« Ce lundi matin, le vent a forci assez nettement, j’ai entre 25 et 30 nœuds, il est accompagné d’une houle assez forte d’environ 4,5 mètres. Je ne m’attendais pas à ce que ça monte autant, je pensais être un peu plus à l’abri que ça en étant au Nord et que la houle se calmerait un peu plus vite, il faut être patient ! Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, la lumière et les couleurs sont superbes aujourd’hui, je n’hésite pas à m’installer de temps en temps dans la descente du bateau avec mon café, pour apprécier le spectacle. D’ici demain je devrais pouvoir renvoyer un peu de toile, et faire route plus ou moins directe sur Fremantle. Pour l’instant j’arrive à maintenir les 12 nœuds de moyenne, il y a une forte houle qui pousse bien le bateau. La quille bouge mais il n’y a pas de bruits suspects, ni entrée d’eau. Selon les prévisions, le vent pourrait monter à 35 nœuds, des grains sont encore prévus : je surveille l’horizon mais pour l’instant il n’y a rien. C’était très sympa de pouvoir leur parler (à Laurent Ruquier et aux animateurs d’Europe 1), j’ai vraiment bien rigolé et j’en ris encore, c’était extrêmement étrange, encore ce matin justement je les avais écoutés en podcast, et de se retrouver en pleine mer au téléphone avec toute l’équipe, il y avait un côté complètement surréaliste ! Cela m’a mis d’excellente humeur. » Dominique Wavre (Temenos II) par mail lundi soir.
A la uneBrèves
La bande à Laurent
23.12.2008
A Macquarie
22.12.2008« Noël ? Ce sera sans fioriture. On n'arrête pas, c'est du 24/24. Il n'est pas facile non plus de se reposer dans la mesure où dès que tu vas vite, tu tires sur le bateau jusqu'au bout de ses limites... Je fais le point pour attaquer le Pacifique. Les conditions se sont largement améliorées depuis une dizaine d'heures, notamment après le passage de l'île Macquarie, qui se situe à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et l'Antarctique où la mer n'était vraiment pas très fréquentable ! La température remonte, la mer s'aplatit. Nous sommes descendus jusqu'au 54° Sud et là on commence à remonter. Je me rapproche de la dorsale. Le vent va refuser et je vais continuer tout droit au reaching... » Jean Le Cam (VM Matériaux) par mail.
Noir, c’est noir…
22.12.2008« La nuit est noire, très noire. Je progresse à 15 – 16 nœuds de moyenne. Pour les prochaines 24 heures, on va être assez rapide. Il y a du vent de prévu. Par contre, ça ne va pas être très rigolo. On progressera à 120° du vent, le bateau ballasté pour gagner en stabilité. Le bateau sera sur la tranche avec de l’eau partout dans le cockpit. On va se faire secouer. Ce ne sera pas encore les grandes glissades. Mais quoi qu’il en soit, c’est mieux d’avoir du vent pour faire avancer le bateau sur la route. Cela va d’ailleurs jouer en notre faveur et nous permettre de rattraper quelques milles sur nos adversaires. Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn. Ça sera la porte de sortie du Sud et ce ne sera pas pour nous déplaire. » Vincent Riou (PRB) par mail.
Changement de longitude
22.12.2008« C'est la nuit pour moi : je suis exactement de l'autre coté de la planète... mais je serai bientôt sur la route du retour puisque je vais couper la longitude 180° demain! Il est un peu tôt pour en parler, mais je pense au moment où je vais mettre le clignotant à gauche pour prendre le chemin de la maison ! J'ai empanné ce matin pour regagner vers le Nord afin d'éviter la dorsale de l'anticyclone qui me ralentit. BT est un bateau rapide et je m'efforce de le régler au plus fin, d'effectuer des manoeuvres propres... mais j'avoue que le jeu stratégique me manque. » Sébastien Josse (BT) par mail.
Opération chirurgicale
22.12.2008Dès l’arrivée, à 4h10 (HF) de la frégate Arunta de la Marine Australienne à Fremantle, Yann Eliès a été transféré à l’hôpital civil Royal Perth Hospital où il devrait être opéré mardi matin (heure locale). Accueilli par des membres du team et du groupe Generali, il attend désormais l’arrivée de sa famille en route pour l’Australie. Sur place, les opérations de récupération du 60 pieds s’organisent : dès demain Philippe Laot et Jean-Baptiste Epron devraient embarquer à bord d’un bateau de pêche de 35 mètres pour rallier Generali qui évolue toujours à la cape dans l’océan Indien depuis l’évacuation de son skipper. "On devrait pouvoir partir demain », confirme Jean-Baptiste Epron qui envisage 5-6 jours de mer pour rejoindre sa position à 700 milles environ dans le sud des côtes australiennes… Aux dernières nouvelles prises par le docteur Yves Lambert, le médecin-préparateur de Yann qui s’est entretenu avec le chirurgien du Royal Perth Hospital, l’intervention que va subir Yann consiste en l’intrusion et la fixation d’ un clou centromédullaire. Il s’agit là d’une des meilleures techniques en cas de fracture du fémur. Le foyer de la fracture de Yann semble en effet suffisamment franc et transversal pour permettre ce type d’intervention, fréquente et déjà bien éprouvée notamment en matière d’accidents de la route. (Source Generali)
Un coucou ensoleillé des mers du Sud
22.12.2008« Roxy s’est fait rattraper par des hautes pressions sans vent : les prochaines 48 heures vont être un peu calmes pour nous ! J’ai profité de ces bonnes conditions pour tout vérifier à bord. Un double check du bateau et un peu de travaux routiniers de maintenance : écoper, faire sécher et ménage ! Roxy est toujours en train de voguer à la façon du « Black Pearl », heureux sous grand gennaker. Cela m’a permis d’engranger quelques bonnes heures de sommeil sur ma banquette ! Je pense que j’ai réussi à dormir au moins 8 heures dans ces dernières 24 heures, c’est une bonne chose et je dois avoir presque comblé le déficit des derniers jours !!! Geneviève – le gros gennaker – est contente d’étirer sa toile au soleil après avoir été cloîtrée un bon moment dans la couchette bâbord ! Bientôt, nous allons livrer notre lutte habituelle elle et moi pour l’enrouler et le descendre dans la soute à voile puis la stocker à nouveau à bâbord, étant donné que nous allons naviguer au largue bâbord amures. Tout le matériel doit être stocké à bâbord pour optimiser la vitesse et la puissance de Roxy. La manœuvre en elle-même prend au moins une heure puisque nous devons descendre dans la soute avant, passer par l’ouverture de la cloison du pied de mât (à tribord), par-dessus les vérins de quille puis face à la table à cartes (sans évidement toucher aux contacteurs électroniques). Enfin la tordre à 90° et la plier dans son logement à bâbord. Au moins, j’aurais fait le plus dur avec Geneviève, le reste du matériel (voiles et matériel) est relativement plus facile à déplacer. L’autre petit plaisir du jour est que les Roxy Boys m’ont donné l’autorisation d’ouvrir ma boite de décoration de noël. J’ai mis les guirlandes et j’ai même un sapin de Noël !!! » Samantha Davies (Roxy) par mail.