tasmanie, qui sont à peu près équidistants, à 1000 milles de moi. Tout dépendra de l’orientation du vent. Je suis vraiment dégoûté. Tout allait bien pour moi. Cette nuit, j’ai fait attention, en navigant prudemment. S’il fallait tout refaire, je n’aurai rien changé. Vraiment, je ne sais pas pourquoi la malchance s’abat tout le temps sur moi.»