« Je suis de retour !! J’ai passé une journée parfaite de R&R tandis que Roxy filait dans les alizés !! Pas de changement de voile, simplement quelques petits réglages de temps en temps, donc j’ai réussi à dormir un bon nombre d’heures. Même le bruit des vagues ne m’a pas perturbé. Je me demande si je vais avoir des troubles du sommeil quand je serais de retour sur la terre ferme ?! Le Pot au Noir m’a donné beaucoup de travail hier car nous sommes tombés dans de nombreuses bourrasques. Malheureusement la première fut très très pluvieuse et sans un souffle d’air! Donc pendant que je virais de bord, que j’empannais, essayant de continuer à faire avancer Roxy, j’ai réussi à me faire un shampoing et j’ai pris la meilleure douche sous une pluie torrentielle. Et en plus, le dieu de la pluie a laissé couler l’eau jusqu’à que j’ai tout rincé cette fois ! Je l’ai échappé belle, parce que j’étais assez proche de l’équateur à ce moment là et je ne suis pas sûre de ce que Neptune aurait pensé s’il avait reçu mon shampoing !! Heureusement, quand nous venions juste de franchir l’équateur, le vent est revenu et j’ai réussi à offrir à Neptune une jolie cérémonie avec Champagne GH Mumm suivi d’une barre chocolatée avec des fruits ! Maintenant, alors que je suis en train d’écrire, il fait nuit, mais j’ai le privilège d’avoir une vue fantastique à travers mon hublot – notre fidèle étoile Venus a été rejointe par la lune et les deux brillent au dessus de moi ! Roxy continue de filer et aux bruits normaux du bateau s’ajoutent ceux, plus occasionnels, des poissons volants suicidaires qui viennent se crasher sur le bateau. Malheureusement je ne vais pas faire du secourisme ce soir parce qu’il fait trop humide sur le pont et je veux avoir à y aller uniquement pour améliorer les performances du bateau. » Samantha Davies (Roxy) par mail.
A la uneBrèves
Les Dieux de Samantha
31.01.2009
24 heures décisives pour Bilou
31.01.2009« Il faut relativiser, ça va bien tant qu'il n'y a pas de mer. Hier, c'est impeccable, comme sur un gros dériveur lesté, plus qu'à mettre une ceinture de trapèze et hop, ça me rappelle l'école de voile. Le problème est qu'on ne contrôle pas les mouvements dynamiques. Le bateau pesant de plus en plus lourd, la voile est de plus en plus tendue, le bateau dérape... Ça va, mais ce n'est pas terrible, terrible. Le problème, ça va être les déferlantes, car fixe, il est stabilisé, mais avec une déferlante... Si ça forcit, il faudra que je me mettre en fuite, mais l'objectif étant d'aller vers les Açores, vers l'île de Sao Miguel, il faut que je monte encore un peu dans le vent. Il va progressivement passer à droite dans le Nord Ouest et ça devrait durer 24h comme ça, avant une nouvelle dorsale. Ça va être vraiment le gros test, pour voir si je suis à peu près maître de la situation. Si ça devient un radeau, c'est beaucoup moins viable, mais tant qu'on arrive à être en « survie dynamique », ça va… La priorité restera ma propre sécurité et celle du bateau, je n'irai pas faire le fou, c'est évident. Si jamais il y a une prévision qui est correcte sur une semaine, avec du vent portant, ça ira. Comme le disent mes copains marins pêcheurs : un bon marin, c'est un marin qui rentre au port. La nuit dernière, j'ai réussi quand même à dormir, par tranches avec mon alarme. J'ai mon kit de sécurité à côté de moi, prêt à faire feu au cas où. Je dors avec les portes fermées, mais ce n'est pas le sommeil des grands jours. Les circonstances ne sont pas très joyeuses pour que je fasse une ode à Mich, mais c'est super ce que t'as fait, c'était le Vendée Desjoyeaux. J'ai essayé de faire ce que j'ai pu derrière, mais tu étais au sommet de ton art, Mich. » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h30.
Un samedi en mer
31.01.2009« Ce n'est pas seulement le dernier jour du mois de janvier, c'est mon dernier jour de mer surtout ! Le vent a bien molli depuis le milieu de la nuit, du coup ma progression est en train de prendre un coup dans la figure, mais je ne désespère pas de vous rejoindre aux Sables d'Olonne. Une quinzaine de nœuds de vent et encore pas mal de mer qui s'est transformée en houle. Du coup, le bateau part en surf de temps en temps, puis s'arrête, puis repart... Et depuis ce matin, je suis en train de faire la course avec un cargo qui va vers les Sables d'Olonne ou la Rochelle. Ça va plutôt bien ce matin. Quand le Falcon m'a survolé hier, ils m'ont demandé de sortir, mais moi je ne sors pas quand il fait ce temps-là ! Que du bonheur d'être en mer par une belle journée, c'est pas mal pour finir un tour du monde. Je pense que la transition va être brutale entre être tout seul sur mon bateau et tout seul au milieu de milliers de personnes… Je tiens le cap à peu près sur les Sables d'Olonne et comme le vent mollit, il faut rajouter des m². Ce n'est pas encore toute la lingerie de petit temps, mais ça va être l'étape d'après. Cette nuit, en traversant la ligne droite entre le rail d'Espagne et le rail de la pointe de Bretagne, j'ai découvert un super outil qui permet d'afficher les bateaux, le nom, la taille. On sélectionne une zone de sécurité - j'ai mis un cercle de 10 milles - et à chaque fois qu'il y a un bateau qui entrait dans mon cercle de sécurité, ça me bippe une petite musique. Grâce à ce système, on a un moyen de suivi qui est quand même assez performant et efficace… Au début de ce second Vendée Globe, il y avait moins d'inconnues et quelques menues ambitions. Comme quoi, quand on ne lâche rien, il peut se passer de belles choses... Je l'ai appréhendé avec beaucoup plus de sérénité, mais dans la façon de se dérouler et dans la performance, il a été plus impressionnant. Vu comme ça s'est passé, je pense que j'ai fait du bon boulot. J'ai eu beaucoup moins de stress et de coups de mou qu'il y a huit ans. Je crois que finalement, j'en avais très envie, et le résultat est au bout. Je vais essayer de faire marcher Foncia le mieux possible vers la ligne d'arrivée : j'en ai plein les pattes. Donc ça va me faire une petite étape du Figaro pour finir ce Vendée Globe, je vais passer du temps à la barre. Demain j'arriverai frais, guilleret, il faut que j'ai le temps de passer cet après-midi chez le coiffeur et puis le barbier, je ne suis pas très présentable. Je n'ai pas eu peur la première fois, j'ai trouvé ça super, donc j'espère que demain il y aura encore plus de monde, ça fait deux mois que je travaille mon ETA pour arriver un dimanche, en pleine journée ! Je sais que vous allez avoir un petit peu froid demain, donc sortez couverts et amenez tout ce qu'il faut pour faire la fête, on va rigoler tous ensemble. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h30.
Vent faible, vitesses faibles
31.01.2009« On est dans l'anticyclone des Açores, le vent est faible, et on est en vigilance maximum pour essayer de grappiller les petits milles pour nous faire partir de cette zone de vent faible. Il y a toujours de la houle résiduelle qui passe, le bateau est secoué et ça fait claquer les voiles. Ce n’est pas forcement super pour le bateau, mais on s'habitue à tout, au bruit et à la houle. En sortir le plus tôt possible, ce serait parfait, j'espère ce soir, ou au plus tard, demain matin. Les fichiers le confirment, mais en pratique, on verra. J'espère avoir un petit peu de vent pour pouvoir gagner dans le Nord-Ouest, il y a des nuages qui arrivent et c'est plutôt bon signe. Il faut vraiment essayer de gagner les petites risées, ce sont des heures de gagnées pour la suite. Je n'ai pas dormi cette nuit, et je suis concentré sur la vitesse du bateau... Michel Desjoyaux ? Il n’y a pas grand-chose à dire, il a fait ça de manière, pas parfaite, mais presque. Il a eu une course maîtrisée jusqu'à la fin, il a assumé son statut de grand favori, même après ces difficultés au départ, il fait partie des grands champions, c'est comme des Roger Federer, des Sébastien Loeb, qui sont attendus au début d'une compétition, et qui assument un statut. Michel en a fait la démonstration, et nous derrière, on essaye d'arriver pas trop longtemps après. » Armel le Cléac'h (Brit Air) à la vacation de 11h30.
Arriver avant de rempiler
31.01.2009« Ce n'est pas une allure très excitante : du près océanique comme on appelle ça, avec une mer de face, ça cogne beaucoup, ce n'est pas très confortable, c’est un peu monotone, ce n’est pas forcément la partie la plus agréable de ce Vendée Globe… Il y a des vagues assez courtes, donc on en glisse sur la première, et la seconde, puis on s'écrase dans la troisième. Comme on a des gréements assez raides, ce n'est pas confortable. C'est la partie la plus droite de ce Vendée Globe, mais pas la plus agréable. Moi qui fais attention de me garder une petite cuisine bien propre, de faire la "mère Denis", on essaye de faire attention, et à chaque coup de butoir, on en met partout. Le bonhomme est tendu quand le bateau souffre, c'est le cas. Mais je n'ai pas à me plaindre, car tant que ça avance, je ne suis pas le plus malheureux… Revenir dans quatre ans ? Je crois que les décisions ne peuvent pas se prendre avant d'arriver. Ce qui est certain, c'est que Safran sera là, mais je ne sais pas si j'y serais. Le Vendée Globe, on y va parce qu'on a envie d'y aller, mais on n’y va pas juste parce qu'on a un sponsor… Michel Desjoyeaux ? Mis à part quelques uns de ces commentaires, il a fait une course exceptionnelle, il a été très vite, il a fait un parcours prudent, avec beaucoup de sérénité, digne d'un grand champion, d'un grand marin. Donc c'est bien méritant pour lui, qu'il y arrive. Je l’ai trouvé un peu prétentieux par rapport aux autres concurrents, je ne sais pas s'il s'en est rendu compte ! Il a souvent fait des commentaires assez froids, assez radicaux. Par exemple, quand il est revenu sur la flotte, il s'est presque demandé si on était « en croisière ». Je ne sais pas s'il se rend compte, mais ça peut être mal perçu par les gens qui sont en train de se battre comme lui. Mais le côté super marin de ce qu'il a fait, passe bien au-dessus de tout ça. Je n'ai qu'un mot, c'est bravo-bravo Mich', et bravo ! » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h30.
Foncia à 246 milles de l'arrivée
31.01.2009Au pointage de 11 heures, Michel Desjoyeaux n'était plus qu'à 246 milles de la ligne d'arrivée des Sables d'Olonne. Il progresse actuellement en plein golfe de Gascogne, à 14-15 noeuds de moyenne dans un vent qui va progressivement mollir au passage d'une dorsale.