« C’était vraiment sympa de croiser Dominique, plutôt atypique mais très sympa ! Le pain et les fruits qu’il m’a si gentiment donnés sont un luxe incroyable après les longues semaines de plats lyophilisés. Sans oublier les 20 litres de gasoil qui me seront d’une grande utilité pour traverser une dorsale me barrant la route à compter du 27 décembre. Cette zone de vents faibles devrait compliquer un peu mon arrivée en Australie. Mon ETA, qui devrait être vers le 30 décembre, dépendra cependant d’un éventuel remorquage à une centaine de milles des côtes. » Loïck Peyron (Gitana Eighty) par mail.
A la uneBrèves
Fruits et gasoil…
24.12.2008
Entrée mouvementée en Pacifique
24.12.2008« Ça va être moyen les agapes du réveillon avec ce qui nous attend. Va y avoir un regroupement de la flotte, et c'est bien que les autres reviennent, Noël est une fête de partage ! Mais mon bocal de foie de lotte préparé pas mon pote Marco va sans doute attendre un peu plus tard. Ça va « cartoucher » sérieux pendant un bout de temps et la mer ne va pas être propre. Mais on en est qu'au début du Pacifique, peut-être qu'ils sera sympa avec nous après... Pour la remontée des portes suivantes, encore un peu et on finira en t-shirt ! Plus haut, c'est le canal de Panama ! Ça a en tout cas le mérite de mettre en lumière l'énorme concentration d'icebergs, il faut que ça nous fasse tous réfléchir à l'état de la planète. » Roland Jourdain (Véolia Environnement) à la vacation de 11h.
Je voulais m'arrêter à Auckland Island
24.12.2008« Ça fait le troisième Noël d'affilée que je suis loin chez moi, aux antipodes. Ça commence à faire pas mal. J'ai encore bricolé aujourd'hui, avec les mains dans l'eau froide. J'espère que la dépression ne va pas trop m'embêter... Ce que je souhaite pour mon safran, c'est apporter une nouvelle pièce à l'édifice pour renforcer tout le mécanisme de secours. Pour le moment, ça craque, ça racle, ce n'est pas évident. Je voulais m'arrêter à Auckland Island, mais l'anticyclone risque de m'en empêcher. Ça serait un peu dangereux dans la baie, avec des vents imprévisibles. On l'a vu avec Bernard (Stamm)... J'ai donc décidé de ne pas m'arrêter et de continuer à bricoler en mer, pour peut-être donner un petit frère à Ivory (ma plaque de maintien de safran). » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à la vacation de 11h.
Le calme avant...
24.12.2008« La mer est plutôt calme à l'échelle du Pacifique, on a eu un grand soleil. Mais il y a une dépression en train de redescendre et qui va mettre le bazar. Ça va être un peu tonique pendant deux ou trois jours et je ne suis pas mécontent d'avoir réussi à accumuler des heures de sommeil depuis une vingtaine d'heures. D'après le routage, je vais faire du près serré pendant quelques heures seulement et je n'aurai pas besoin de virer de bord. Je ne suis pas trop inquiet, mais il faudra voir avec la réalité du terrain. On sait que ça va être de la mer croisée, assez virulente. Peut-être qu'il faudra lever le pied bien plus que ce que les modèles proposent. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h.
Entre de bonnes mains
24.12.2008« J'ai eu mon cadeau de Noël tout à l'heure. Un appel de Yann Eliès. Il s'était fait opérer le matin même et m'a donné des nouvelles depuis sa chambre d'hôpital. Une conversation forte, un bel échange qui m'a fait chaud au cœur. Il a une bonne voix et m'a un peu expliqué son opération avec le clou dans le fémur. C'est marrant car tout ça je l'ai déjà vécu. Il est entre de bonnes mains, bien entouré sur le plan médical et familial. Il est très touché du fait que j'ai un peu laissé tomber la course pour lui. Je n'ai aucun regret, tout a été fait avec passion et avec cœur. Aujourd'hui, ma vision des choses a changé : même si l'issue de la course est forcément moins intéressante, on a vécu des moments forts. L'important est qu'il soit sorti des tracas médicaux. Par contre son bateau semble plus abîmé que ce que j'avais observé. » Marc Guillemot (Safran), à la vacation de 11h.
Tempête avant le port
24.12.2008Maisonneuve est amarré à Port Elizabeth depuis hier matin : « Je viens de passer ma première nuit dans un lit depuis 40 jours. Le vent soufflait fort et m’a réveillé. J’ai cru que j’étais encore dans le bateau, à me demander s’il fallait que je réduise la voilure… » Lundi après-midi, à quelques milles de son arrivée dans la baie de Port Elizabeth, le vent est monté à 75 nœuds établis. ” La pression atmosphérique a grimpé de 20 millibars en 5 heures. J’avais trois ris dans la grand voile et trinquette, et le bateau filais à 20 nœuds. Je n’avais jamais vu ça en navigation. J’ai eu réellement peur. La mer était blanche, je ne voyais que de l’écume. Au-dessus de moi, les nuages passaient à la vitesse d’un avion de chasse... Je reviendrai avec un ou deux équipiers et du matériel dès les premiers jours de janvier. Nous aurons quelques jours de travail à bord (drisses, pilotes, voiles) avant d’entamer le voyage retour du bateau. » Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) par mail.