« Depuis quelques heures, on est sur un plateau continental. J’ai levé un peu le pied car la mer n’est pas vraiment belle. Les transitions sont assez chaotiques, mais on attend pour remettre un peu de toile. On est nombreux à rêver de retrouver des conditions agréables pour être dans le cockpit. Toujours être à l’intérieur, ça pèse un peu à la longue. On souhaite retrouver un petit vent médium et pouvoir être dehors pour faire de la voile sympa. C’est vrai que je suis souvent à côté d’Armel (Le Cléac’h) et qu’on a fait la même route. Je le croise régulièrement. On a fait du spi ensemble. On a la même trajectoire, la même vitesse, donc c’est normal qu’on se retrouve ensemble… Chaque porte de glace ne laisse pas beaucoup de choix. Peu de stratégie à long terme. On en est à maximum 4-5 jours de la prochaine porte. Entre les points obligatoires et les modèles météo qui sont assez précis, on ne reste pas beaucoup de choix de trajectoire.» Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11 heures.
A la uneBrèves
En attendant de pouvoir sortir
23.12.2008
Journée de transition
23.12.2008« Pas de soucis sur l’eau comme on dit. C’est un jour de transition, la mer est calme. Y a du soleil, on en profite, car deux dépressions arrivent pour Noël. Tout ceci m’a permis de passer le plateau des Kerguelen. J’ai contacté les bateaux de pêche français car je ne voulais pas me prendre dans leur filet. J’avais beaucoup de krills sur le pont, vous savez ces petites crevettes…. La journée a été assez bonne. J’ai pu vérifier plein de choses. Je fais la chasse à la consommation électrique. Je suis encore en autonomie complète. L’indien apporte toujours des surprises : il y a toujours des déprécions qui traînent. Par exemple au Sud de Madagascar, ça peut être très calme et 48h après, c’est la tempête. Cet océan est très mal formé, les mers sont croisées, pour moi c’est assez long car j’ai eu pas mal d’avaries. Ma drisse de grand voile, ça devient urgent que je m’arrête pour la réparer… » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11 heures.
Une mer pour deux
23.12.2008« On va sortir d’ici quelques heures d’une zone assez mouvementée. Il y a du vent en rafale et la mer est bien agitée. La mer n’était pas trop mal hier avec des vitesses sympas, à 22-28 nœuds, mais cette nuit on a eu des rafales plus importantes. Donc là j’ai un peu ralenti. Mais ça fait du bien de recoller ceux qui sont devant. Je me suis donné une journée de retard maximum au cap Horn. Il faudra voir la situation dans les prochains jours. Vu le temps qui arrive, je vais peut-être devoir remettre du charbon. Avec Vincent (Riou), on a fait la moitié du parcours ensemble. On a quasiment la même trajectoire. Ce n’est pas d’un commun accord mais nous devons avoir la même philosophie, la même stratégie : on ne cherche pas icebergs ! Être ensemble est sympa car ça permet de s’appeler et de voir ce que fait l’autre. C’est aussi important de savoir qu’on a quelqu’un de pas trop loin pour la sécurité. Surtout dans le Pacifique, car dans les quinze prochains jours, on sera vraiment au milieu de nulle part… Je ne sais pas qui a demandé une dépression pour le jour de Noël mais ce n’est pas ce que je voulais comme cadeau. A bord de BritAir, on va fêter Noël comme on peut, ça sera mieux plutôt demain soir que le lendemain (le 25/12). Joyeux Noël à tous. » Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation de 11 heures.
Fini l’Indien, vive le Pacifique
23.12.2008« Il y a une dépression qui se forme près de la porte donc c’est possible qu’on recolle sur Michel (Desjoyeaux) et Bilou (Roland Jourdain). Là, c’est le Pacifique, mais il va falloir faire « piano-piano ». Là, on retrouve une mer bleue, du soleil, il y a moins de brouillard, c’est moins blanchâtre, moins grisâtre. Hier, j’ai pris une photo et je savais que j’étais dans le Pacifique… Je viens de trouver le sac pour Noël. J’ai commencé à décorer le bord. J’ai un sapin mais il va mettre plein d’aiguilles partout. A cause de l’antiméridien, je ne vais pas avoir un Noël, mais deux ! D’ailleurs, comme ce n’est pas facile d’ouvrir les cadeaux par 40 nœud de vents, je pense que je vais en faire trois. La météo est moins bonne donc j’anticipe. Cette dépression qui arrive demain, c’est du 40 nœuds de Sud-Ouest avec des rafales à 50. Et comme je suis impatient, je vais ouvrir mes cadeaux avant Noël. Pour la configuration des voiles, c’est comme dans l’Indien. On charge plus ou moins, on lofe plus ou moins, on essaye de ne pas trop souffrir. On reste à l’écoute du bateau. À 40 nœuds, il y a toujours plein de bruits. S’il y en a un que je ne connais pas, je vais vérifier tout de suite pour résoudre le problème. Ça c’est le safran qui bouge, ça c’est une vague qui frappe à l’arrière… » Sébastien Josse (BT) à la vacation de 11 heures.
Coupure Internet
23.12.2008Veuillez excuser l’interruption de l’émission de radio quotidienne de ce mardi qui a été la conséquence d’une coupure du réseau Internet. Vous pouvez accéder aux vacations par le site du Vendée Globe.
Opération réussie
23.12.200824 heures après son arrivée à Fremantle (Australie), Yann Eliès a été opéré par le Docteur Scheryil au Royal Perth Hospital. Il a quitté la salle d'opération tôt ce mardi matin (heure française). Il a émergé de l'anesthésie avec un bon moral et une grande lucidité. Le médecin du Vendée Globe, Jean-Yves Chauve nous donne les confirmations suivantes : "Yann a été opéré cette nuit (heure de Paris) par le Docteur Scheryil selon une technique d'enclouage centromédullaire du fémur comme indiqué précédemment. Les fractures de côtes évoquées par le médecin embarqué sur la frégate n'ont pas été confirmées par les examens. Aucune des autres pathologies qui ont pu être évoquées n'ont été également confirmées." Un premier bulletin de santé rassurant que la petite famille de Yann, sa femme Soizic, ses enfants Titouan et Marie, pourront dès aujourd'hui confirmer de visu puisque leur arrivée en Australie était programmée pour la matinée.