Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11 heures : « Ça va correctement, mais je ne suis pas content de ce que j’ai fait cette nuit. Je n’ai pas bien navigué. Il y a des grains qui tombent régulièrement. Et dans un grain qui tombe, c’est toujours délicat de naviguer. Il faut choisir ses voiles, celle-ci plutôt que celle-là. Et à cause des rafales qui passent de 25 à 50 nœuds, il faut les changer souvent. Ma vitesse ne me convient pas. Je trouve que je ne vais pas assez vite. Il m’arrive d’empanner quand la voile d’avant est plus importante que la grand-voile. Donc qu’elle tracte le bateau. Sinon, je préfère virer de bord pour ne pas casser des lattes. »
A la uneBrèves
Desjoyeaux pas content de lui
26.12.2008
L’enfer sur mer
26.12.2008Jean le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11 heures : « Ca va comme ça peut aller avec le temps qu’on a. C’est surtout la mer qui n’est pas évidente. C’est infernal ! Il y a des grains à 50 nœuds. Les vagues sont croisées et énormes. C’est vraiment l’enfer ! Le problème, c’est de ne pas aller trop vite, car le bateau, tu ne sais pas comment il va terminer sa course dans la prochaine vague. Tu ne peux pas être serein dans cette mer. Ça va durer au moins 24 h. Là, je suis à l’intérieur, je ne veux même pas sortir. »
Pirate du Pacifique
26.12.2008Roland Jourdain (Véolia Environnement) à la vacation de 11 heures : « Il y a de l’air par intermittence. Là j’ai réduit la toile… Il y a 5-6 mètres de creux et les vagues sont très rapprochées. C’est vraiment impressionnant. Je n’ai même pas pu déballer mes cadeaux car j’ai peur qu’ils valsent n’importe où. Je le ferai plus tard. Sinon, je me suis bien amusé à me déguiser en père Noël pirate ! »
Guillemot ce soir à Auckland Island
26.12.2008Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11 heures : « A cause de mon rail de grand-voile arraché, je suis obligé de faire une escale technique. Je vais aller au sud de la Nouvelle-Zélande vers l’île d’Auckland. J’ai cru comprendre qu’il n’y pas beaucoup de monde sur cette île mais beaucoup d’animaux : des oiseaux, des baleines. Malheureusement, je ne viens pas ici pour faire du tourisme. La réparation va me prendre au moins 6 heures, de mouillage à mouillage. Il faut descendre la grand-voile, couper un morceau de la même longueur, préparer la pièce… Ça va me prendre 2h et demie. Je risque d’avoir des fourmis dans les pattes. La seule contrainte, c’est le temps, il ne faut pas que j’arrive trop tard dans la journée, car la nuit n’est pas la meilleure option. Sinon le froid et le manque de lumière vont me faire perdre plus de temps. Mais je n’ai que 240 milles à parcourir donc ça me paraît jouable. »
Seul au monde !
26.12.2008Auckland Island est une île volcanique située par 50°42 Sud et 166°50 Est. Territoire néo-zélandais, elle mesure 43 kilomètres de long et 20 kilomètres dans sa partie la plus large. C’est un des endroits les plus reculés et les plus sauvages de la planète, où seuls quelques scientifiques et les plus grands photographes animaliers viennent de temps à autre étudier et immortaliser une faune et une flore exceptionnelles et préservées. Sa côte au vent présente de fantastiques falaises de basalte hautes de plus de 300 mètres. Son côté Est, évidemment plus abrité, est fait de fjords découpés, royaume des lions de mer, phoques, otaries, baleines et autres manchots, comme Port Ross, baie au Nord-Est de l’île où Marc Guillemot envisage de mouiller. Le climat y est évidemment rude à toute époque à cette latitude, dans les Cinquantièmes Hurlants. Ce qui explique en partie que l’île principale détient le record de la plus courte tentative d’implantation humaine : deux ans et 9 mois, par une petite colonie britannique. Auckland Island a été également le théâtre de nombreux naufrages et d’hallucinantes histoires de rescapés. De nombreuses épaves vieillissent alentour, donc. Notamment de navires baleiniers puisque la chasse à la baleine était la seule activité humaine dans ces parages, au XIXe siècle. C’est d’ailleurs à bord d’un baleinier nommé Océan que le capitaine Abraham Bristow découvrit ces terres en 1806. Révélateur de leur isolement : pendant de nombreuses années, les îles Auckland (nom d’origine Motu Maha) furent mal positionnées de 35 milles sur les cartes marines ! Pas étonnant donc qu’au moins huit grands navires y aient fait naufrage, dont l’Invercauld, histoire célèbre aux antipodes : 19 des 25 marins de l’équipage avaient réussi à gagner l’île après s’être échoués, mais trois d’entre eux seulement survécurent au prix fort, celui du cannibalisme. À noter encore pour l’anecdote que Marc Guillemot passera 170 ans plus tard dans le sillage du grand marin français qu’était Jules Dumont D’Urville, lequel explora ces îles en 1839.
(Informations fournies par BM)
Combinaison humide…
26.12.2008« Je vis un dilemme qui n'est pas simple à gérer : l'envie d'attaquer et celle de finir la course. Je mets les voiles au bon moment mais je réduis plus vite que d'habitude pour ne pas forcer sur le safran blessé. Je passe une grosse partie de ma journée à bricoler. J'entretiens la première réparation et la renforce avec de nouvelles pièces. Je viens de construire le petit frère d'ivory : ebony ! Tout cela prend un temps fou et occupe la majorité de mes journées. Il faut en permanence vérifier que tout va bien. C'est une autre course qu'avant où j'étais à fond dans la navigation. Je passe donc beaucoup de temps dans le cockpit. D'ailleurs, il m'est arrivé une anecdote marrante, fraîche plutôt. Je suis sorti avec ma combinaison sèche mais j'avais oublié de fermer la fermeture éclair. A un moment donné, il y a une vague qui arrive et qui est rentrée à l'intérieur de mon ciré. L'eau est à 3°C et j'ai une grosse sensation de froid. J'étais trempé ! J'en ai profité pour me changer intégralement. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.