Vendée Globe

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A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Grand bonheur et petites galères

22.12.2008

« J'étais un petit peu occupé ces dernières heures. La nuit d'avant, j'étais à l'intérieur, j'ai entendu, comme un déchirement. Je suis sorti, mon solent était bousillé, je suis donc passé à une voile un peu plus petite. La réparation paraît largement compromise. J'ai envoyé des photos à mon équipe technique, on m'a dit que ce n'était pas réparable. Éventuellement, je peux l'affaler, mais pour le renvoyer et l'installer, je verrai au large des côtes brésiliennes. Heureusement, j'ai un petit gennaker que j'ai utilisé ces dernières heures et c'était pas mal. Le moindre truc que je fais à bord, je transmets à mon chef de projet à terre, pour que ça puisse servir pour une prochaine course. Avant midi, j'ai fêté Cap Leeuwin, je me suis fait un petit repas sympa, rillettes et vin rouge. C'est un énorme bonheur d'être dans ces mers-là et d'être encore sur le Vendée Globe, même si j'ai eu quelques galères. Je me dis que je suis bien chanceux. » Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à la vacation de 11h. 

A BORD BAHRAIN TEAM PINDAR / SKIPPER : BRIAN THOMPSON (UK)

Bricolage britannique

22.12.2008

 « J'ai collé et boulonné une partie du plancher. Maintenant, j'ai la stratification à faire et j'espère la réaliser avant l'arrivée de la dépression. J'ai travaillé toute la nuit et pendant toute la journée d'aujourd'hui. Cela a été très long ! C'est vrai que j'ai dormi pendant 90 minutes ce matin, mais je veux vraiment terminer cela avant le renforcement du vent. C'était un défi intéressant, mais j'aurais préféré être vraiment dans la course, car les conditions sont tellement fabuleuses en ce moment. Cela fait bizarre de ne faire que 9-10 nœuds, quand je pourrais faire 18-19. Cela ressemble à une journée en Manche avec des creux un peu plus importants, mais avec du soleil et de jolis nuages cotonneux. En comparaison avec l'Indien que j'ai vécu jusqu'à là, c'était le moment idéal d'effectuer ces réparations. De cette perspective-là, j'avais de la chance ! » Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à la vacation radio de midi.

JEAN-BAPTISTE DEJEANTY / GROUPE MAISONNEUVE

En approche de Port Elizabeth

22.12.2008

Pointé ce lundi matin à 120 milles de l’Afrique du Sud, Maisonneuve devrait rallier Port-Elizabeth la nuit prochaine. Toujours en proie à des soucis de pilotes et à l’usure de sa drisse de grand voile, Jean-Baptiste sera aidé sur place par une équipe de sauveteurs en mer de la NRSI, du Yacht Club local et d’un ressortissant français qui lui a proposé de l’assister dans ses démarches. Après un rapide retour en France, puis quelques réparations à Port-Elisabeth début janvier, le skipper reprendra la mer pour un convoyage en double vers Lorient, avec son préparateur Ronan Cointo.
« Un vrai chemin de croix ce retour ! Mon dernier pilote m’a fait deux fois des erreurs aujourd’hui et la dernière drisse de grand voile est déjà entamée à 80% à certains endroits. J’avoue que tout ça commence à sérieusement me peser. J’ai bien rangé et asséché le bateau, bien mangé et bien dormi. Je me suis même payé le luxe de regarder quelques DVD, ce que je n’avais encore jamais fait en mer. » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) par mail.

 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

Brossages de dents

22.12.2008

Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h00 : « Entre nous, les conditions sont vraiment ch….. On est au portant, on a entre 20 et 35 nœuds, alors difficile de trouver la toile du temps, et la mer est toujours très cassante. Ce n’est pas serein, ce n’est pas agréable. Au chapitre de l’hygiène corporelle, ce dont je m’occupe le plus, ce sont mes dents. Quand on se lave les dents, on a l’impression d’être propre alors je les brosse plusieurs fois par jour. De toute façon, l’avantage avec le froid, c’est que les odeurs se répandent moins vite ! Bon, quand même, une fois par semaine, je fais chauffer de l’eau dans la bouilloire, et je me débarbouille. Quant à la barbe, comme les poils poussent moins vite avec le froid, on fait ça tous les 15 jours. »

 

A BORD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

S'adapter sans mollir

22.12.2008

 « On régule sa vitesse en fonction des camarades, même si on n’est pas toujours dans le même tempo. Je n'ai pas de soucis à mollir, mais c'est pas à moi de mollir le premier. S'ils veulent mollir parce qu'ils trouvent que ça va trop vite, ils le font, puis je le ferai après. Ça m'arrange, ça me fait moins de boulot. Les pilotes font une bonne partie du travail, mais ce n'est jamais qu'une machine. Un robot bête et con qui sait faire certaines choses, un prolongement des bras et de la tête. On a essayé de profiter au maximum de la dépression dans laquelle on est. C'est comme une cerise sous un rouleau compresseur, nous on est bien assis au chaud dans le noyau, et on va essayer de se faire projeter sans se faire laminer par le rouleau compresseur. Ça va nous amener jusqu'à la porte néo-zélandaise. La veillée de Noël, on va la passer au mastic. Les huîtres et le foie gras, ça sera pour plus tard. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h.

A BORD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

Trop de houle

22.12.2008

« J'ai profité de la molle pour essayer de réparer mes soucis de voile en haut du mât. Ça s'est soldé par un échec, la houle m'a fait valdinguer, c'était vraiment dangereux. J'ai surestimé mes capacités à bricoler avec la houle résiduelle, je pensais m'en affranchir. Il faudra que je recommence la manip' dans des conditions différentes. La nuit qui a suivi le départ de la frégate australienne, j'ai écrasé. Je pensais avoir bien redémarré, mais maintenant je m'aperçois que je n'avais pas vraiment récupéré du temps passé auprès de Yann. Un arrêt casse vraiment le rythme du corps et du coup il y a plein de fonctions qui ont dû se mettre en « mode vacances ». J'ai vraiment l'impression d'avoir de la fatigue à récupérer alors que ce n'était pas le cas il y a quelques jours. Il faut que je reprenne le dessus et que je fasse attention. J'ai beaucoup puisé dans mes réserves pendant cette première partie du Vendée Globe. Il faut que je récupère de l'énergie, des forces, la volonté est là et ça va le faire. Toutes ces angoisses accumulées pendant plusieurs jours, ça va profondément au fond du cœur. Il faut évacuer et j'étais un peu prétentieux en pensant que tout ça était derrière moi. J'ai envie de passer à l'attaque, mais il faut laisser du temps au temps. En tout cas, je n'ai pas du tout l'intention de rentrer en mode balade. Je continue dans la course. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h. 

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