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Dépêches

 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 19:153 ris et rien devant

3 ris et rien devant

Rich Wilson, (Great American III): "Nous avons beaucoup de vent, car une nouvelle dépression touche la deuxième moitié de la flotte. Nous avons 40-42 nœuds et la mer est énorme. En surfant sur les pentes, le bateau fait des pointes à 23 nœuds, ce qui est rapide pour nous. Et cela sous trois ris et sans voile d’avant. C'est assez effarant. Par moments, le bateau se retrouve avec la mer de travers. Avec des rafales de 45-47 nœuds, ce n'est pas aussi violent que ce que nous avons eu lors des deux tempêtes précédentes avec des rafales à 60 nœuds, mais ça souffle fort quand même. J'essaie de me repositionner un peu plus au nord, car une seconde tempête va suivre et il serait bien d'être plus au nord afin d'éviter le centre de la zone dépressionnaire. L'accident de Yann fait réfléchir! On pense à ça à chaque pas, que ce soit sur le pont ou à l'intérieur. Je suis sûr que tout le monde se comporte d'une façon plus prudente depuis lors."
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 19:15L'émotion de Dee

L'émotion de Dee

Dee Caffari (Aviva) : « A chaque lecture des dernières nouvelles sur le sauvetage de Yann, j’y suis allée de ma larme. En fait, tout ce qui s’est passé la semaine dernière m’a rendue très émotive, mais de savoir qu’il souffrait et qu’il ne pouvait pas s’occuper de lui était atroce.
Les commentaires de Marc au sujet des dauphins au moment du sauvetage m’ont fait sourire. A peu près au même moment, j’avais le soleil qui montrait ses rayons. Comme si une vague de bonheur et de soulagement traversait le reste de la flotte. Mon ciel est redevenu gris, la couleur du grand sud, et le froid est revenu, mais je suis contente de savoir que j’ai une journée devant moi avant le prochain monstre. Dee et Aviva. »
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 18:47La bouillotte providentielle

La bouillotte providentielle

Message de Derek Harfield (Algimouss-Spirit of Canada):
"Je progresse à de bonnes vitesses vers la prochaine porte, grâce à un bon système dépressionnaire. Cela reste assez simple et normalement je devrais franchir la prochaine porte, qui est à 900 milles, d'ici trois jours. Je vais y être pour Noël! En fait, Noël est quelque chose que j'essaie d'oublier - j'ai de jeunes enfants à la maison et leur parle régulièrement. Cela va être un moment dur. Sur le bateau ce sera une journée comme une autre, mais je sais que la famille va s'amuser là-bas. Le froid est un peu débilitant, mais quelqu'un a laissé une bouillotte à bord, ce qui est super. C'était vraiment la meilleure chose que l'on ait pu faire pour moi! Je mets cela dans mon sac de couchage et cela sent bon!"
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 18:38Une autre course pour JP ?

Une autre course pour JP ?


Les explications et les pensées de Jean-Pierre Dick, dans un message envoyé ce soir à la direction de course.
« Bonjour. Comme vous le savez, je navigue maintenant avec le safran tribord (endommagé la semaine dernière suite à un choc avec un OFNI) en position basse, c'est à dire dans l'eau ! L'opération est un succès même s’il ne faut pas crier victoire trop tôt dans ce genre de circonstance. La prise en main du nouveau système et en particulier la plus grande 'souplesse ' de l'attache haute (ivory and co) doivent être testés mais aussi assimilés par le skipper. Beaucoup de bouts rigidifient le système et leur mise en place demande un travail délicat et en constante évolution . Donc je repars en reprenant plus d'attention aux aspects navigation et vitesse pour le bateau ( j'avais délibérément pris une route nord pénalisante pour trouver un temps plus clément et réparer ) sachant néanmoins qu'il faudra lever le pied si nécessaire pour ne pas re casser . Je monte donc pas à pas pour reprendre une vitesse plus décente qui puisse me permettre de revenir en course et éventuellement de gagner des places. C'est dur
d’accepter de devoir lâcher la première place sur un tel accident et faire son deuil alors que tout semblait bien se dérouler . C'est la vie, c'est le sport. Mais ce début de course a augmenté mon appétit ! Une autre course démarre, souhaitons qu'elle conserve une partie plaisir !
JP sportivement”
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 17:05A fond pour Yann

A fond pour Yann

« J'étais crevée hier soir. C'est une course d'endurance et il faut tenir trois mois. Là, j'étais sur une course de 48h, je devais envoyer le maximum, pour rejoindre Yann. J'ai fait des vitesses que je n'avais pas encore vues depuis le début de la course. Je n'ai pas pensé à la compétition pendant 48h,. Du coup, c'est un peu dur de se remettre en route. Du coup j'ai passé pas mal de temps à étudier les fichiers météo et les positions des autres. Ce n’est pas du tout la même météo qui arrive et je fais le maximum pour attraper ceux qui sont devant. » Samantha Davies (Roxy) à la vacation de 11h.

Le dimanche 21 décembre 2008 à 16:55Le solent de Cali scalpé par l'Indien

Le solent de Cali scalpé par l'Indien

Arnaud Boissières a envoyé ce jour à la direction de course, un mail informant de la perte de son Solent. Un handicap certain compte tenu de la plage d'utilisation de la voile : « dans le sud j’utilisais le Solent au portant jusqu’à 25-30 nœuds de vent et avec un ou deux ris dans la grand-voile et cela marchait bien. Heureusement, j’ai un petit gennaker qui va compenser en partie ce problème. Mais le plus ennuyeux sera dans la remontée de l’Atlantique car au près j’aurais vraiment un trou entre 8 et 15 nœuds de vent ».

Autant dire que la remontée dans les Alizés d’un bateau qui n’a déjà pas la réputation d’être le plus véloce au près, s’annonce pénalisante. Fidèle à son tempérament, Arnaud a accusé le coup quelques heures avant de se forcer à positiver : « quand je vois ce qui est arrivé à Yann je me dis que moi je suis toujours en course. Mon angoisse c’était de ne pas pouvoir bien enrouler la voile mais c’est fait. J’apprends tous les jours, je note plein de détails, cela me servira pour une autre fois. »

Le dimanche 21 décembre 2008 à 16:20Dormir... si je peux

Dormir... si je peux

« Avec Jojo (Sébastien Josse), on fait les 3e et 4e, les spectateurs de Bilou (Roland Jourdain) et Michel (Desjoyeaux). C'est pas le moment de donner un coup de griffe, faut attendre encore un peu. J'essaye de dormir, mais si je pars en vrac… donc c'est en fonction de la mer. Là, par exemple, j'aurais un peu de mal à dormir, la mer est croisée. Je préfère faire pédale douce : faire une galipette et me retrouver à l'horizontale, non merci.
Les repas ? Je mange en général quand le soleil se lève et quand il se couche. Ça va être petit salé aux lentilles ce soir. J’ai eu Jojo ce matin, on est vachement contents avec notre bouffe, on va envoyer un petit mot au cuistot.
» Jean Le Cam, VM Matériaux, à la vacation de 11h.
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 15:55Quai des brumes

Quai des brumes

« Une espèce de brume vient de tomber. J'ai zéro de visibilité. C'est étrange de naviguer dans cette purée de pois alors que le soleil n'est pas loin. Je ne vois que deux ou trois vagues devant, un peu comme un lac en Ecosse. Ca annonce que le plafond va descendre et que la dépression rentre, c'est la première fois que j'ai une météo comme ça, ce n'est pas très bon signe. J'espère vite dépasser le plateau des Kerguelen, car j'ai un mauvais souvenir de ce coin. J'ai une dépression à gauche et à droite, la priorité c'est de faire attention. Je suis très content pour Yann, tous les coureurs étaient avec lui, maintenant il faut que ça continue et qu'il y ait le moins de casse possible pour tout le monde. » Raphaël Dinelli, Fondation Océan Vital, à la vacation de 11h

Le dimanche 21 décembre 2008 à 15:25Petite faim pour grand Sud

Petite faim pour grand Sud

« Pour Yann, ça a fait un choc d'apprendre la nouvelle. Même si on n'était pas forcément en mesure de se dérouter, on restait en contact. C'était difficile d'être à 100%, mais là c'est reparti.
Je vis toujours au rythme de l'heure TU (temps universel), c'est le matin pour moi même si le soleil se couche. Je me suis calé par rapport à mon rythme logique pour le sommeil et l'alimentation. On a vraiment envie de manger dans le sud. Avec le froid et l'immensité, on a un gros appétit. On a besoin de faire le plein de calories car notre organisme consomme pas mal. Ce midi, semaine six, dimanche, ça va être boite de sardines, couscous et mousse au chocolat. On commence à revoir un peu les mêmes choses, même si c'est assez varié. Hier, je me disais que je voulais manger un peu de fromage ou un peu de pain-beurre, des choses que je n'ai pas ici. Mais le repas de Noël approche et je m'attends à des surprises. On verra si le Père Noël a été sympa cette année.
» Armel Le Cléac'h, Brit Air, à la vacation de 11h.
 

Le dimanche 21 décembre 2008 à 14:59Chacun sa route...

Chacun sa route...

« On profite surtout de l'accalmie pour ranger le bateau, une dépression laisse toujours place à une autre, a priori demain ça va souffler à nouveau. Pour aller jusqu'à la porte de Nouvelle-Zélande il y avait deux chemins possibles. Une route au Sud, assez perturbée, avec de grandes chances de croiser de la glace. L'autre au Nord, moins rapide, mais plus tranquille.
A un moment on essaye d'arrêter de compter les jours qui passent. Il y a des jours qui passent très vite et où on n'a pas l'impression d'avoir le temps de tout faire et d'autres, plus lentement. C’est comme à terre, il y a des journées intéressantes et d'autres non. Demain, on va guetter le vent qui va rentrer, ariser les voiles, essayer de ne pas faire de bêtises et de ne pas esquinter le matériel.
» Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h