Marc Guillemot, à la vacation du jour : « Le sauvetage de Yann est un grand moment d’émotion. C’est une histoire d’hommes et une belle histoire dans la mesure où elle se termine bien. Pour lui, la course est finie. Le seul conseil que je lui ai donné : sois patient. Il reviendra sur Generali et restera un client sérieux dans les courses à venir. De mon côté, j’ai reçu un cadeau de la part des australiens. Ils m’ont donné un carton, mais ne le dîtes pas à la direction de course ! C’est un paquet pour Noël. Du pain, des oranges et une bouteille de vin rouge. Je ne sais pas si je vais la boire car je crois que je n’ai même pas de tire-bouchon… Ah oui ! J’ai aussi reçu un bonnet de la marine australienne que je me suis empressé d’enfiler… Noël est arrivé en avance ».
A la uneBrèves
Le Noël de la marine à Marco
20.12.2008
Fémur cassé, côtes fêlées
20.12.2008Stephen Bowater, le Commandant de la Frégate australienne Arunta, dans une interview en fin d'après-midi avec Andi Robertson : "Il est évident qu'il (Yann) s'est cassé le fémur. Il a sans doute des côtes fêlées et d'autres blessures que le médecin est en train d'évaluer. En ce moment nous progressons vers le nord pour qu'il soit traité à terre. Il a le moral, il est sur le point d'appeler sa femme. Il nous a fallu 45 minutes. En fait, ce qui a pris du temps, c'était de retrouver son passeport ! Mon équipe de 100 jeunes Australiens a bien travaillé pour arriver rapidement malgré le mauvais temps. C'est un sacrifice pour ces gars, mais ils sont là pour ça et ils font leur boulot sans hésiter. Je suis fier de mon équipage et cela fait vraiment plaisir d'avoir pu effectuer ce sauvetage aussi rapidement. Malheureusement, cela arrive parfois de devoir sortir pour sauver des navigateurs en course. Mais en tant que marins, c'est ce que nous faisons. C'est la loi de la mer."
Pit stop sur Ecover
20.12.2008Aux dernières nouvelles, à la demande de l’équipe d’Ecover, la frégate Arunta qui transporte actuellement Yann Eliès, va procéder à un petit détour de 140 milles pour aller à la rencontre de Mike Golding. Le marin britannique qui a démâté le 16 décembre dernier et qui fait route vers l’Australie sous gréement de fortune, est en manque de gasoil – nécessaire à la production d’énergie à bord-. La mission des sauveteurs australiens est donc de réapprovisionner Mike en carburant. Golding était positionné ce soir à 420 milles dans le sud du cap Leeuwin.
Bilou soulagé
20.12.2008"Veolia est en pleine forme, moi aussi. En route vers l’avenir. Je viens de quitter l’océan Indien et, psychologiquement, ça fait du bien. Pour le moment, j’ai 15/20 nœuds de vent. Je suis sous gennaker. C’est cool, sauf que le vent est changeant, et ça demande plusieurs interventions sur le pont. On largue un ris on prend un ris…
A certaines configurations de voilure correspond un état de mer et une force de vent. Comme je connais mon bateau, je sais quand ça passe. A certains moments, je mets une plus petite voile pour éviter de tirer dessus. Tout est une histoire de feeling. Mon bateau est un bébé de 2004. On a vécu le pire et le meilleur ensemble : donc ça crée des liens."
Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h
Les premiers pas d'Ivory
20.12.2008"Pour mon safran de fortune, c’est extrêmement laborieux. Hier, on a eu une plage un peu courte pour mettre en œuvre la réparation. J’ai cependant réussi à remettre la cassette dans son endroit initial. J’ai glissé Ivory dans le tableau arrière. Grosso modo l’objectif est atteint. Là, je suis à vitesse réduite. Dans la nuit, le vent a bien soufflé, avec beaucoup de mer. C’était une vraie bataille pour remettre la cassette. J’ai même utilisé des drisses, il y avait des bouts partout dans le cockpit.
Est-ce que ce système va tenir ? C’est toute la question. C’est sûr qu’il est impossible de reconstruire un safran comme neuf. On verra bien. Mon safran tribord est dans l’eau. Je l’ai descendu, je l’ai vissé. Un vrai bricolage. La partie haute est un peu vacillante ; mais elle fonctionne convenablement.
Je suis un peu fatigué. Le vent a baissé. Cette nuit, j’étais sur mes gardes. Il y avait du stress, beaucoup de mer. Je vais vraisemblablement empanner et remettre de la toile…"
Jean-Pierre Dick, Paprec-Virbac 2, à la vacation de 11h
Sans commentaires...
20.12.2008"Si j’ai bien compris le commandant australien, Yann est à bord de la frégate. Il a été récupéré et il est désormais entre les mains des médecins.
Pendant toutes les manipulations, les sauveteurs se sont comportés en vrais professionnels. Des dauphins sont même venus se mêler à la fête. C’était vraiment sympa. Les Australiens ont fini de conditionner Yann pour son transfert. Ils l’ont placé dans une espèce de coquille. Yann portait un casque. Les conditions étaient difficiles car, même si le vent est tombé à 10 nœuds, la mer n’est pas facile, il y a de la houle.
C’est très émouvant. On joue les gros durs dans ce Vendée Globe, mais on reste des boules de sensibilité. Je ne suis pas superstitieux mais l’arrivée de dauphins pendant la manœuvre, c’était magique ! Fabuleux ! Enorme bravo aux sauveteurs ! "
Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h.