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Dépêches

 

Le lundi 22 décembre 2008 à 18:49A Macquarie

A Macquarie

« Noël ? Ce sera sans fioriture. On n'arrête pas, c'est du 24/24. Il n'est pas facile non plus de se reposer dans la mesure où dès que tu vas vite, tu tires sur le bateau jusqu'au bout de ses limites... Je fais le point pour attaquer le Pacifique. Les conditions se sont largement améliorées depuis une dizaine d'heures, notamment après le passage de l'île Macquarie, qui se situe à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et l'Antarctique où la mer n'était vraiment pas très fréquentable ! La température remonte, la mer s'aplatit. Nous sommes descendus jusqu'au 54° Sud et là on commence à remonter. Je me rapproche de la dorsale. Le vent va refuser et je vais continuer tout droit au reaching... » Jean Le Cam (VM Matériaux) par mail.  

Le lundi 22 décembre 2008 à 18:30Noir, c’est noir…

Noir, c’est noir…

« La nuit est noire, très noire. Je progresse à 15 – 16 nœuds de moyenne. Pour les prochaines 24 heures, on va être assez rapide. Il y a du vent de prévu. Par contre, ça ne va pas être très rigolo. On progressera à 120° du vent, le bateau ballasté pour gagner en stabilité. Le bateau sera sur la tranche avec de l’eau partout dans le cockpit. On va se faire secouer. Ce ne sera pas encore les grandes glissades. Mais quoi qu’il en soit, c’est mieux d’avoir du vent pour faire avancer le bateau sur la route. Cela va d’ailleurs jouer en notre faveur et nous permettre de rattraper quelques milles sur nos adversaires. Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn. Ça sera la porte de sortie du Sud et ce ne sera pas pour nous déplaire. » Vincent Riou (PRB) par mail.  

Le lundi 22 décembre 2008 à 18:13Changement de longitude

Changement de longitude

« C'est la nuit pour moi : je suis exactement de l'autre coté de la planète... mais je serai bientôt sur la route du retour puisque je vais couper la longitude 180° demain! Il est un peu tôt pour en parler, mais je pense au moment où je vais mettre le clignotant à gauche pour prendre le chemin de la maison ! J'ai empanné ce matin pour regagner vers le Nord afin d'éviter la dorsale de l'anticyclone qui me ralentit. BT est un bateau rapide et je m'efforce de le régler au plus fin, d'effectuer des manoeuvres propres... mais j'avoue que le jeu stratégique me manque. » Sébastien Josse (BT) par mail. 

Le lundi 22 décembre 2008 à 17:27Opération chirurgicale

Opération chirurgicale

Dès l’arrivée, à 4h10 (HF) de la frégate Arunta de la Marine Australienne à Fremantle, Yann Eliès a été transféré à l’hôpital civil Royal Perth Hospital où il devrait être opéré mardi matin (heure locale). Accueilli par des membres du team et du groupe Generali, il attend désormais l’arrivée de sa famille en route pour l’Australie. Sur place, les opérations de récupération du 60 pieds s’organisent : dès demain Philippe Laot et Jean-Baptiste Epron devraient embarquer à bord d’un bateau de pêche de 35 mètres pour rallier Generali qui évolue toujours à la cape dans l’océan Indien depuis l’évacuation de son skipper. "On devrait pouvoir partir demain », confirme Jean-Baptiste Epron qui envisage 5-6 jours de mer pour rejoindre sa position à 700 milles environ dans le sud des côtes australiennes… Aux dernières nouvelles prises par le docteur Yves Lambert, le médecin-préparateur de Yann qui s’est entretenu avec le chirurgien du Royal Perth Hospital, l’intervention que va subir Yann consiste en l’intrusion et la fixation d’ un clou centromédullaire. Il s’agit là d’une des meilleures techniques en cas de fracture du fémur. Le foyer de la fracture de Yann semble en effet suffisamment franc et transversal pour permettre ce type d’intervention, fréquente et déjà bien éprouvée notamment en matière d’accidents de la route. (Source Generali) 

Le lundi 22 décembre 2008 à 16:30Un coucou ensoleillé des mers du Sud

Un coucou ensoleillé des mers du Sud

« Roxy s’est fait rattraper par des hautes pressions sans vent : les prochaines 48 heures vont être un peu calmes pour nous ! J’ai profité de ces bonnes conditions pour tout vérifier à bord. Un double check du bateau et un peu de travaux routiniers de maintenance : écoper, faire sécher et ménage ! Roxy est toujours en train de voguer à la façon du « Black Pearl », heureux sous grand gennaker. Cela m’a permis d’engranger quelques bonnes heures de sommeil sur ma banquette ! Je pense que j’ai réussi à dormir au moins 8 heures dans ces dernières 24 heures, c’est une bonne chose et je dois avoir presque comblé le déficit des derniers jours !!! Geneviève – le gros gennaker – est contente d’étirer sa toile au soleil après avoir été cloîtrée un bon moment dans la couchette bâbord ! Bientôt, nous allons livrer notre lutte habituelle elle et moi pour l’enrouler et le descendre dans la soute à voile puis la stocker à nouveau à bâbord, étant donné que nous allons naviguer au largue bâbord amures. Tout le matériel doit être stocké à bâbord pour optimiser la vitesse et la puissance de Roxy. La manœuvre en elle-même prend au moins une heure puisque nous devons descendre dans la soute avant, passer par l’ouverture de la cloison du pied de mât (à tribord), par-dessus les vérins de quille puis face à la table à cartes (sans évidement toucher aux contacteurs électroniques). Enfin la tordre à 90° et la plier dans son logement à bâbord. Au moins, j’aurais fait le plus dur avec Geneviève, le reste du matériel (voiles et matériel) est relativement plus facile à déplacer. L’autre petit plaisir du jour est que les Roxy Boys m’ont donné l’autorisation d’ouvrir ma boite de décoration de noël. J’ai mis les guirlandes et j’ai même un sapin de Noël !!! » Samantha Davies (Roxy) par mail.  

Le lundi 22 décembre 2008 à 15:08Deuxième cap

Deuxième cap

« Une journée calme et reposante alors qu’on reçoit les news du sauvetage de Yann, que Mike a été réapprovisionné en gas-oil et que Dominique et Loïck ont eu un rendez-vous en mer. Les premiers avancent dans le Pacifique à des vitesses formidables et aujourd’hui, j’ai pu faire un check-up complet d’Aviva, ce qui rend la vie plus facile avec cette météo plus clémente. Une discussion avec mon chef de projet aujourd’hui nous a rassurés tous les deux sur l’état du bateau et savoir que j’approche de la moitié de la course nous permet d’évaluer l’utilisation du gas-oil et ajuster en fonction pour que j’en aie assez jusqu’à la fin. Je viens de passer le deuxième des trois Grands Caps aujourd’hui, alors il n’en reste plus qu’un… » Dee Caffari (Aviva) par mail. 

Le lundi 22 décembre 2008 à 14:35Grand bonheur et petites galères

Grand bonheur et petites galères

« J'étais un petit peu occupé ces dernières heures. La nuit d'avant, j'étais à l'intérieur, j'ai entendu, comme un déchirement. Je suis sorti, mon solent était bousillé, je suis donc passé à une voile un peu plus petite. La réparation paraît largement compromise. J'ai envoyé des photos à mon équipe technique, on m'a dit que ce n'était pas réparable. Éventuellement, je peux l'affaler, mais pour le renvoyer et l'installer, je verrai au large des côtes brésiliennes. Heureusement, j'ai un petit gennaker que j'ai utilisé ces dernières heures et c'était pas mal. Le moindre truc que je fais à bord, je transmets à mon chef de projet à terre, pour que ça puisse servir pour une prochaine course. Avant midi, j'ai fêté Cap Leeuwin, je me suis fait un petit repas sympa, rillettes et vin rouge. C'est un énorme bonheur d'être dans ces mers-là et d'être encore sur le Vendée Globe, même si j'ai eu quelques galères. Je me dis que je suis bien chanceux. » Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à la vacation de 11h. 

Le lundi 22 décembre 2008 à 14:18Bricolage britannique

Bricolage britannique

 « J'ai collé et boulonné une partie du plancher. Maintenant, j'ai la stratification à faire et j'espère la réaliser avant l'arrivée de la dépression. J'ai travaillé toute la nuit et pendant toute la journée d'aujourd'hui. Cela a été très long ! C'est vrai que j'ai dormi pendant 90 minutes ce matin, mais je veux vraiment terminer cela avant le renforcement du vent. C'était un défi intéressant, mais j'aurais préféré être vraiment dans la course, car les conditions sont tellement fabuleuses en ce moment. Cela fait bizarre de ne faire que 9-10 nœuds, quand je pourrais faire 18-19. Cela ressemble à une journée en Manche avec des creux un peu plus importants, mais avec du soleil et de jolis nuages cotonneux. En comparaison avec l'Indien que j'ai vécu jusqu'à là, c'était le moment idéal d'effectuer ces réparations. De cette perspective-là, j'avais de la chance ! » Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à la vacation radio de midi.

Le lundi 22 décembre 2008 à 14:10En approche de Port Elizabeth

En approche de Port Elizabeth

Pointé ce lundi matin à 120 milles de l’Afrique du Sud, Maisonneuve devrait rallier Port-Elizabeth la nuit prochaine. Toujours en proie à des soucis de pilotes et à l’usure de sa drisse de grand voile, Jean-Baptiste sera aidé sur place par une équipe de sauveteurs en mer de la NRSI, du Yacht Club local et d’un ressortissant français qui lui a proposé de l’assister dans ses démarches. Après un rapide retour en France, puis quelques réparations à Port-Elisabeth début janvier, le skipper reprendra la mer pour un convoyage en double vers Lorient, avec son préparateur Ronan Cointo.
« Un vrai chemin de croix ce retour ! Mon dernier pilote m’a fait deux fois des erreurs aujourd’hui et la dernière drisse de grand voile est déjà entamée à 80% à certains endroits. J’avoue que tout ça commence à sérieusement me peser. J’ai bien rangé et asséché le bateau, bien mangé et bien dormi. Je me suis même payé le luxe de regarder quelques DVD, ce que je n’avais encore jamais fait en mer. » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) par mail.

 

Le lundi 22 décembre 2008 à 13:15Brossages de dents

Brossages de dents

Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h00 : « Entre nous, les conditions sont vraiment ch….. On est au portant, on a entre 20 et 35 nœuds, alors difficile de trouver la toile du temps, et la mer est toujours très cassante. Ce n’est pas serein, ce n’est pas agréable. Au chapitre de l’hygiène corporelle, ce dont je m’occupe le plus, ce sont mes dents. Quand on se lave les dents, on a l’impression d’être propre alors je les brosse plusieurs fois par jour. De toute façon, l’avantage avec le froid, c’est que les odeurs se répandent moins vite ! Bon, quand même, une fois par semaine, je fais chauffer de l’eau dans la bouilloire, et je me débarbouille. Quant à la barbe, comme les poils poussent moins vite avec le froid, on fait ça tous les 15 jours. »