Le skipper de Safran, joint au téléphone depuis le PC Course alors qu’il se trouvait à moins d’un mille de Generali, va tenter de lancer à Yann des bouteilles d’eau. Il fait le point sur la situation. De son côté, Samantha Davies est à 300 milles du plan Finot.
« Actuellement, on a une vingtaine de nœuds, la mer est agitée peut-être un peu moins que lorsque je suis arrivé sur la position de Yann hier soir. Ce qui est bien, c’est qu’il y a du soleil. J’ai eu Yann à la VHF, il a dormi, et j’en ai aussi profité pour dormir. Du coup, on s’est un peu écarté mais là, à nouveau, je suis revenu sur lui, je suis à moins d'un mille de sa position. Je vais m’organiser pour passer assez proche de son tableau arrière, sans vitesse et essayer de lui balancer une bouteille d’eau. Je resterai là tant que c’est nécessaire, même s’il faut attendre trois jours et quelles que soient les conditions météo. Yann doit savoir que je serai là tant qu’il en a besoin. La course, c’était hier. Aujourd’hui, c’est autre chose...
J’ai malheureusement vécu une expérience un peu similaire il y a quelques années. Quand je l’ai en VHF, j’essaie de savoir ce qu’il ressent, s’il arrive à bouger, c’est juste histoire de parler avec lui. Hier, il m’a semblé fatigué, souffrant aussi, mais en même temps très rassuré de me savoir à côté. Ce qui est important, c’est que Yann sente qu’il y a une présence à proximité. Il sait que tant qu’il sera seul dans son bateau, il peut compter sur moi. C’est un soutien plus psychologique que physique mais c’est important parce qu’en général, c’est la tête qui fait marcher le reste du corps. Ça va l’aider en attendant l’arrivée des secours. »