Armel Le Cléac’h (Brit Air), joint par son équipe à terre : « Mon premier Noël en mer ? Très sympa le 24… beaucoup moins le 25 ! Je n’ai pas dû digérer les huîtres ! Plus sérieusement, tout avait plutôt bien commencé à l’heure du réveillon avec le petit repas amélioré et l’ouverture des cadeaux… C’est vrai que c’est atypique, mais vraiment sympa ! Petite séance émotion également avec la visio avec ma famille : ça m’a permis de vivre en direct l’ouverture des cadeaux de ma fille. Le cadeau du père Noël lui a plu, c’est le plus important ! Enfin bref, très sympa… Et puis le lendemain, changement de programme : tout simplement la pire journée que j’ai vécue depuis le départ du Vendée ! 40 à 45 nœuds de vent établi avec des pointes à 60 nœuds dans les grains, une mer démontée, l’enfer… Enfin ça m’a au moins permis de battre mes records à bord de Brit Air : record de vent avec 62 nœuds… record de vague avec des creux qui devaient allègrement dépasser les 10 mètres… et record de vitesse avec 32 nœuds au compteur dans un surf ! Mais je peux vous dire qu’à ce moment-là, je n’étais pas fier pour un sou. De toute façon dans des conditions telles que celles-ci, tu as beau essayer de gérer au mieux, tu ne maîtrises finalement pas grand-chose : tu subis, tu attends que ça se passe en croisant les doigts… D’après ce que Vincent (Riou) m’a dit ce matin, il estime le passage du Horn au 5 janvier. Normalement d’ici là, nous devrions avoir des conditions relativement bonnes. En revanche, le problème, ce sera les glaces. D’ici la prochaine porte, ça devrait aller mais après… A priori on a signalé des icebergs très au Nord de la dernière porte ! Pas très rassurant tout ça… La seule vraie question pour nous en ce moment, et pour les 10 jours à venir, est de savoir à quel moment il faut renvoyer de la toile ! Quand on ne va pas assez vite : ça tape et c’est inconfortable… quand on va trop vite : ça craque, ça tape et tu te dis que tout va s’écrouler… Tout est donc une question de compromis ! Pour l’instant, j’ai l’impression qu’avec Brit Air, on gère plutôt pas mal notre affaire : pas de bobos et toujours dans le match. Mais devant, ils ne sont pas mal non plus les anciens, ils ont même tendance à accélérer plus vite que nous… Enfin, pour l’instant, je suis mon tableau de marche à la lettre. Si je parviens à maintenir un écart maximum d’environ 400 milles sur le leader dans les 10 prochains jours et que je passe le Horn avec moins d’une journée de retard, ce sera parfait. Ce sera alors la fin du mode « survie » du grand Sud et on passera dans un mode « chasse » que je maîtrise beaucoup mieux… J’ai hâte ! Mais chaque chose en son temps, il nous reste encore 10 jours de galère… »