Vendée Globe

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JEAN-BAPTISTE DEJEANTY / GROUPE MAISONNEUVE

En approche de Port Elizabeth

22.12.2008

Pointé ce lundi matin à 120 milles de l’Afrique du Sud, Maisonneuve devrait rallier Port-Elizabeth la nuit prochaine. Toujours en proie à des soucis de pilotes et à l’usure de sa drisse de grand voile, Jean-Baptiste sera aidé sur place par une équipe de sauveteurs en mer de la NRSI, du Yacht Club local et d’un ressortissant français qui lui a proposé de l’assister dans ses démarches. Après un rapide retour en France, puis quelques réparations à Port-Elisabeth début janvier, le skipper reprendra la mer pour un convoyage en double vers Lorient, avec son préparateur Ronan Cointo.
« Un vrai chemin de croix ce retour ! Mon dernier pilote m’a fait deux fois des erreurs aujourd’hui et la dernière drisse de grand voile est déjà entamée à 80% à certains endroits. J’avoue que tout ça commence à sérieusement me peser. J’ai bien rangé et asséché le bateau, bien mangé et bien dormi. Je me suis même payé le luxe de regarder quelques DVD, ce que je n’avais encore jamais fait en mer. » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) par mail.

 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

Brossages de dents

22.12.2008

Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h00 : « Entre nous, les conditions sont vraiment ch….. On est au portant, on a entre 20 et 35 nœuds, alors difficile de trouver la toile du temps, et la mer est toujours très cassante. Ce n’est pas serein, ce n’est pas agréable. Au chapitre de l’hygiène corporelle, ce dont je m’occupe le plus, ce sont mes dents. Quand on se lave les dents, on a l’impression d’être propre alors je les brosse plusieurs fois par jour. De toute façon, l’avantage avec le froid, c’est que les odeurs se répandent moins vite ! Bon, quand même, une fois par semaine, je fais chauffer de l’eau dans la bouilloire, et je me débarbouille. Quant à la barbe, comme les poils poussent moins vite avec le froid, on fait ça tous les 15 jours. »

 

A BORD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

S'adapter sans mollir

22.12.2008

 « On régule sa vitesse en fonction des camarades, même si on n’est pas toujours dans le même tempo. Je n'ai pas de soucis à mollir, mais c'est pas à moi de mollir le premier. S'ils veulent mollir parce qu'ils trouvent que ça va trop vite, ils le font, puis je le ferai après. Ça m'arrange, ça me fait moins de boulot. Les pilotes font une bonne partie du travail, mais ce n'est jamais qu'une machine. Un robot bête et con qui sait faire certaines choses, un prolongement des bras et de la tête. On a essayé de profiter au maximum de la dépression dans laquelle on est. C'est comme une cerise sous un rouleau compresseur, nous on est bien assis au chaud dans le noyau, et on va essayer de se faire projeter sans se faire laminer par le rouleau compresseur. Ça va nous amener jusqu'à la porte néo-zélandaise. La veillée de Noël, on va la passer au mastic. Les huîtres et le foie gras, ça sera pour plus tard. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h.

A BORD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

Trop de houle

22.12.2008

« J'ai profité de la molle pour essayer de réparer mes soucis de voile en haut du mât. Ça s'est soldé par un échec, la houle m'a fait valdinguer, c'était vraiment dangereux. J'ai surestimé mes capacités à bricoler avec la houle résiduelle, je pensais m'en affranchir. Il faudra que je recommence la manip' dans des conditions différentes. La nuit qui a suivi le départ de la frégate australienne, j'ai écrasé. Je pensais avoir bien redémarré, mais maintenant je m'aperçois que je n'avais pas vraiment récupéré du temps passé auprès de Yann. Un arrêt casse vraiment le rythme du corps et du coup il y a plein de fonctions qui ont dû se mettre en « mode vacances ». J'ai vraiment l'impression d'avoir de la fatigue à récupérer alors que ce n'était pas le cas il y a quelques jours. Il faut que je reprenne le dessus et que je fasse attention. J'ai beaucoup puisé dans mes réserves pendant cette première partie du Vendée Globe. Il faut que je récupère de l'énergie, des forces, la volonté est là et ça va le faire. Toutes ces angoisses accumulées pendant plusieurs jours, ça va profondément au fond du cœur. Il faut évacuer et j'étais un peu prétentieux en pensant que tout ça était derrière moi. J'ai envie de passer à l'attaque, mais il faut laisser du temps au temps. En tout cas, je n'ai pas du tout l'intention de rentrer en mode balade. Je continue dans la course. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h. 

Jean Pierre Dick dans sa soute J42

Des gestes de chirurgien

22.12.2008

Jean-Pierre Dick, Paprec-Virbac 2,  à la vacation du jour :
« Le vent commence à rentrer, j’ai un peu réduit la toile. Ma réparation n'est pas mal, j’ai réussi mon challenge et maintenant, avec mon équipe, on se donne 1000 milles de test. Sinon, j’ai toujours la solution d’aller m’abriter sous des îles de la Nouvelle-Zélande pour réparer. Mais je peux vous dire qu’il n’est pas facile pour un régatier de passer pendant 48 heures en mode « bricolage ». J’ai pensé aux gestes de chirurgien, en essayant d’être appliqué et très précis. Côté paysage, on a eu beaucoup de brume toute la journée, avec des risées qui ridaient la surface de la mer, un ciel sombre, de la bruine, un décors très hivernal qui donnait envie de passer la journée au coin du feu. Ce n’est pas très excitant mais bon, on a signé, alors on va aller jusqu’au bout. »
 

VENDEE GLOBE 2008-2009 - YANN ELIES (FRA) BACK TO PERTH WITH HMAS ARUNTA

Dernières nouvelles de Yann

22.12.2008

Jean-Baptiste Epron qui fait partie des deux marins dépêchés en Australie par Generali – avec Philippe Laot - était joint aujourd’hui à la vacation. Il était présent lorsque la frégate australienne est arrivée à Fremantle ce matin à 04h10. Lors de la vacation radio, il se trouvait à l’hôpital civil de Perth, où Yann a été admis.
« Yann (Eliès) va beaucoup mieux, il est en meilleure forme que ce matin à la sortie du bateau. Tout est fait pour le réconforter. Il est avec son médecin et ils sont en train de discuter de la suite des évènements en fonction des radios. Ce matin il était encore un peu groggy. Il m'a raconté comment c'était arrivé, ses quatre jours de calvaire et ça fait froid dans le dos. Il était en train de réparer un bout à l'avant pour renvoyer son gennaker. La mer n'était pas très stable et le bateau a violemment planté dans une vague. Sa seule trouille, c'était que sa jambe ne soit plus solidaire de son corps. Une fois à l'intérieur, grâce à une paire de ciseaux, il a pu découper son ciré, puis un des sacs. Là il a récupéré à boire et un peu de pharmacie. Que Marc (Guillemot) ait été là à proximité, a été d'un très grand réconfort. Il a vraiment conscience de tout ce qui a été fait pour lui. Pour le bateau, on est bien avancés. L'heure de départ n'est pas encore fixée mais on devrait partir demain théoriquement. On devrait en avoir pour 5 ou 6 jours en mer, avant d'atteindre Generali. »

 

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