« Le vent touche enfin l'arrière de la bôme, après plusieurs journées de navigation au près, ce qui n'était pas annoncé dans la brochure touristique !!! Et en plus, le soleil est de sortie et les tuyaux d'incendie sont (temporairement) à l'arrêt. C'est très plaisant d'être sur le pont maintenant. Roxy navigue à une moyenne de 15 nœuds, nous sommes donc de RETOUR A L'ATTAQUE !!! Les dieux du vent sont généreux avec Roxy aujourd'hui ! Pourtant, je me sens un peu coupable de profiter de cette « navigation estivale » à l'heure où une majorité de la flotte souffre dans la tempête et des vagues dangereuses. Je sus tellement triste pour Jojo qui faisait une course incroyable avant que son bateau BT se fasse ensevelir par une vague énorme. J'ai de la peine pour lui. J'imagine quel sentiment cela procure de voir une victoire potentielle s'éloigner en une poignée de secondes. J'espère vraiment qu'il va réussir à réparer et se remettre en route rapidement. C'est l'un de mes trois skippers favoris dans cette course. Vas-y Jojo, tu peux le faire !!! Une nouvelle fois, ceci nous rappelle la puissance de l'océan et notre propre fragilité. » Samantha Davies (Roxy) par mail.
A la uneBrèves
Des Dieux généreux
27.12.2008
Safran au mouillage
27.12.2008Marc Guillemot (Safran) est arrivé ce matin à 10h dans l’archipel d’Auckland Islands, au sud de la Nouvelle-Zélande. Il a mouillé dans Sandy Bay, au sud de l’île Enderby. Il fait déjà nuit sur place et Marc doit maintenant grimper dans son mât pour réparer le rail de grand-voile endommagé.
Réparations effectuées
27.12.2008« Depuis ce matin, je suis arrivé à monter au 2ème étage du mât pour refaire le lazy jack tribord. Il y avait encore une grosse houle résiduelle et l'accalmie avant la bascule Nord-Ouest était au rendez-vous. Ensuite j'ai mis un long moment à changer une latte cassée. Enfin Fondation Océan Vital reprend sa route : je suis heureux de voir son logo de nouveaux dans la GV et je peux enfin sortir les cadeaux. Alors avec beaucoup de retard : Joyeux Noël à tous. Je suis épuisé : j'ai besoin de repos surtout pour mon bras droit. Le soleil et au rendez-vous, pas pour longtemps alors j'en profite pour faire un peu ordinateur. Avant de me reposer je vais aller protégé les cellules endommagées. Il va falloir être encore plus serré sur l'énergie. À bientôt. » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) par mail ce samedi matin.
De l’eau partout !
27.12.2008« Des jours et des nuits avec 35 à 45 nœuds de vent, une mer énorme avec des creux de 8 mètres, et il faut surveiller de près le pilote défaillant, qui a tendance à décrocher en mettant le cap au Nord. La vie à bord a bien changé il y a deux jours en ce qui concerne le confort à l'intérieur. J'étais dans le cockpit et nous étions en train de passer sur la crête d'une vague de plus de 6 mètres et pour une raison inconnue, le pilote nous a fait descendre sur la pente jusqu'au fond du creux. Le bateau s'est planté dans la vague suivante et l'eau a ensuite recouvert le pont jusqu'au mât. J'ai bondi pour avoir une prise sur quelque chose, car je savais qu'une grosse vague allait déferler sur le pont. En bas de la pente, le bateau s'arrête net, et s'est retrouvé travers à la mer. L'eau a inondé le cockpit et pendant 15 secondes, j'avais l'eau jusqu'à la taille avant qu'elle ne se répande partout. Bilan : une table à cartes trempée, des bruits bizarres de l'ordi, une souris et un port USB, qui ne fonctionnent plus. Tous les instruments étaient bien humides, mais j'ai réussi à les sécher et pour le moment tout marche. Puis il y avait ma bannette. Elle était complètement mouillée! Les deux sacs de couchage étaient par terre dans l'eau et tous mes vêtements secs y baignaient aussi... » Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) dans son mail quotidien.
De sacrés creux
27.12.2008« Tout à l’heure, il y en avait 50 nœuds. Encore une fois, ce n’est pas facile de savoir comment s’habiller. Avec la nuit, j’ai préféré réduire la toile parce qu’on ne voit plus rien et qu’il y a quand même de sacrés creux de 5-6 mètres parfois et vraiment très rapprochés. J’ai même enfourné ce que je n’avais pas fait depuis le début de la course. Tu rentres alors dans la poudreuse et tu as un mètre de mousse à l’étrave qui te vient sur le cockpit. (…) C’est limite mais en même temps, il faut aussi trouver la mesure parce que être trop lent, s’il y a un peu de déferlantes, ce n’est pas très bon pour le bateau non plus... On m’aurait dit ça au départ des Sables d’Olonne que je serais 2ème au 47ème jour de course, j’aurais signé tout de suite. Je suis vraiment content parce qu’en plus, j’ai l’impression d’être parti la semaine dernière, que le bateau - je touche du bois - est en super bonne santé, et moi aussi, donc il y a de quoi régater. Ce qui est sympa c’est que, avec Mich’, en 2000, on était 1 et 2, au même endroit et au même moment plus ou moins. Moi, j’étais handicapé par mon chariot de grand voile. Ce serait vraiment sympa que, cette année, la régate continue jusqu’aux Sables, quelque soit le résultat pour qu’on se batte jusqu’au bout ensemble ! » Roland Jourdain (Veolia Environnement)
Record pour White
27.12.2008Le Britannique Steve White (Toe in the water) a été le plus rapide ces dernières 24 heures avec 378,7 milles au compteur ! Il a ainsi rattrapé cent milles sur le leader Michel Desjoyeaux et sur le trio qui le devance… Une très belle performance sur un des bateaux les plus anciens de la flotte qui relègue à plus de sept cents milles derrière lui, le nouveau prototype de Jonny Malbon.