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Dépêches

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 18:2832 nœuds en surf pour Le Cléac’h

32 nœuds en surf pour Le Cléac’h

Armel Le Cléac’h (Brit Air), joint par son équipe à terre : « Mon premier Noël en mer ? Très sympa le 24… beaucoup moins le 25 ! Je n’ai pas dû digérer les huîtres ! Plus sérieusement, tout avait plutôt bien commencé à l’heure du réveillon avec le petit repas amélioré et l’ouverture des cadeaux… C’est vrai que c’est atypique, mais vraiment sympa ! Petite séance émotion également avec la visio avec ma famille : ça m’a permis de vivre en direct l’ouverture des cadeaux de ma fille. Le cadeau du père Noël lui a plu, c’est le plus important ! Enfin bref, très sympa… Et puis le lendemain, changement de programme : tout simplement la pire journée que j’ai vécue depuis le départ du Vendée ! 40 à 45 nœuds de vent établi avec des pointes à 60 nœuds dans les grains, une mer démontée, l’enfer… Enfin ça m’a au moins permis de battre mes records à bord de Brit Air : record de vent avec 62 nœuds… record de vague avec des creux qui devaient allègrement dépasser les 10 mètres… et record de vitesse avec 32 nœuds au compteur dans un surf ! Mais je peux vous dire qu’à ce moment-là, je n’étais pas fier pour un sou. De toute façon dans des conditions telles que celles-ci, tu as beau essayer de gérer au mieux, tu ne maîtrises finalement pas grand-chose : tu subis, tu attends que ça se passe en croisant les doigts… D’après ce que Vincent (Riou) m’a dit ce matin, il estime le passage du Horn au 5 janvier. Normalement d’ici là, nous devrions avoir des conditions relativement bonnes. En revanche, le problème, ce sera les glaces. D’ici la prochaine porte, ça devrait aller mais après… A priori on a signalé des icebergs très au Nord de la dernière porte ! Pas très rassurant tout ça… La seule vraie question pour nous en ce moment, et pour les 10 jours à venir, est de savoir à quel moment il faut renvoyer de la toile ! Quand on ne va pas assez vite : ça tape et c’est inconfortable… quand on va trop vite : ça craque, ça tape et tu te dis que tout va s’écrouler… Tout est donc une question de compromis ! Pour l’instant, j’ai l’impression qu’avec Brit Air, on gère plutôt pas mal notre affaire : pas de bobos et toujours dans le match. Mais devant, ils ne sont pas mal non plus les anciens, ils ont même tendance à accélérer plus vite que nous… Enfin, pour l’instant, je suis mon tableau de marche à la lettre. Si je parviens à maintenir un écart maximum d’environ 400 milles sur le leader dans les 10 prochains jours et que je passe le Horn avec moins d’une journée de retard, ce sera parfait. Ce sera alors la fin du mode « survie » du grand Sud et on passera dans un mode « chasse » que je maîtrise beaucoup mieux… J’ai hâte ! Mais chaque chose en son temps, il nous reste encore 10 jours de galère… »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 18:22Wavre demain à Perth

Wavre demain à Perth

Dominique Wavre (Temenos II), joint par son équipe à terre : « Ça me fera du bien d’être amarré et de savoir mon petit Temenos en sécurité ! J’ai hâte d’en finir, je me rends compte que je n’arrive pas à me détendre, ni à dormir vraiment, je suis toujours un peu sous pression avec mes problèmes de quille, c’est forcément un peu usant, je reste méfiant en permanence, heureusement j’arrive à bouquiner de temps en temps pour me changer les idées. Je mange bien, je fais un festin quasiment à chaque repas. Maintenant que je sais que je passerai le nouvel an à terre, j’en profite pour attaquer aussi le petit menu amélioré qu’on m’avait mis à bord pour ce jour-là. »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 17:23Nombreux soucis pour Dinelli

Nombreux soucis pour Dinelli

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11h : « Ce matin, je suis monté dans le mât mais je n'ai pas pu tout réparer. La mer est croisée et creusée, avec des vents de 30 à 35 noeuds. Je navigue avec la trinquette seule et je cherche le bon angle pour éviter les embardées. C'est vraiment une question de survie et de sécurité du bateau. J'ai déjà un pilote tribord qui a lâché, et là je n'avance plus qu'à 10 nœuds. En plus de mon problème de voile, j’ai le pilote tribord qui m’a lâché et je manque d'énergie. J'ai eu beaucoup de pertes au niveau de mes panneaux. Je n'ai déjà plus de courant continu. Il n'y a pas beaucoup de soleil et les panneaux solaires fonctionnent mal. Il ne me reste que l'énergie de secours. Je vis donc avec le minimum vital. L'escale technique va dépendre des prochaines 24-48 heures. Il faut que je remette le bateau en état de naviguer ; après, je referais le point sur la carte. La priorité reste de remettre la grand-voile à l'avant et de réparer le vérin au cas où celui de bâbord lâcherait. Je suis assez fatigué, je ne souffle pas beaucoup et je n'ai pas le temps de beaucoup réfléchir. Alors je fais gaffe…. » 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 16:55Déjà 50% du bonheur

Déjà 50% du bonheur

Arnaud Boissières (Akéna Véranda) à la vacation de 11 heures. « J'ai vraiment passé un super Noël : j'ai bien mangé, j'ai eu plein de cadeaux et le temps est calme. J'avance à 12 noeuds mais les Anglais vont à 14-15 noeuds. A part cette petite vitesse, ça va. C'est la première fois que je navigue dans le Pacifique. On a fait la moitié du chemin. Il reste donc encore 50% de bonheur.
Dans mes paquets, j'ai trouvé un livre sur les périples en montagne et en mer, une bande dessinée, un petit pot de Nutella… que j'ai mangé immédiatement dans la nuit. »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 16:18Desjoyeaux pas content de lui

Desjoyeaux pas content de lui

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11 heures : « Ça va correctement, mais je ne suis pas content de ce que j’ai fait cette nuit. Je n’ai pas bien navigué. Il y a des grains qui tombent régulièrement. Et dans un grain qui tombe, c’est toujours délicat de naviguer. Il faut choisir ses voiles, celle-ci plutôt que celle-là. Et à cause des rafales qui passent de 25 à 50 nœuds, il faut les changer souvent. Ma vitesse ne me convient pas. Je trouve que je ne vais pas assez vite. Il m’arrive d’empanner quand la voile d’avant est plus importante que la grand-voile. Donc qu’elle tracte le bateau. Sinon, je préfère virer de bord pour ne pas casser des lattes. » 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 15:35L’enfer sur mer

L’enfer sur mer

Jean le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11 heures : « Ca va comme ça peut aller avec le temps qu’on a. C’est surtout la mer qui n’est pas évidente. C’est infernal ! Il y a des grains à 50 nœuds. Les vagues sont croisées et énormes. C’est vraiment l’enfer ! Le problème, c’est de ne pas aller trop vite, car le bateau, tu ne sais pas comment il va terminer sa course dans la prochaine vague. Tu ne peux pas être serein dans cette mer. Ça va durer au moins 24 h. Là, je suis à l’intérieur, je ne veux même pas sortir. » 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 15:07Pirate du Pacifique

Pirate du Pacifique

Roland Jourdain (Véolia Environnement) à la vacation de 11 heures : « Il y a de l’air par intermittence. Là j’ai réduit la toile… Il y a 5-6 mètres de creux et les vagues sont très rapprochées. C’est vraiment impressionnant. Je n’ai même pas pu déballer mes cadeaux car j’ai peur qu’ils valsent n’importe où. Je le ferai plus tard. Sinon, je me suis bien amusé à me déguiser en père Noël pirate ! »  

Le vendredi 26 décembre 2008 à 14:34Guillemot ce soir à Auckland Island

Guillemot ce soir à Auckland Island

Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11 heures : « A cause de mon rail de grand-voile arraché, je suis obligé de faire une escale technique. Je vais aller au sud de la Nouvelle-Zélande vers l’île d’Auckland. J’ai cru comprendre qu’il n’y pas beaucoup de monde sur cette île mais beaucoup d’animaux : des oiseaux, des baleines. Malheureusement, je ne viens pas ici pour faire du tourisme. La réparation va me prendre au moins 6 heures, de mouillage à mouillage. Il faut descendre la grand-voile, couper un morceau de la même longueur, préparer la pièce… Ça va me prendre 2h et demie. Je risque d’avoir des fourmis dans les pattes. La seule contrainte, c’est le temps, il ne faut pas que j’arrive trop tard dans la journée, car la nuit n’est pas la meilleure option. Sinon le froid et le manque de lumière vont me faire perdre plus de temps. Mais je n’ai que 240 milles à parcourir donc ça me paraît jouable. »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 11:27Seul au monde !

Seul au monde !

Auckland Island est une île volcanique située par 50°42 Sud et 166°50 Est. Territoire néo-zélandais, elle mesure 43 kilomètres de long et 20 kilomètres dans sa partie la plus large. C’est un des endroits les plus reculés et les plus sauvages de la planète, où seuls quelques scientifiques et les plus grands photographes animaliers viennent de temps à autre étudier et immortaliser une faune et une flore exceptionnelles et préservées. Sa côte au vent présente de fantastiques falaises de basalte hautes de plus de 300 mètres. Son côté Est, évidemment plus abrité, est fait de fjords découpés, royaume des lions de mer, phoques, otaries, baleines et autres manchots, comme Port Ross, baie au Nord-Est de l’île où Marc Guillemot envisage de mouiller. Le climat y est évidemment rude à toute époque à cette latitude, dans les Cinquantièmes Hurlants. Ce qui explique en partie que l’île principale détient le record de la plus courte tentative d’implantation humaine : deux ans et 9 mois, par une petite colonie britannique. Auckland Island a été également le théâtre de nombreux naufrages et d’hallucinantes histoires de rescapés. De nombreuses épaves vieillissent alentour, donc. Notamment de navires baleiniers puisque la chasse à la baleine était la seule activité humaine dans ces parages, au XIXe siècle. C’est d’ailleurs à bord d’un baleinier nommé Océan que le capitaine Abraham Bristow découvrit ces terres en 1806. Révélateur de leur isolement : pendant de nombreuses années, les îles Auckland (nom d’origine Motu Maha) furent mal positionnées de 35 milles sur les cartes marines ! Pas étonnant donc qu’au moins huit grands navires y aient fait naufrage, dont l’Invercauld, histoire célèbre aux antipodes : 19 des 25 marins de l’équipage avaient réussi à gagner l’île après s’être échoués, mais trois d’entre eux seulement survécurent au prix fort, celui du cannibalisme. À noter encore pour l’anecdote que Marc Guillemot passera 170 ans plus tard dans le sillage du grand marin français qu’était Jules Dumont D’Urville, lequel explora ces îles en 1839. 

(Informations fournies par BM)

Le vendredi 26 décembre 2008 à 10:29Combinaison humide…

Combinaison humide…

« Je vis un dilemme qui n'est pas simple à gérer : l'envie d'attaquer et celle de finir la course. Je mets les voiles au bon moment mais je réduis plus vite que d'habitude pour ne pas forcer sur le safran blessé. Je passe une grosse partie de ma journée à bricoler. J'entretiens la première réparation et la renforce avec de nouvelles pièces. Je viens de construire le petit frère d'ivory : ebony ! Tout cela prend un temps fou et occupe la majorité de mes journées. Il faut en permanence vérifier que tout va bien. C'est une autre course qu'avant où j'étais à fond dans la navigation. Je passe donc beaucoup de temps dans le cockpit. D'ailleurs, il m'est arrivé une anecdote marrante, fraîche plutôt. Je suis sorti avec ma combinaison sèche mais j'avais oublié de fermer la fermeture éclair. A un moment donné, il y a une vague qui arrive et qui est rentrée à l'intérieur de mon ciré. L'eau est à 3°C et j'ai une grosse sensation de froid. J'étais trempé ! J'en ai profité pour me changer intégralement. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.