Dépêches
Le samedi 20 décembre 2008 à 14:36Du sudoku en attendant le vent
"J’ai eu une journée un peu calme, ça fait du bien. Le soleil est entrain de se coucher, dans un petit rayon de soleil orangé. J’étais en train de faire un sudoku en attendant à la vacation. Ce jeu est nickel pour rester concentré. Ça me permet de voir où j’en suis. Hier, j’étais sur une grille assez difficile, niveau « diabolique », et je n’y suis pas arrivé. Donc je suis allé me reposer. Ce matin, ça y est. J’ai réussi à la faire. Le sudoku, c’est un bon test pour savoir si tu es dans le coup ou pas. Si je n’arrive pas à réussir un sudoku facile, je sais que c’est le moment d’aller se coucher. C’est excellent pour la lucidité intellectuelle…
En ce moment, je vais péniblement à 11 nœuds. Dans les heures qui viennent, les écarts entre concurrents vont se réduire. Une nouvelle dépression arrive derrière nous. J’espère que je vais bientôt toucher un peu de vent… "
Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h.
Le samedi 20 décembre 2008 à 12:57« Ivory en phase de test »
Jean Pierre Dick, lors d’une communication avec son équipe : « Après avoir collé « Ivory » (ainsi qu’il a baptisé la plaque qui lui sert pour la réparation de son safran) sur le tableau arrière, j'ai descendu hier le safran. Je l'ai collé sur le tableau arrière. Le séchage est désormais terminé. Cela tient pour le moment mais le système est fragile car le tableau arrière n'est pas prévu pour recevoir autant d'efforts. Je dois donc trouver des solutions pour renforcer la réparation à l'aide de contreplaques et de bouts. Je suis dans une phase de test. J'y vais étape par étape en essayant différentes solutions. Mon objectif est que la réparation soit satisfaisante pour attaquer l'Océan Pacifique.
Yann (Elies) m'a appelé 12 heures avant son accident pour savoir comment j'allais et me souhaiter bon courage dans ma réparation ! C'était vraiment sympa. A mon tout de lui dire : bon courage, t'es un super costaud. Je pense à lui à chaque moment dans cette épreuve. »
Le samedi 20 décembre 2008 à 11:59Yann Eliès a été récupéré
Yann Eliès n'est plus à bord de son monocoque Generali. Il vient d'être récupéré par la Marine australienne et il est en de bonnes mains à bord de la Frégate HMS Arunta. C'est ce que vient de déclarer à l'instant Marc Guillemot qui a suivi l'opération de secours en direct depuis son monocoque Safran. Marc Guillemot : "Le transfert de Yann s'est bien passé car je vois le zodiac qui récupère en ce moment les deux personnes qui sont restées à bord de Generali. Yann est désormais en sécurité, il vient d'être pris en charge pas ses sauveteurs, c'est énorme, c'est un grand moment, c'est très émouvant. C'est un grand jour et joyeux Noël, Joyeux Noël à tous".
Le samedi 20 décembre 2008 à 06:53Les secours sur zone vers 10h30
La frégate australienne devrait être sur zone entre 10h et 10h30 (TU+1) selon Marc Guillemot qui est entré ce matin en contact téléphonique avec l'équipage de l'HMAS Arunta. En revanche, Sam davies n'est pas certaine de pouvoir être sur zone avant l'arrivée des secours. Dans l'attente de consignes ultérieures, elle continue néanmoins sa route vers la position de Yann Elies.
Le vendredi 19 décembre 2008 à 19:14Fuite de ballast pour Bahrain Team Pindar
L’équipe de Brian Thompson a signalé à la direction de course que le skipper de Barhain Team Pindar avait constaté une fuite dans ses ballasts situés à l’avant du bateau. Brian devra effectuer une stratification dans le poste avant pour remédier à ce problème.
Le vendredi 19 décembre 2008 à 18:13Paprec-Virbac 2 a ses deux safrans
JP a réussi à remettre son safran tribord en place et à le fixer.Cette opération délicate de collage du safran sur le tableau arrière est désormais terminée.Une bonne chose de faite pour le "chirurgien des mers" qui a patiemment opéré cette réparation de fortune pas à pas.
La réparation du gouvernail nécessite 6 heures de séchage "sans effort" sur le safran. JP fait donc route gité à 30° sur le safran babord de façon à éviter les efforts sur le safran tribord.
Il devrait repartir sur sa route vers la fin de notre journée.Cela reste une réparation de fortune. Il faudra attendre 24h pour savoir si le safran peut tenir dans une mer formée.
Le vendredi 19 décembre 2008 à 15:00Deux mains pour le bateau
Sébastien Josse (BT) à la vacation de 11h00 : « L’accident de Yann fait froid dans le dos. Je n’aime pas trop ce genre de truc. Je vais faire encore plus attention pour ne pas me faire mal. Nos bateaux sont très raides. Alors, quand on dit qu’il s’arrête dans une vague, ce n’est pas seulement une image. Le bateau s’immobilise et on ne tient plus debout. Il faut donc bien s’attacher, bien se tenir. Je me rappelle souvent cette devise : une main pour le bateau, une autre pour l’homme. Parfois, il faut deux mains pour le bateau. L’océan Pacifique, on sait que c’est moins casse bateau. La mer, normalement, est plus organisée. Ce sera plus facile d’appuyer sur le champignon. Pour le moment, je marche un peu serré à 17/18 nœuds. J’ai un superbe coucher de soleil sous le manteau nuageux. Ça fait du bien, moi qui suis dans le gris depuis 3 jours. »
Le vendredi 19 décembre 2008 à 14:40Sécurité avant tout
Armel Le Cléach (Brit Air) à la vacation de 11h00 : « La nouvelle de l’accident de Yann a été très dure à apprendre hier soir. Il faut quand même dire qu’on a tous eu une semaine vraiment difficile. L’océan Indien n’a pas été très gentil avec ce Vendée. Même sans tempête, il y a eu beaucoup de casse. Hier, j’ai reçu le message de détresse. Tout de suite, j’ai vu que ça concernait Yann. J’ai appelé pour savoir si il y avait besoin que je me déroute. Mais comme il fallait que je remonte face au vent, la direction de course m’a dit que Marc était mieux placé.
Les mauvaises nouvelles viennent en cascade. Deux gros icebergs ont été repérés pas loin. Direct, j’ai empanné vers le nord…Ma priorité c’est la sécurité. Sur ce point, j’ai le même état d’esprit, la même philosophie que Vincent Riou, qui est dans ma zone. On verra pour les opportunités plus tard ! »
Le vendredi 19 décembre 2008 à 14:00Marco ne lâche pas
Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h00 : « Je suis à 500 mètres dans l’axe du bateau de Yann. Je viens de me rapprocher de lui. Le vent est rentré depuis 2 heures, j'ai entre 28 et 32 nœuds. Avec cette mer un peu agitée, ça risque de remuer pour Yann. Pour l’aider, j’ai tenté de lui lancer des vivres et des médicaments, mais ça s’est terminé avec un paquet dans le cockpit, un autre dans l’eau. Il y a eu un moment très fort émotionnellement. Quand je suis passé derrière son bateau, j’ai vu une main s’agiter à l’intérieur de l’habitacle, et l’ombre de sa tête. On s’est appelé en VHF, et ça a été un grand moment. Je sais ce que c’est de souffrir en mer : je l’ai vécu moi aussi. Ce qui est difficile à vivre, c’est d’être à proximité et de ne pas pouvoir lui apporter une aide physique. La consolation, c’est de se dire que l’aide psychologique compte beaucoup. Entre le moment où je suis arrivé et maintenant, j’ai pu noter un changement dans sa voix qui m’a beaucoup rassuré. On a même fini par blaguer. Avec Yann, on a un peu le même défaut : on est breton, on est têtu ! Pour la course, je n’ai aucun regret. J’ai bien l’intention de rester jusqu’à l’arrivée des secours. »
Le vendredi 19 décembre 2008 à 13:50Une parenthèse dans la course
Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h00 : « On attend le mauvais temps, mais mes pensées vont à Yann, d’abord…Ce qui lui est arrivé est ce qui peut arriver de pire à un marin. Moi, ça me fait presque ni chaud ni froid quand on casse des bateaux, mais quand c’est un homme qui se blesse, là c’est terrible. On est dans un sport où en général, on a peu de chance de se blesser. Lorsqu’on navigue dans des mers difficiles avec des bateaux de plus en plus rapides, les chocs sont de plus violents et les risques de se blesser augmentent fortement. La nuit avant que Yann ait son accident, j’ai enfourné, pendant que je dormais, j’ai été projeté et j’ai terminé ma course sur la table à carte ! Pour Yann, les heures qui viennent ne vont pas être faciles. Nous, les coureurs, nous sentons impuissants. J’espère que l’évacuation se fera vite. La priorité est de porter assistance aux hommes. Son accident met entre parenthèse la course. Personne n’aura le cœur de naviguer à fond tant que la situation de Yann ne sera pas stabilisée. On ne sera soulagé que lorsqu’il sera secouru.»
Infos précédentes :
- Le 19 décembre 2008 à 13:45 : "J'arrive"
- Le 19 décembre 2008 à 13:13 : Yann a récupéré ses médicaments
- Le 19 décembre 2008 à 08:15 : Sam à 300 milles de Generali
- Le 19 décembre 2008 à 07:52 : Marc Guillemot, joint ce matin à 06h15
- Le 19 décembre 2008 à 07:29 : ETA frégate australienne
- Le 19 décembre 2008 à 07:15 : Départ à l’abattée et latte cassée pour Akéna
- Le 18 décembre 2008 à 20:15 : Messages de soutien à Yann Eliès
- Le 18 décembre 2008 à 20:12 : Porte des glaces n°8 déplacée
- Le 18 décembre 2008 à 15:15 : Le fils prodigue
- Le 18 décembre 2008 à 14:55 : Intérieur minimaliste
Flash infos
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