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Dépêches

 

Le samedi 27 décembre 2008 à 07:17De l’eau partout !

De l’eau partout !

« Des jours et des nuits avec 35 à 45 nœuds de vent, une mer énorme avec des creux de 8 mètres, et il faut surveiller de près le pilote défaillant, qui a tendance à décrocher en mettant le cap au Nord. La vie à bord a bien changé il y a deux jours en ce qui concerne le confort à l'intérieur. J'étais dans le cockpit et nous étions en train de passer sur la crête d'une vague de plus de 6 mètres et pour une raison inconnue, le pilote nous a fait descendre sur la pente jusqu'au fond du creux. Le bateau s'est planté dans la vague suivante et l'eau a ensuite recouvert le pont jusqu'au mât. J'ai bondi pour avoir une prise sur quelque chose, car je savais qu'une grosse vague allait déferler sur le pont. En bas de la pente, le bateau s'arrête net, et s'est retrouvé travers à la mer. L'eau a inondé le cockpit et pendant 15 secondes, j'avais l'eau jusqu'à la taille avant qu'elle ne se répande partout. Bilan : une table à cartes trempée, des bruits bizarres de l'ordi, une souris et un port USB, qui ne fonctionnent plus. Tous les instruments étaient bien humides, mais j'ai réussi à les sécher et pour le moment tout marche. Puis il y avait ma bannette. Elle était complètement mouillée! Les deux sacs de couchage étaient par terre dans l'eau et tous mes vêtements secs y baignaient aussi... » Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) dans son mail quotidien. 

Le samedi 27 décembre 2008 à 06:28De sacrés creux

De sacrés creux

« Tout à l’heure, il y en avait 50 nœuds. Encore une fois, ce n’est pas facile de savoir comment s’habiller. Avec la nuit, j’ai préféré réduire la toile parce qu’on ne voit plus rien et qu’il y a quand même de sacrés creux de 5-6 mètres parfois et vraiment très rapprochés. J’ai même enfourné ce que je n’avais pas fait depuis le début de la course. Tu rentres alors dans la poudreuse et tu as un mètre de mousse à l’étrave qui te vient sur le cockpit. (…) C’est limite mais en même temps, il faut aussi trouver la mesure parce que être trop lent, s’il y a un peu de déferlantes, ce n’est pas très bon pour le bateau non plus... On m’aurait dit ça au départ des Sables d’Olonne que je serais 2ème au 47ème jour de course, j’aurais signé tout de suite. Je suis vraiment content parce qu’en plus, j’ai l’impression d’être parti la semaine dernière, que le bateau - je touche du bois - est en super bonne santé, et moi aussi, donc il y a de quoi régater. Ce qui est sympa c’est que, avec Mich’, en 2000, on était 1 et 2, au même endroit et au même moment plus ou moins. Moi, j’étais handicapé par mon chariot de grand voile. Ce serait vraiment sympa que, cette année, la régate continue jusqu’aux Sables, quelque soit le résultat pour qu’on se batte jusqu’au bout ensemble ! » Roland Jourdain (Veolia Environnement)  

Le samedi 27 décembre 2008 à 05:53Record pour White

Record pour White

Le Britannique Steve White (Toe in the water) a été le plus rapide ces dernières 24 heures avec 378,7 milles au compteur ! Il a ainsi rattrapé cent milles sur le leader Michel Desjoyeaux et sur le trio qui le devance… Une très belle performance sur un des bateaux les plus anciens de la flotte qui relègue à plus de sept cents milles derrière lui, le nouveau prototype de Jonny Malbon. 

Le samedi 27 décembre 2008 à 04:41Proverbe pacifique

Proverbe pacifique

« C'est dingue comment on est tartiné de subjectivité et de relativité. Cette après-midi, jolie brise sur le plan d'eau, zont fait les choses bien, grand soleil, malgré quelques nuages de grain, mer forte à très forte, je dirais les plus grosses à 9-10 mètres, oui, 3 étages, c'est ça, le reste 6 mètres moyen, celles-là, on ne les regarde même pas. Vent : un peu, disons 40 établi, souvent 45-48, des grains jusqu'à 53... noeuds, eh ben oui, pas des kilomètre/heure, einh. Les traînées blanches sur la mer, parallèles au vent, les crêtes de vagues turquoises quand ça déferle, journée ordinaire. Difficile cependant de trouver le bon rythme et la bonne toile, pour progresser là-dedans. Un certain ET aurait dit de ça : "Bah, tu jettes une bote de paille en haut, elle arrive en bas toute seule". Ben oui, c'est du portant, après tout, de la descente, donc ya ka laisser faire tranquille, on arrivera bien quelque part vers l'Est. Ah oui, je disais relativité... Une journée à regarder la mer, tu sais dire si le grain qui arrive, ya 55 ou 51nds, si tu roules la trinquette ou juste si tu sers les fesses un peu pendant le front de grain, 10 minutes à peine. Donc, je me fais un sieston après déjeuner, y avait 42-45 permanent, les traînées, tout bien, quoi. Je me réveille, peut-être 40 minutes après, je me lève, regarde la mer : Oh là, ça bien mollit, dis ! J'dirais 25-30nds, presque la pétole d'ici. Je regarde les cadrans. Oups, oui, ça a molli, mais t'es pas de Marseille, peuchère, ya encore 35-40. Ah ouais, qu'elle dit ça la machine, je trouvais y avait moins. On s'habitue alors... Pacifique, c'est la paix, refuser la guerre ?! Le Romain disait : « Si vis pacem para bellum ». Le marin vous propose "Si tu vas au Pacifique, prépare le bas ris"
Mich from the Pas Si Fic (que ça).
Addendum censurable : petit jeu : en quelle occasion ET avait dit un truc du genre "Tu jettes une botte de paille aux Canaries, elle arrivera aux Antilles..." ?
» Michel Desjoyeaux (Foncia) par mail ce samedi matin.

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 18:2832 nœuds en surf pour Le Cléac’h

32 nœuds en surf pour Le Cléac’h

Armel Le Cléac’h (Brit Air), joint par son équipe à terre : « Mon premier Noël en mer ? Très sympa le 24… beaucoup moins le 25 ! Je n’ai pas dû digérer les huîtres ! Plus sérieusement, tout avait plutôt bien commencé à l’heure du réveillon avec le petit repas amélioré et l’ouverture des cadeaux… C’est vrai que c’est atypique, mais vraiment sympa ! Petite séance émotion également avec la visio avec ma famille : ça m’a permis de vivre en direct l’ouverture des cadeaux de ma fille. Le cadeau du père Noël lui a plu, c’est le plus important ! Enfin bref, très sympa… Et puis le lendemain, changement de programme : tout simplement la pire journée que j’ai vécue depuis le départ du Vendée ! 40 à 45 nœuds de vent établi avec des pointes à 60 nœuds dans les grains, une mer démontée, l’enfer… Enfin ça m’a au moins permis de battre mes records à bord de Brit Air : record de vent avec 62 nœuds… record de vague avec des creux qui devaient allègrement dépasser les 10 mètres… et record de vitesse avec 32 nœuds au compteur dans un surf ! Mais je peux vous dire qu’à ce moment-là, je n’étais pas fier pour un sou. De toute façon dans des conditions telles que celles-ci, tu as beau essayer de gérer au mieux, tu ne maîtrises finalement pas grand-chose : tu subis, tu attends que ça se passe en croisant les doigts… D’après ce que Vincent (Riou) m’a dit ce matin, il estime le passage du Horn au 5 janvier. Normalement d’ici là, nous devrions avoir des conditions relativement bonnes. En revanche, le problème, ce sera les glaces. D’ici la prochaine porte, ça devrait aller mais après… A priori on a signalé des icebergs très au Nord de la dernière porte ! Pas très rassurant tout ça… La seule vraie question pour nous en ce moment, et pour les 10 jours à venir, est de savoir à quel moment il faut renvoyer de la toile ! Quand on ne va pas assez vite : ça tape et c’est inconfortable… quand on va trop vite : ça craque, ça tape et tu te dis que tout va s’écrouler… Tout est donc une question de compromis ! Pour l’instant, j’ai l’impression qu’avec Brit Air, on gère plutôt pas mal notre affaire : pas de bobos et toujours dans le match. Mais devant, ils ne sont pas mal non plus les anciens, ils ont même tendance à accélérer plus vite que nous… Enfin, pour l’instant, je suis mon tableau de marche à la lettre. Si je parviens à maintenir un écart maximum d’environ 400 milles sur le leader dans les 10 prochains jours et que je passe le Horn avec moins d’une journée de retard, ce sera parfait. Ce sera alors la fin du mode « survie » du grand Sud et on passera dans un mode « chasse » que je maîtrise beaucoup mieux… J’ai hâte ! Mais chaque chose en son temps, il nous reste encore 10 jours de galère… »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 18:22Wavre demain à Perth

Wavre demain à Perth

Dominique Wavre (Temenos II), joint par son équipe à terre : « Ça me fera du bien d’être amarré et de savoir mon petit Temenos en sécurité ! J’ai hâte d’en finir, je me rends compte que je n’arrive pas à me détendre, ni à dormir vraiment, je suis toujours un peu sous pression avec mes problèmes de quille, c’est forcément un peu usant, je reste méfiant en permanence, heureusement j’arrive à bouquiner de temps en temps pour me changer les idées. Je mange bien, je fais un festin quasiment à chaque repas. Maintenant que je sais que je passerai le nouvel an à terre, j’en profite pour attaquer aussi le petit menu amélioré qu’on m’avait mis à bord pour ce jour-là. »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 17:23Nombreux soucis pour Dinelli

Nombreux soucis pour Dinelli

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11h : « Ce matin, je suis monté dans le mât mais je n'ai pas pu tout réparer. La mer est croisée et creusée, avec des vents de 30 à 35 noeuds. Je navigue avec la trinquette seule et je cherche le bon angle pour éviter les embardées. C'est vraiment une question de survie et de sécurité du bateau. J'ai déjà un pilote tribord qui a lâché, et là je n'avance plus qu'à 10 nœuds. En plus de mon problème de voile, j’ai le pilote tribord qui m’a lâché et je manque d'énergie. J'ai eu beaucoup de pertes au niveau de mes panneaux. Je n'ai déjà plus de courant continu. Il n'y a pas beaucoup de soleil et les panneaux solaires fonctionnent mal. Il ne me reste que l'énergie de secours. Je vis donc avec le minimum vital. L'escale technique va dépendre des prochaines 24-48 heures. Il faut que je remette le bateau en état de naviguer ; après, je referais le point sur la carte. La priorité reste de remettre la grand-voile à l'avant et de réparer le vérin au cas où celui de bâbord lâcherait. Je suis assez fatigué, je ne souffle pas beaucoup et je n'ai pas le temps de beaucoup réfléchir. Alors je fais gaffe…. » 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 16:55Déjà 50% du bonheur

Déjà 50% du bonheur

Arnaud Boissières (Akéna Véranda) à la vacation de 11 heures. « J'ai vraiment passé un super Noël : j'ai bien mangé, j'ai eu plein de cadeaux et le temps est calme. J'avance à 12 noeuds mais les Anglais vont à 14-15 noeuds. A part cette petite vitesse, ça va. C'est la première fois que je navigue dans le Pacifique. On a fait la moitié du chemin. Il reste donc encore 50% de bonheur.
Dans mes paquets, j'ai trouvé un livre sur les périples en montagne et en mer, une bande dessinée, un petit pot de Nutella… que j'ai mangé immédiatement dans la nuit. »

 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 16:18Desjoyeaux pas content de lui

Desjoyeaux pas content de lui

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11 heures : « Ça va correctement, mais je ne suis pas content de ce que j’ai fait cette nuit. Je n’ai pas bien navigué. Il y a des grains qui tombent régulièrement. Et dans un grain qui tombe, c’est toujours délicat de naviguer. Il faut choisir ses voiles, celle-ci plutôt que celle-là. Et à cause des rafales qui passent de 25 à 50 nœuds, il faut les changer souvent. Ma vitesse ne me convient pas. Je trouve que je ne vais pas assez vite. Il m’arrive d’empanner quand la voile d’avant est plus importante que la grand-voile. Donc qu’elle tracte le bateau. Sinon, je préfère virer de bord pour ne pas casser des lattes. » 

Le vendredi 26 décembre 2008 à 15:35L’enfer sur mer

L’enfer sur mer

Jean le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11 heures : « Ca va comme ça peut aller avec le temps qu’on a. C’est surtout la mer qui n’est pas évidente. C’est infernal ! Il y a des grains à 50 nœuds. Les vagues sont croisées et énormes. C’est vraiment l’enfer ! Le problème, c’est de ne pas aller trop vite, car le bateau, tu ne sais pas comment il va terminer sa course dans la prochaine vague. Tu ne peux pas être serein dans cette mer. Ça va durer au moins 24 h. Là, je suis à l’intérieur, je ne veux même pas sortir. »