« Il y a quelques jours, il y a eu un truc bizarre. Je croyais qu'un albatros avait fait une erreur aérodynamique. Il est descendu du côté sous le vent dans la turbulence du foc solent, a agité ses ailes plusieurs fois, ce qui est rare pour un albatros. Puis, il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas s'incliner pour atterrir sur l'étrave, et a plongé dans la mer à deux mètres du bateau. Le bateau parti, il a couru sur l'eau afin de s'envoler de nouveau en agitant ses grandes ailes. Je me suis dit qu'il chassait peut-être du calamar, car je croyais que les albatros ne pouvaient pas se tromper. Mais ce matin, j'ai eu confirmation du contraire. J'étais à l'intérieur, devant la table à cartes en train de regarder l'écran et les instruments, quand il y a eu le bruit d'un impact. Quand on entend des bruits inhabituels sur le bateau, il faut toujours se méfier. Mais là, j'ai vu qu'un albatros avait réalisé un atterrissage brutal sur le pont. Il s'est remis sur ses pieds palmés, en essayant de trouver un appui sur la peinture anti-glissade. Déployant ses ailes, il a commencé à les agiter, ce qui lui a permis de remonter jusqu'aux lignes de vie et plouf, le voilà de nouveau à l'eau. Cela m'a surpris, mais je crois que sa surprise était d'autant plus grande ! » Rich Wilson (Great American III) par mail.
A la uneBrèves
L’envol de l’albatros le matin où bout de nulle part…
23.12.2008
Meilleures distances
23.12.2008Avec une belle brise portante et une grande houle, les deux compères Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont réalisé ce mardi matin, leur meilleur score depuis le départ du Vendée Globe : Armel a parcouru en 24 heures 446,3 milles, tandis que Vincent a cumulé 416,7 milles… soit plus de 17,5 nœuds de moyenne !
Non, rien de rien…
23.12.2008« Rien, c'est rien, donc trois fois rien c'est pas grand chose. Et trois fois rien par trois fois rien, alors ? Rien de neuf, ou rien²neuf. C'est à peu près ce qui s'est passé cette nuit au Sud de la Nouvelle-Zélande. On a fait marcher avec ce qu'on avait, en attendant des jours plus ventés, en d'autres termes, on n'a pas fait grand chose, dodo, un peu de rangement, dodo, miammiam, dodo, ah oui, border aussi. Le temps passe si vite et les nuits sont occupées par vos jours, alors on dort le jour et cause avec la terre, la nuit, antipodes obligent. Remarquez, on vit déjà tellement décalé, on n'est plus à ça près ! » Michel Desjoyeaux (Foncia) par mail ce mardi matin.
La bande à Laurent
23.12.2008« Ce lundi matin, le vent a forci assez nettement, j’ai entre 25 et 30 nœuds, il est accompagné d’une houle assez forte d’environ 4,5 mètres. Je ne m’attendais pas à ce que ça monte autant, je pensais être un peu plus à l’abri que ça en étant au Nord et que la houle se calmerait un peu plus vite, il faut être patient ! Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, la lumière et les couleurs sont superbes aujourd’hui, je n’hésite pas à m’installer de temps en temps dans la descente du bateau avec mon café, pour apprécier le spectacle. D’ici demain je devrais pouvoir renvoyer un peu de toile, et faire route plus ou moins directe sur Fremantle. Pour l’instant j’arrive à maintenir les 12 nœuds de moyenne, il y a une forte houle qui pousse bien le bateau. La quille bouge mais il n’y a pas de bruits suspects, ni entrée d’eau. Selon les prévisions, le vent pourrait monter à 35 nœuds, des grains sont encore prévus : je surveille l’horizon mais pour l’instant il n’y a rien. C’était très sympa de pouvoir leur parler (à Laurent Ruquier et aux animateurs d’Europe 1), j’ai vraiment bien rigolé et j’en ris encore, c’était extrêmement étrange, encore ce matin justement je les avais écoutés en podcast, et de se retrouver en pleine mer au téléphone avec toute l’équipe, il y avait un côté complètement surréaliste ! Cela m’a mis d’excellente humeur. » Dominique Wavre (Temenos II) par mail lundi soir.
A Macquarie
22.12.2008« Noël ? Ce sera sans fioriture. On n'arrête pas, c'est du 24/24. Il n'est pas facile non plus de se reposer dans la mesure où dès que tu vas vite, tu tires sur le bateau jusqu'au bout de ses limites... Je fais le point pour attaquer le Pacifique. Les conditions se sont largement améliorées depuis une dizaine d'heures, notamment après le passage de l'île Macquarie, qui se situe à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et l'Antarctique où la mer n'était vraiment pas très fréquentable ! La température remonte, la mer s'aplatit. Nous sommes descendus jusqu'au 54° Sud et là on commence à remonter. Je me rapproche de la dorsale. Le vent va refuser et je vais continuer tout droit au reaching... » Jean Le Cam (VM Matériaux) par mail.
Noir, c’est noir…
22.12.2008« La nuit est noire, très noire. Je progresse à 15 – 16 nœuds de moyenne. Pour les prochaines 24 heures, on va être assez rapide. Il y a du vent de prévu. Par contre, ça ne va pas être très rigolo. On progressera à 120° du vent, le bateau ballasté pour gagner en stabilité. Le bateau sera sur la tranche avec de l’eau partout dans le cockpit. On va se faire secouer. Ce ne sera pas encore les grandes glissades. Mais quoi qu’il en soit, c’est mieux d’avoir du vent pour faire avancer le bateau sur la route. Cela va d’ailleurs jouer en notre faveur et nous permettre de rattraper quelques milles sur nos adversaires. Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn. Ça sera la porte de sortie du Sud et ce ne sera pas pour nous déplaire. » Vincent Riou (PRB) par mail.