« Noël ? Ce sera sans fioriture. On n'arrête pas, c'est du 24/24. Il n'est pas facile non plus de se reposer dans la mesure où dès que tu vas vite, tu tires sur le bateau jusqu'au bout de ses limites... Je fais le point pour attaquer le Pacifique. Les conditions se sont largement améliorées depuis une dizaine d'heures, notamment après le passage de l'île Macquarie, qui se situe à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et l'Antarctique où la mer n'était vraiment pas très fréquentable ! La température remonte, la mer s'aplatit. Nous sommes descendus jusqu'au 54° Sud et là on commence à remonter. Je me rapproche de la dorsale. Le vent va refuser et je vais continuer tout droit au reaching... » Jean Le Cam (VM Matériaux) par mail.
A la uneBrèves
A Macquarie
22.12.2008
Noir, c’est noir…
22.12.2008« La nuit est noire, très noire. Je progresse à 15 – 16 nœuds de moyenne. Pour les prochaines 24 heures, on va être assez rapide. Il y a du vent de prévu. Par contre, ça ne va pas être très rigolo. On progressera à 120° du vent, le bateau ballasté pour gagner en stabilité. Le bateau sera sur la tranche avec de l’eau partout dans le cockpit. On va se faire secouer. Ce ne sera pas encore les grandes glissades. Mais quoi qu’il en soit, c’est mieux d’avoir du vent pour faire avancer le bateau sur la route. Cela va d’ailleurs jouer en notre faveur et nous permettre de rattraper quelques milles sur nos adversaires. Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn. Ça sera la porte de sortie du Sud et ce ne sera pas pour nous déplaire. » Vincent Riou (PRB) par mail.
Changement de longitude
22.12.2008« C'est la nuit pour moi : je suis exactement de l'autre coté de la planète... mais je serai bientôt sur la route du retour puisque je vais couper la longitude 180° demain! Il est un peu tôt pour en parler, mais je pense au moment où je vais mettre le clignotant à gauche pour prendre le chemin de la maison ! J'ai empanné ce matin pour regagner vers le Nord afin d'éviter la dorsale de l'anticyclone qui me ralentit. BT est un bateau rapide et je m'efforce de le régler au plus fin, d'effectuer des manoeuvres propres... mais j'avoue que le jeu stratégique me manque. » Sébastien Josse (BT) par mail.
Opération chirurgicale
22.12.2008Dès l’arrivée, à 4h10 (HF) de la frégate Arunta de la Marine Australienne à Fremantle, Yann Eliès a été transféré à l’hôpital civil Royal Perth Hospital où il devrait être opéré mardi matin (heure locale). Accueilli par des membres du team et du groupe Generali, il attend désormais l’arrivée de sa famille en route pour l’Australie. Sur place, les opérations de récupération du 60 pieds s’organisent : dès demain Philippe Laot et Jean-Baptiste Epron devraient embarquer à bord d’un bateau de pêche de 35 mètres pour rallier Generali qui évolue toujours à la cape dans l’océan Indien depuis l’évacuation de son skipper. "On devrait pouvoir partir demain », confirme Jean-Baptiste Epron qui envisage 5-6 jours de mer pour rejoindre sa position à 700 milles environ dans le sud des côtes australiennes… Aux dernières nouvelles prises par le docteur Yves Lambert, le médecin-préparateur de Yann qui s’est entretenu avec le chirurgien du Royal Perth Hospital, l’intervention que va subir Yann consiste en l’intrusion et la fixation d’ un clou centromédullaire. Il s’agit là d’une des meilleures techniques en cas de fracture du fémur. Le foyer de la fracture de Yann semble en effet suffisamment franc et transversal pour permettre ce type d’intervention, fréquente et déjà bien éprouvée notamment en matière d’accidents de la route. (Source Generali)
Un coucou ensoleillé des mers du Sud
22.12.2008« Roxy s’est fait rattraper par des hautes pressions sans vent : les prochaines 48 heures vont être un peu calmes pour nous ! J’ai profité de ces bonnes conditions pour tout vérifier à bord. Un double check du bateau et un peu de travaux routiniers de maintenance : écoper, faire sécher et ménage ! Roxy est toujours en train de voguer à la façon du « Black Pearl », heureux sous grand gennaker. Cela m’a permis d’engranger quelques bonnes heures de sommeil sur ma banquette ! Je pense que j’ai réussi à dormir au moins 8 heures dans ces dernières 24 heures, c’est une bonne chose et je dois avoir presque comblé le déficit des derniers jours !!! Geneviève – le gros gennaker – est contente d’étirer sa toile au soleil après avoir été cloîtrée un bon moment dans la couchette bâbord ! Bientôt, nous allons livrer notre lutte habituelle elle et moi pour l’enrouler et le descendre dans la soute à voile puis la stocker à nouveau à bâbord, étant donné que nous allons naviguer au largue bâbord amures. Tout le matériel doit être stocké à bâbord pour optimiser la vitesse et la puissance de Roxy. La manœuvre en elle-même prend au moins une heure puisque nous devons descendre dans la soute avant, passer par l’ouverture de la cloison du pied de mât (à tribord), par-dessus les vérins de quille puis face à la table à cartes (sans évidement toucher aux contacteurs électroniques). Enfin la tordre à 90° et la plier dans son logement à bâbord. Au moins, j’aurais fait le plus dur avec Geneviève, le reste du matériel (voiles et matériel) est relativement plus facile à déplacer. L’autre petit plaisir du jour est que les Roxy Boys m’ont donné l’autorisation d’ouvrir ma boite de décoration de noël. J’ai mis les guirlandes et j’ai même un sapin de Noël !!! » Samantha Davies (Roxy) par mail.
Deuxième cap
22.12.2008« Une journée calme et reposante alors qu’on reçoit les news du sauvetage de Yann, que Mike a été réapprovisionné en gas-oil et que Dominique et Loïck ont eu un rendez-vous en mer. Les premiers avancent dans le Pacifique à des vitesses formidables et aujourd’hui, j’ai pu faire un check-up complet d’Aviva, ce qui rend la vie plus facile avec cette météo plus clémente. Une discussion avec mon chef de projet aujourd’hui nous a rassurés tous les deux sur l’état du bateau et savoir que j’approche de la moitié de la course nous permet d’évaluer l’utilisation du gas-oil et ajuster en fonction pour que j’en aie assez jusqu’à la fin. Je viens de passer le deuxième des trois Grands Caps aujourd’hui, alors il n’en reste plus qu’un… » Dee Caffari (Aviva) par mail.